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	<title>C6R</title>
	<link>http://www.c6r.org/</link>
	<description>La C6R est une machine &#224; transformer la R&#233;publique. C'est-&#224;-dire &#224; imposer des r&#233;formes dont la classe politique conservatrice ne veut pas.
La C6R n'aura plus de vocation d'&#234;tre lorsqu'une nouvelle Constitution, rompant avec les travers de la 5&#232;me, sera soumise aux Fran&#231;ais par r&#233;f&#233;rendum. Et seulement &#224; ce moment-l&#224;.</description>
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		<title>L'hiver de la 6&#176; R&#233;publique, </title>
		<link>https://www.c6r.org/l-hiver-de-la-6o-republique</link>
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		<dc:date>2026-03-21T16:25:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Alli&#232;s, Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ces derniers temps on a pu entendre parler d'une crise de la V&#176; R&#233;publique et la 6&#176; R&#233;publique avait m&#234;me &#233;t&#233; mise en avant en 2024 par la gauche aux &#233;lections l&#233;gislatives de 2024. Et pourtant force est de constater que rien n'a &#233;t&#233; avanc&#233; pour donner envie d'aller vers une r&#233;publique d&#233;mocratique et sociale. Dans ce billet en trois parties, paru sur son blog les 13 et 26 f&#233;vrier et le 13 mars 2026, Paul Alli&#232;s revient dans le d&#233;tail sur la crise constitutionnelle depuis le gouvernement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741-7-70fa9.jpg?1774110350' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ces derniers temps on a pu entendre parler d'une crise de la V&#176; R&#233;publique et la 6&#176; R&#233;publique avait m&#234;me &#233;t&#233; mise en avant en 2024 par la gauche aux &#233;lections l&#233;gislatives de 2024. Et pourtant force est de constater que rien n'a &#233;t&#233; avanc&#233; pour donner envie d'aller vers une r&#233;publique d&#233;mocratique et sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce billet en trois parties, paru sur son blog les 13 et 26 f&#233;vrier et le 13 mars 2026, Paul Alli&#232;s revient dans le d&#233;tail sur la crise constitutionnelle depuis le gouvernement Lecornu (de nombreux textes ont &#233;t&#233; publi&#233;s ic au fil des derni&#232;res ann&#233;es sur cette crise) avant, dans un deuxi&#232;me temps d'analyser les &#171; occasions manqu&#233;es de la gauche &#187; pour, dans un troisi&#232;me et dernier volet, voir du c&#244;t&#233; des &#171; experts et chercheurs si la r&#233;flexion a progress&#233; sur le d&#233;ficit d&#233;mocratique et le r&#233;gime politique qui l'organise &#187;. Le regard devra aussi se porter sur les &#171; initiatives citoyennes &#187; qui explorent des voies nouvelles de d&#233;mocratie participative.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Vivien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Hiver de la Sixi&#232;me R&#233;publique -1-&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les 20 derniers mois sont ceux d'une crise essentielle de la V&#176; R&#233;publique. Ce temps &#233;tait propice &#224; voir d&#233;battues des perspectives de passage &#224; une VI&#176; R&#233;publique. La gauche unie pour les &#233;lections l&#233;gislatives de 2024 n'en avait-elle pas fait une partie de son programme ? Or pas une seule fois l'occasion ne fut saisie pour donner au moins envie d'y croire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'importance de la crise a &#233;t&#233; ici expos&#233;e et analys&#233;e en temps r&#233;el (1). On ne reviendra pas sur le sujet &#034;crise de r&#233;gime&#034; si ce n'est pour noter une pr&#233;cautionneuse &#233;volution de l'opinion de constitutionnalistes en ce sens (2). Restent nombreux ceux d'entre eux soulag&#233;s ou fascin&#233;s par la &#034;plasticit&#233;&#034; des institutions de la V&#176; R&#233;publique. Ils pr&#233;f&#232;rent porter leur attention sur le syst&#232;me juridico-politique que celles-ci auraient oppos&#233; &#224; un d&#233;r&#232;glement g&#233;n&#233;ral (des partis, des cultures parlementaires, des pratiques majoritaires disparues...). On a vu apparaitre sur la sc&#232;ne m&#233;diatique des sortes de &#034;m&#233;canos du g&#233;n&#233;ral&#034; exposant les arcanes des contraintes constitutionnelles, &#233;clair&#233;es par &#034;les intentions des p&#232;res fondateurs&#034;. La science politique n'en sort pas grandie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but de cet article est de comprendre pourquoi la gauche en g&#233;n&#233;ral n'a pas su tirer parti de l'aggravation de cette crise. Comment se peut-il qu'elle n'ait pas su donner la moindre envie aux citoyens de se saisir de perspectives de transition vers une r&#233;publique d&#233;mocratique et sociale ? Si l'on garde en m&#233;moire la mobilisation de l'opinion populaire en 2005 sur et contre la pr&#233;tendue &#034;constitution europ&#233;enne&#034;, on peut imaginer la mont&#233;e en puissance d'un tel sc&#233;nario dans le contexte actuel. Au lieu de quoi la gauche s'est laiss&#233; enfermer, une fois de plus, dans l'unique perspective de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2027. &lt;br class='autobr' /&gt;
On va d'abord analyser les configurations institutionnelles de la derni&#232;re s&#233;quence de la crise, essentiellement celle du gouvernement Lecornu en place depuis le 9 septembre 2025 (I). On traitera ensuite des occasions manqu&#233;es &#224; gauche (II). Enfin on cherchera du c&#244;t&#233; des chercheurs et &#034;experts&#034; si la r&#233;flexion a progress&#233; sur le d&#233;ficit d&#233;mocratique et le r&#233;gime politique qui l'organise (III)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Une d&#233;gradation du parlementarism&lt;/strong&gt;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour m&#233;moire on rappellera que dans cette XVII&#176; l&#233;gislature, l'Assembl&#233;e nationale est compos&#233;e de 11 groupes d&#233;clar&#233;s dont 8 se sont situ&#233;s dans l'opposition (les 3 autres groupes -le &#034;bloc central&#034;- sont sens&#233;s &#234;tre en soutien aux Premiers ministres choisis par le pr&#233;sident de la R&#233;publique). Ce pluralisme et cette fragmentation ont pos&#233; une question in&#233;dite qui a chemin&#233; au gr&#233; des 350 heures de d&#233;bat budg&#233;taire durant trois mois pleins : aurai-t-on assist&#233; &#224; un d&#233;but de re-parlementarisation du r&#233;gime ? La r&#233;ponse se d&#233;cline &#224; deux niveaux.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'abord celui de l'efficience l&#233;gislative budg&#233;taire. L'Assembl&#233;e nationale a-t-elle produit, malgr&#233; une quarantaine de jours de retard, une loi de finances pour 2026 qui &#224; la fois tienne quelques objectifs (dont le fameux financement du d&#233;ficit &#224; moins de 4,1% du PIB valid&#233; par Bruxelles &#224; l'horizon 2027) et dessine un profil &#233;conomique et social clair si ce n'est coh&#233;rent ? Rien de tout cela au bout du bout. Le budget 2026 a aggrav&#233; son illisibilit&#233; m&#234;me parmi l'opinion &#034;&#233;clair&#233;e&#034;. La faute en serait au d&#233;placement du cercle des discussions arbitrales &#224; Matignon et Bercy, sectorialisant et particularisant &#224; outrance les choix. Si la France connait d&#233;sormais l'instabilit&#233; minist&#233;rielle, elle est gouvern&#233;e par des hauts fonctionnaires (aux Directions du Tr&#233;sor, du Premier ministre, du ministre de l'&#233;conomie...) qui eux restent quasi inamovibles m&#234;me quand leurs ministres changent La Commission des finances et l'Assembl&#233;e elle-m&#234;me sont rest&#233;es en fait un &#233;cran sans r&#233;el pouvoir, y compris dans la n&#233;gociation d'&#233;ventuels compromis. Du coup, la pr&#233;sidente de l'Assembl&#233;e Ya&#235;l Braun-Pivet et le rapporteur g&#233;n&#233;ral de la Commission des finances Philippe Juvin sont d'ores et d&#233;j&#224; partis &#224; la recherche de r&#233;formes proc&#233;durales pour permettre une discussion du budget 2027 moins cahotique, mais sans obligation de r&#233;sultat.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ensuite demeure le sujet d'une parlementarisation syst&#233;mique, encourag&#233;e par la suspension de l'article 49-3. Annonc&#233;e par le Premier ministre d&#232;s le d&#233;but octobre 2025, celle-ci devait ouvrir selon lui &#034;le moment le plus parlementaire de la V&#176; R&#233;publique&#034;. Il faut entendre par l&#224; le renouveau des pratiques, de l'exp&#233;rimentation des &#233;changes, de la requalification des d&#233;bats, de la promotion de la d&#233;lib&#233;ration. Bref la reconstruction d'une sc&#232;ne parmi d'autres o&#249; la souverainet&#233; populaire se donne dignement &#224; voir &#224; travers ses repr&#233;sentants et leurs conflits (vision non pas ir&#233;nique mais fonctionnelle de l'institution). Vu sous cet angle, le bilan de ces trois mois est accablant (3). Formellement, l'Assembl&#233;e a reconquis de l'initiative : le rapport entre propositions de loi (d'origine parlementaire) et projets de loi (d'origine gouvernementale) s'est invers&#233; : 58% (745 textes d&#233;pos&#233;s) contre 23,7% (472 textes) par rapport &#224; la pr&#233;c&#233;dente l&#233;gislature. 98 de ces propositions ont &#233;t&#233; adopt&#233;es en un an (contre 40 durant les cinq ans de la l&#233;gislature ant&#233;rieure). Le nombre des scrutins publics ordinaires a doubl&#233; comme celui des amendements adopt&#233;s en s&#233;ance. C'est dans ce changement quantitatif qu'ont pu se lover des compromis tel celui, le plus visible, pass&#233; entre le PS et le Premier ministre. Pour autant cette apparence de renouveau ne doit pas faire illusion : les textes adopt&#233;s sont d'une importance relative ; le gouvernement fait &#034;son march&#233;&#034; en dosant son soutien selon les textes et cas par cas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il use ainsi plus qu'auparavant de la Commission mixte paritaire. Elle r&#233;unit 14 s&#233;nateurs et d&#233;put&#233;s d&#233;sign&#233;s en fonction de l'importance de leur groupe dans chacune des deux chambres. Le &#034;bloc central&#034; (d&#233;nomination dat&#233;e -2021- devenue trompeuse, des trois partis coalis&#233;s dans le soutien &#224; Emmanuel Macron) y dispose, durant cette l&#233;gislature, d'une majorit&#233; quasi permanente nonobstant la r&#232;gle du tourniquet qui fait si&#233;ger des d&#233;put&#233;s des autres groupes &#224; tour de r&#244;le. Cette commission est donc devenue le moyen privil&#233;gi&#233; par le gouvernement pour contourner l'Assembl&#233;e (le S&#233;nat y trouvant un poids &#233;gal si ce n'est plus, &#224; celle-ci). C'est lui qui d&#233;cide de l'opportunit&#233; et du moment de la convocation (les pr&#233;sidents du S&#233;nat et de l'Assembl&#233;e quand il s'agit de propositions de loi). La pratique des &#034;motions de rejet&#034; envoyant sans l'examiner en s&#233;ance directement en commission mixte (qui part du texte vot&#233; par le S&#233;nat), s'est impos&#233;e comme une proc&#233;dure antid&#233;mocratique. La non publicit&#233; des d&#233;bats fait de ce huis clos un embl&#232;me (m&#234;me si les ressources &#233;lectroniques facilitant les fuites, en att&#233;nuent la pratique). Le taux de &#034;r&#233;ussite&#034; &#233;tait rest&#233; autour de 70% avant 2024 ; il est mont&#233; depuis &#224; 95%. Souvent salu&#233;e comme un lieu o&#249; se fabriquent des consensus utiles pour surmonter l'absence de majorit&#233;, c'est bien au rabais que ceux-ci sont obtenus. La &#034;culture du compromis&#034; tant attendue ne peut pas se construire durablement ainsi.&lt;br class='autobr' /&gt;
A cela s'ajoute un probl&#232;me aux racines anciennes : celui de la mauvaise application des lois vot&#233;es. Sans r&#232;glement et d&#233;crets, pas de loi v&#233;ritable. La responsabilit&#233; des ministres est l&#224; pleine et enti&#232;re et peut varier d'un ministre &#224; l'autre selon les convictions de chacun. Or on constate que le taux d'application des lois qui &#233;tait dans une moyenne de 90% avant 2022 est tomb&#233; &#224; 87% avant 2024 et &#224; 55% depuis la dissolution. Une nouvelle pratique, celle de la saisine par le gouvernement du Conseil constitutionnel sur les textes qu'il a lui-m&#234;me d&#233;fendus en s&#233;ance, en assumant de plus en souvent leur inconstitutionnalit&#233;, ach&#232;ve de faire du Parlement un th&#233;&#226;tre d'ombres. Le r&#233;sultat dans la soci&#233;t&#233; est calamiteux : il ram&#232;ne &#224; de la communication l'affichage du vote de la loi sans mise en oeuvre de la responsabilit&#233; gouvernementale, essentielle dans ce m&#233;canisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin un outil a &#233;merg&#233; dans le paysage institutionnel, celui des commissions d'enqu&#234;te. Alors qu'elles avaient pratiquement disparues, la r&#233;vision constitutionnelle de 2008 leur a donn&#233; une nouvelle vie. Chacun des groupes de chaque chambre s'est vu dot&#233; d'un &#171; droit de tirage &#187; annuel sur un sujet ouvrant droit, &#224; certaines conditions, &#224; investigation pendant 6 mois. Ces commissions ont pu prouver leur efficacit&#233; dans le contr&#244;le du gouvernement (qu'on pense &#224; l'affaire Benalla en 2018 ou sur les cabinets de conseils en 2022). L'Assembl&#233;e nationale, quand elle ne comptait que 4 groupes politiques, laissait plut&#244;t l'initiative au S&#233;nat. Aujourd'hui o&#249; elle en compte 11, le &#171; droit &#224; la commission &#187; en a chang&#233; quelque peu la nature. C'est un moyen pour donner un &#233;cho m&#233;diatique &#224; un sujet pol&#233;mique port&#233; par un groupe contre un autre (tel Laurent Wauquiez lan&#231;ant en Mai 2025 une commission sur &#171; les liens avec l'id&#233;ologie islamiste &#187; visant la France Insoumise, pour ne pas y si&#233;ger une seule fois). Le fond a peut-&#234;tre &#233;t&#233; atteint avec la commission sur l'audiovisuel public lanc&#233; par l'UDR (groupe d'Eric Ciotti) que le rapporteur Charles Alloncle a transform&#233; en &#171; stand chamboule-tout &#187; de f&#234;te des Bleu-Blanc-Rouge (antique f&#234;te annuelle lanc&#233;e par Jean Marie Le Pen en 1981). Tant pis si ces d&#233;voiements provoqueront la non-adoption de son rapport final (qui doit l'&#234;tre &#224; l'unanimit&#233;). Force est donc de constater la d&#233;valuation de ce droit parlementaire qui devient contest&#233; pour la confusion qu'il cr&#233;e avec la justice et la proc&#233;dure p&#233;nale. Le S&#233;nat a mis en chantier une proposition de loi compl&#233;tant l'ordonnance qui encadre le statut et les fonctions de ces commissions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tableau de l'actuel paysage parlementaire est donc bien singuli&#232;rement d&#233;grad&#233;. Sauf pour le S&#233;nat qui tend &#224; en devenir l'ordonnateur, y compris pour la performance de ses propositions de loi. Le gouvernement a de fait perdu son pouvoir de donner le dernier mot &#224; l'Assembl&#233;e. Tant pis si cela se fait &#224; l'embl&#233;matique effigie du s&#233;nateur Laurent Duplomb, &#233;lu au suffrage indirect, qui peut m&#233;priser les millions de p&#233;titionnaires contre sa loi (il aura r&#233;ussi &#224; ce que son texte ne soit m&#234;me pas examin&#233; par l'Assembl&#233;e nationale pour &#234;tre adopt&#233; illico presto par une commission mixte paritaire).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la d&#233;mocratie qui a recul&#233; dans ce processus inaugur&#233; par le refus du pr&#233;sident de la R&#233;publique d'accepter son &#233;chec au lendemain des &#233;lections l&#233;gislatives de 2022. Les envahissants discours sur la &#171; chance &#187; que l'ingouvernabilit&#233; aurait &#233;t&#233; pour renouer avec le parlementarisme de la Constitution de la V&#176; R&#233;publique ne peuvent pas masquer la reproduction d'un pr&#233;sidentialisme organique de celle-ci, m&#234;me en fin de r&#232;gne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'a dit (dans Lib&#233;ration du 12 janvier 2026) Eric Lombard, fort de son exp&#233;rience d'ex-ministre de l'&#233;conomie du gouvernement Bayrou, &#171; S'appuyer sur le Parlement quand on a un r&#233;gime parlementaire et une coalition, c'est possible. Mais la V&#176; R&#233;publique n'est pas un r&#233;gime parlementaire et il n'y a pas de coalition. R&#233;unir tous les partis en disant &#034;entendez-vous&#034;, c'est l'abandon de la responsabilit&#233; du gouvernement'.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voil&#224; donc ramen&#233; &#224; l'une des causes majeures de la crise de ce r&#233;gime entretenue par ses institutions : le d&#233;s&#233;quilibre organique entre le parlement et le gouvernement, redoubl&#233; par celui entre le Premier ministre et le pr&#233;sident. Il nous faut voir comment la gauche a abandonn&#233; le combat de sa d&#233;nonciation pratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Sur les 16 billets publi&#233;s sur ce blog (&#034;Une autre r&#233;publique est possible&#034;) entre le 18 juin 2024 et le 7 octobre 2025, 8 ont &#233;t&#233; consacr&#233;s &#224; la &#034;crise de r&#233;gime&#034; auxquels se sont ajout&#233;s 3 communiqu&#233;s du Conseil d'Administration de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (C6r) sur le m&#234;me sujet. J'en donne ici la liste afin qu'on puisse s'y rapporter en tant que de besoin (et v&#233;rifier leur pertinence ou leur validit&#233; &#224; l'aune de l'actualit&#233; qui leur a succ&#233;d&#233;) : - Vers une vraie crise de r&#233;gime (18 juin 2024) -La gauche et la crise de r&#233;gime (10 juillet 2024) - Crise de r&#233;gime : une question de &#034;culture politique&#034; ? (24 juillet 2024) - Crise de r&#233;gime et question d&#233;mocratique (7 septembre 2024) - Sortir de la crise de r&#233;gime (27 septembre 2024) - Le Pen, les institutions, la suite (4 avril 2025)- Encore un effort Monsieur de Villepin (28 juin 2025) - Crise de r&#233;gime : la gauche dans l'impasse. (7 octobre 2025).&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) un bon exemple est l'ouvrage de Denis Baranger et Olivier Beaud, La dissolution de la V&#176; R&#233;publique. Les Petits Matins. 2025. 242 p. Faute d'un comparatisme incluant les autres r&#233;gimes de l'Union Europ&#233;enne, l'ouvrage reste exag&#233;r&#233;ment focalis&#233; sur l'histoire de la V&#176; R&#233;publique. Les auteurs en concluent en diagnostiquant un &#034;danger de voir cette derni&#232;re ne plus &#234;tre la garantie d'une stabilit&#233; institutionnelle (...) La Constitution a progressivement &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233; d'une fa&#231;on exclusivement favorable au pr&#233;sident et &#224; l'ex&#233;cutif, avec l'appui d'une haute fonction publique hautement comp&#233;tente mais assez peu pr&#233;occup&#233;e par l'&#233;quilibre institutionnel et par les vertus d'une r&#233;elle d&#233;lib&#233;ration repr&#233;sentative&#034;. S'ils s'inqui&#232;tent de la &#034;face sombre&#034; du r&#233;gime en place, ils en viennent &#224; la bonne question : &#034;R&#233;former la r&#233;gime ou en changer ?&#034; avec de justes consid&#233;rations sur les pr&#233;cautions &#224; prendre pour choisir. Ce qu'ils ne font pas : &#034;il ne faudrait pas grand chose pour que les Fran&#231;ais aiment de nouveau cette V&#176; R&#233;publique qu'ils ont longtemps largement approuv&#233;e&#034;. Le titre est donc un jeu de mot leur permettant de ne pas avoir &#224; qualifier la nature des institutions en question. Si crise de r&#233;gime il y a, il faut &#234;tre pr&#233;cis sur les conditions de sa r&#233;solution ; ce qui n'est toujours pas le cas dans ce texte.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Th&#233;o Bunel. L'impossible parlementarisation de la V&#176; R&#233;publique. in AOC (Analyse Opinion Critique), 4 f&#233;vrier 2026. C'est un excellent article, tir&#233; d'un m&#233;moire, dont l'auteur est un &#034;simple&#034; &#233;tudiant du Master 2 en science politique (dir. F. Sawicki) de l'Universit&#233; Paris I-Panth&#233;on-Sorbonne. Ce qui doit rendre optimiste sur la r&#233;g&#233;n&#233;ration de l'actuelle &#034;communaut&#233;&#034; des politistes-constitutionnalistes, parfois guett&#233;e par la paresse et le conformisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'hiver de la Sixi&#232;me R&#233;publique -II-&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;gradation du syst&#232;me parlementaire s'est impos&#233;e (voir la I&#176; partie). Elle fragilise la d&#233;mocratie au moment o&#249; se forme une convergence ultra-r&#233;actionnaire. Les droites vont pouvoir faire du r&#233;gime pr&#233;sidentialiste de la V&#176; R&#233;publique leur programme commun. Il est criminel que la gauche n'ait rien tent&#233; d'essentiel pour l'en emp&#234;cher ni m&#234;me en faire un enjeu politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace politique de cette fin de la d&#233;cennie Macron, sort profond&#233;ment transform&#233; de l'instrumentalisation spectaculaire des &#233;v&#232;nements qui se sont produits &#224; Lyon le 14 f&#233;vrier dernier. La promotion du Rassemblement national comme figure de respectabilit&#233; et de ralliement, a efficacement chemin&#233; par-del&#224; la stigmatisation de la France Insoumise. D'un hommage rendu &#224; l'Assembl&#233;e nationale &#224; un militant de l'Action Fran&#231;aise, en passant par un ministre de l'Int&#233;rieur bafouant les principes juridiques &#233;l&#233;mentaires d'une affaire judiciaire, jusqu'aux appels d'une ministre en exercice (&#224; l'&#233;galit&#233; Femmes-Hommes) lanc&#233;s au RN d'opposer un &#034;front contre l'anti-France&#034; aux &#233;lections municipales, c'est bien un champ in&#233;dit de compromis et de convergences qui s'est ouvert. Il devrait se consolider avec de prochaines mesures gouvernementales propres &#224; plaire &#224; cette droite (loi sur l'autod&#233;fense de la police, remise en cause des franchises universitaires et de la libert&#233; de la recherche, reprise de la loi Duplomb dans un projet de loi agro-industriel, et &#224; y &#234;tre, r&#233;f&#233;rendum sur l'immigration r&#233;clam&#233; par le Garde des sceaux...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les figures de la droite r&#233;publicaine et gaulliste (comme celles X. Bertrand ou D. de Villepin) qui r&#233;cusent une telle perspective, semblent promises &#224; un isolement grandissant dans la marche &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle d'ici 12 mois. Et aussi celles des essayistes &#034;parlementaristes&#034; (tels J.L. Bourlanges ou J.P. Derosier) (1) qui consid&#232;rent que la sortie du pr&#233;sidentialisme est une condition de survie de la V&#176; R&#233;publique. La V&#176; R&#233;publique telle qu'elle est, droit et pratique confondus, serait donc devenu &#034;un bloc dont on ne peut rien distraire&#034; (pour paraphraser Cl&#233;menceau &#224; propos de la R&#233;volution de 1789). L'enterrement des ambitions d'E. Macron en 2017 malgr&#233; la dur&#233;e de son mandat, t&#233;moigne de la r&#233;sistance de ce bloc qui continue &#224; faire ici et l&#224; l'admiration pour sa &#034;plasticit&#233;&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner envie aux citoyens d'une r&#233;sistance constitutionnelle&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus que jamais une consolidation des droits fondamentaux et des contre-pouvoirs ressortant de notre tradition constitutionnelle r&#233;publicaine, est une n&#233;cessit&#233; d&#233;mocratique. Autrement dit, si la revendication d'une nouvelle r&#233;publique doit demeurer &#224; l'horizon d'un changement social et politique, elle ne suffit plus pour r&#233;pondre &#224; l'actualit&#233; de l'agenda &#233;lectoral domin&#233; par l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Le crit&#232;re de la pertinence d'un appel &#224; une Sixi&#232;me R&#233;publique doit se mesurer &#224; l'envie donn&#233;e aux citoyens (et pas qu'aux &#233;lecteurs) d'aujourd'hui de s'y impliquer. Il appelle donc un programme transitionnel ouvrant un passage cr&#233;dible entre la crise de r&#233;gime et sa possible r&#233;solution d&#233;mocratique augment&#233;e. L'ancrage de ce processus se situait donc dans la nouvelle situation institutionnelle d&#232;s le lendemain de la dissolution. Or ces deux ann&#233;es n'ont &#233;t&#233; trait&#233;es dans cette perspective par aucune des composantes de la gauche parlementaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela a commenc&#233; d&#232;s le d&#233;but, dans cette longue attente (anticonstitutionnelle) d'un gouvernement d&#233;missionnaire durant laquelle un pr&#233;sident de la R&#233;publique d&#233;fait dans les urnes, cherchait &#224; en contourner la r&#232;gle : confier le choix du Premier ministre &#224; la majorit&#233; relative en si&#232;ges, qui les avait remport&#233;es. Le Nouveau Front Populaire (NFP) pouvait le revendiquer, pas tant pour appliquer &#034;tout son programme&#034; et &#034;gouverner sans alliance&#034; que pour lier sa candidature &#224; Matignon &#224; une adaptation des r&#232;gles constitutionnelles au nouvel &#233;quilibre entre le parlement et l'ex&#233;cutif. Soit une r&#233;vision des articles 8 et 12 de la Constitution, r&#233;gissant la nomination du Premier ministre par le pr&#233;sident et son exercice discr&#233;tionnaire du droit de dissolution de l'Assembl&#233;e nationale. Ce sc&#233;nario a &#233;t&#233; inlassablement invoqu&#233; ici, dans ce blog et on ne le r&#233;exposera donc pas (2). Si ce n'est pour rappeler son mode d'emploi concret : la soumission d'une telle r&#233;forme &#224; un r&#233;f&#233;rendum pr&#233;vu par l'article 11, exigeant une proposition (et pas seulement un avis) du gouvernement pour adopter &#034;un projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics&#034;. La gauche aurait inaugur&#233; ainsi une m&#233;thode pragmatique saisissant les opportunit&#233;s &#224; droit constant du texte constitutionnel pour aller vers du mieux : d&#233;poss&#233;der le pr&#233;sident de droits exorbitants dont il venait de faire un si mauvais usage. Et porter une am&#233;lioration &#233;vidente du syst&#232;me en r&#233;&#233;quilibrant les rapports entre pr&#233;sident et Premier ministre, faisant d&#233;finitivement de celui-ci le r&#233;sultat d'un choix de l'Assembl&#233;e, seule responsable. Bref, il s'agirait de d&#233;fendre les avantages d'un syst&#232;me primo-minist&#233;riel comme partout ailleurs dans l'Union Europ&#233;enne (m&#234;me o&#249;, dans la moiti&#233; des Etats on y &#233;lit le pr&#233;sident de la R&#233;publique au suffrage universel direct).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu de cela on a assist&#233; &#224; une longue, lente et humiliante marche du NFP portant tardivement (&#224; partir du 22 juillet 2024) et en cort&#232;ge (le 26 ao&#251;t) la candidature de Lucie Castets, devant le pr&#233;sident de la R&#233;publique, pour une sorte d'invraisemblable entretien d'embauche. Au terme duquel celui-ci l'a r&#233;cus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;.Le 49-3 : totem et proth&#232;se&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#233;quence qui a suivi d&#232;s la nomination du gouvernement Barnier a &#233;t&#233; celle de l'&#233;puisement d'un Parlement comme accabl&#233; par ses nouvelles libert&#233;s. Jusqu'&#224; cet ach&#232;vement avec le gouvernement Lecornu o&#249; le principal objet des compromis sur le budget &#233;tait d'&#233;viter une dissolution. Tout cela s'est sold&#233; par cette d&#233;gradation g&#233;n&#233;ralis&#233;e du parlementarisme ou ce qu'il en restait dans le marbre de la Constitution de 1958 (voir le premier volet de cet article). La gauche s'y est profond&#233;ment divis&#233;e sans jamais rendre lisible et mobilisatrice ses revendications, m&#234;me les plus radicales (telle la destitution du pr&#233;sident de la R&#233;publique). Le Parti socialiste a port&#233; deux revendications constitutionnelles (l'une &#224; l'Assembl&#233;e nationale, l'autre au S&#233;nat) jouant sur sa vocation de &#034;parti de gouvernement&#034; apte &#224; exercer des responsabilit&#233;s pourtant improbables en l'&#233;tat pr&#233;sent.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'Assembl&#233;e nationale, la suspension de l'article 49-3 a &#233;t&#233; &#233;rig&#233;e en totem, d'autant plus facilement qu'il &#233;tait aussi trait&#233; comme tel par le Premier ministre. Sans doute l'impopularit&#233; de cet article autorisant l'adoption d'une loi sans vote donnait-elle quelque raison de le faire. Longtemps banalis&#233; pour n'&#234;tre qu'un moyen gouvernemental de discipliner sa propre majorit&#233;, il a m&#234;me vu sa port&#233;e r&#233;duite par la r&#233;vision constitutionnelle de 2008 (d&#233;but de la pr&#233;sidence Sarkozy) : il ne vaut d&#232;s lors plus que pour les textes budg&#233;taires et ne peut jouer qu'une seule fois par session pour les autres. Les choses ont commenc&#233; &#224; changer quand Manuel Valls y a eu recours pour contourner l'hostilit&#233; des &#034;frondeurs&#034; du Parti socialiste &#224; la r&#233;forme du code du travail (loi El Khomri du 8 ao&#251;t 2016), lesquels s'appuyaient sur de fortes mobilisations syndicales extra-parlementaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un d&#233;tournement qui est devenu la r&#232;gle avec l'usage &#224; r&#233;p&#233;tition (23 fois) qu'en a fait Elisabeth Borne durant les 19 mois de son gouvernement (mai 2022-janvier 2024). Et c'est par ce biais que fut adopt&#233;e une r&#233;forme des retraites contre laquelle protestaient des millions de manifestants. Sans la moindre n&#233;gociation ni au parlement ni avec les &#034;partenaires sociaux&#034;. A partir de l&#224;, l'article 49-3 devient un instrument in&#233;dit et impopulaire de gouvernement minoritaire. Apr&#232;s 2024, c'est la proth&#232;se d'un ex&#233;cutif infirme, sans majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e, orient&#233; vers le soutien contraint et forc&#233; &#224; un pr&#233;sident de la R&#233;publique qui voulait gouverner malgr&#233; tout. Cette extension du pr&#233;sidentialisme s'est fait &#233;videmment au d&#233;triment du parlement tout entier. L'enlisement de celui-ci dans les d&#233;bats budg&#233;taires en est la ran&#231;on, pay&#233;e finalement par le r&#233;tablissement du 49-3 (par trois fois en bout de course, fin janvier 2026).&lt;br class='autobr' /&gt;
La f&#233;tichisation de cet instrument du parlementarisme comme mal absolu a donc ses raisons bien fran&#231;aises mais finit par d&#233;munir l'Assembl&#233;e dans une reconqu&#234;te virtuelle de son pouvoir (3). Le Bundestag en Allemagne ou les Cort&#232;s en Espagne ont, ces derniers temps, am&#233;nag&#233; leurs proc&#233;dures de rationalisation de leur travail l&#233;gislatif. Mais ce sont les assembl&#233;es elles-m&#234;mes qui l'ont fait pour faciliter la construction de coalitions dans leurs rangs (4). Et c'est bien cela qui sera impossible dans la V&#176; R&#233;publique tant qu'elle restera r&#233;gie par le pr&#233;sidentialisme. C'est dans cet aveuglement que se sont r&#233;fugi&#233;s les s&#233;nateurs socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fendre la Constitution telle qu'elle est.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le groupe socialiste du S&#233;nat a pris l'initiative le 6 novembre 20225, d'une proposition de loi constitutionnelle &#034;arme de protection massive de notre R&#233;publique telle que nous la connaissons&#034; selon son auteur Eric Kerrouche, s&#233;nateur des Landes. Il s'agit de verrouiller la proc&#233;dure de r&#233;vision constitutionnelle en faisant de l'article 89 (qui n&#233;cessite l'accord des deux chambres du parlement avant un &#233;ventuel r&#233;f&#233;rendum) la seule voie d&#233;sormais de changement de la loi fondamentale. Autrement dit, celle du r&#233;f&#233;rendum pr&#233;vu &#224; l'article 11 deviendrait interdite, m&#234;me pour ce qui concerne &#034;l'organisation des pouvoirs publics&#034; qui y est pr&#233;vue. Son usage par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle en 1962 pour inscrire l'&#233;lection du pr&#233;sident de la R&#233;publique au suffrage universel direct dans le texte de 1958, avait suscit&#233; pol&#233;miques politiques et controverses juridiques. Certains des plus farouches opposants de l'&#233;poque, tel Fran&#231;ois Mitterrand s'y sont finalement ralli&#233;s (&#034;l'usage de l'article 11 &#233;tabli et approuv&#233; par le peuple peut d&#233;sormais &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'une des voies de la r&#233;vision concurremment avec l'article 89&#034;). Le d&#233;bat chez les juristes n'ont jamais cess&#233; bien que perdant de leur actualit&#233; vu l'absence d'agenda de sa mise en &#339;uvre, hormis celle d'Arnaud Montebourg dans sa campagne pour les Primaires socialistes en 2011 (5). C'est aussi le moyen auquel s'est ralli&#233; Jean-Luc M&#233;lenchon dans son programme pour une 6&#176; R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le curseur s'est en quelque sorte d&#233;plac&#233; avec la proposition de loi &#034;citoyennet&#233;, identit&#233;, immigration&#034;, d&#233;pos&#233;e par Marine Le Pen en janvier 2024, sign&#233;e par les 88 d&#233;put&#233;s du groupe RN &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Elle pr&#233;voyait de modifier 18 articles et d'en ajouter 7, tous d&#233;clinant la th&#233;matique de la &#034;priorit&#233; nationale&#034;. Elle &#233;tait promise &#224; l'adoption par r&#233;f&#233;rendum de l'article 11, m&#234;me si la quasi totalit&#233; de ces articles exc&#233;dait le cadre inscrit dans le dit article. Le Conseil constitutionnel apparaissait donc comme l'arbitre ultime de cette impossibilit&#233; r&#233;f&#233;rendaire. Sauf que le RN faisait le pari que les nombreuses causes d'ill&#233;gitimit&#233; de cette juridiction ne r&#233;sisterait pas &#224; l'appel au peuple m&#234;me inconstitutionnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'op&#233;ration des s&#233;nateurs socialistes s'est r&#233;sum&#233;e &#224; une reprise du &#034;tract&#034; de Pierre-Yves Bocquel (n&#176;64, Gallimard, janvier 2025) proposant, &#224; la suite d'une argumentation exp&#233;ditive, &#034;une solution simple et rapide&#034; : un texte d'une ligne &#224; ins&#233;rer en alin&#233;a dans l'article 89 : &#034;La Constitution ne peut &#234;tre r&#233;vis&#233;e que selon les proc&#233;dures pr&#233;vues par le pr&#233;sent article&#034;. Voil&#224; comment rayer d'un trait de plume une disposition jusqu'ici vant&#233;e comme une ouverture de la Constitution &#224; la d&#233;mocratie directe. Et conforter le droit de veto du S&#233;nat bloquant ad aeternam le moindre espoir d'une moindre r&#233;forme de la V&#176; R&#233;publique. L'affolement devant la perspective d'une victoire du RN &#224; la pr&#233;sidentielle est bien mauvaise conseill&#232;re. La totale superficialit&#233; de la d&#233;marche a &#233;t&#233; illustr&#233;e par un d&#233;bat d'1h30 en s&#233;ance publique, vite conclue par un rejet de la proposition par 213 contre (et 131 pour).&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant tant d'impuissance et d'aveuglement sur un syst&#232;me battant tous les records d'impopularit&#233; et de d&#233;fiance en Europe (6), on peut &#234;tre plus qu'inquiet des suites d'une victoire de l'extr&#234;me-droite. Dont on rappellera que chaque candidature de M. Le Pen &#224; la pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; l'occasion de r&#233;it&#233;rer une totale adh&#233;sion au r&#233;gime de la V&#176; R&#233;publique telle qu'elle est. L'heure est donc encore &#224; la clairvoyance sur ce qu'il convient de sanctuariser dans cette perspective. A l'&#233;vidence &#224; la p&#233;riph&#233;rie des institutions, intouchables jusqu'&#224; la pr&#233;sidentielle. Par exemple, l'ind&#233;pendance du parquet, qui n'est toujours pas garantie (la loi constitutionnelle d'avril 2016 vot&#233;e par les deux chambres est en souffrance). La nomination de ses magistrats est toujours &#224; la possible discr&#233;tion de l'ex&#233;cutif. Et la Cour Europ&#233;enne des Droit de l'Homme consid&#232;re qu'il n'y a pas l&#224; d'autorit&#233; judiciaire ind&#233;pendante.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'invocation d'une 6&#176; R&#233;publique a totalement disparu de l'horizon politique, vers o&#249; qu'on se tourne. Son projet (quand il existe), est cadenass&#233; dans un coffre inviolable, donc soustrait au moindre d&#233;bat sur son av&#232;nement ou son contenu. Il ne sert plus a rien, comme congel&#233; dans un hiver glacial. Pourtant, dans le barom&#232;tre d&#233;j&#224; cit&#233;, il se trouve 58% des personnes de l'&#233;chantillon qui pensent qu'il faudrait &#034;changer de Constitution et r&#233;former en profondeur le syst&#232;me actuel.&#034;. La responsabilit&#233; d'une gauche incapable d'offrir des solutions et des issues, de donner au moins envie d'en d&#233;battre, n'en est que plus terrible. Faut-il en esp&#233;rer encore quelque chose ? Dans le prochain &#233;pisode nous examinerons s'il existe une part cach&#233;e (dans les thinks tanks, les fondations, les organes de recherche) d'o&#249; pourrait surgir quelques lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) Jean Louis Bourlanges est un ancien parlementaire fran&#231;ais et europ&#233;en,membre ou proche du Modem. Jean Philippe Derosier est professeur de droit public &#224; l'Universit&#233; de Lille, responsable de la Chaire d'Etudes Parlementaire et conseil des groupes socialistes au Parlement.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) On se r&#233;jouit que le &#034;groupe communiste, citoyen et &#233;cologiste&#034; du S&#233;nat y ait d&#233;pos&#233; le 8 janvier 2026 une proposition de loi pour &#034;Renforcer les pr&#233;rogatives du Premier ministre&#034;. Elle a fait l'objet d'un examen en s&#233;ance le 25 f&#233;vrier. M&#234;me si l'expos&#233; des motifs apparait peu ambitieux (&#034;entamer la discussion d&#232;s maintenant&#034;) et sceptique sur l'avenir du texte (&#034;lancer une discussion plus large&#034;), celui-ci contient l'essentiel des mesures opportunes : suppression des articles 12 et subs&#233;quents (pr&#233;sidence du Conseil des ministres -art.9-) et modification de l'article 13 (signature des ordonnances et pouvoirs de nomination). Il pr&#233;voit le transfert du droit de dissolution au Premier ministre (donc abrogation/modification de l'article 12). Alors qu'il rend obligatoire l'investiture du gouvernement par l'Assembl&#233;e (modification de l'article 49 al. 1), il reste silencieux sur l'article 8 qui donne le choix du Premier ministre au chef de l'Etat (et de fait sa r&#233;vocation aussi). Le nouveau partage des pouvoirs en mati&#232;re de d&#233;fense et de diplomatie reste dans l'ombre. C'est donc un texte en demi-teinte qui ne va pas jusqu'au bout de la logique parlementaire qui le sous-tend. On peut en lire un commentaire : Olivier Rouquan, Clarifier les responsabilit&#233;s au sein de l'ex&#233;cutif : n&#233;cessaire, mais insuffisant.in. Fondation Jean Jaur&#232;s. 23/02/2026.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) c'est l'opinion soutenue par l'auteur de ces lignes et partag&#233;e avec Dominique Rousseau, dans un &#233;change avec lui dans Contretemps, L'absence de majorit&#233; parlementaire, une chance pour la d&#233;mocratie ? N&#176; 56, Janvier 2023. pp 12-19&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) ce que tente de faire en quelque sorte le S&#233;nat qui d&#233;bat (25 f&#233;vrier 2026) d'une proposition de loi constitutionnelle &#034;visant &#224; pr&#233;ciser l'examen des textes budg&#233;taires&#034;. Sauf qu'il s'agit de clarifier les conditions de recours par le gouvernement en ce domaine, aux ordonnances ou &#224; l'adoption d'une &#034;loi sp&#233;ciale&#034;. Une tentative d'autod&#233;fense parlementaire donc, contre l'expansion de proc&#233;dures d&#233;rogatoires port&#233;es par l'ex&#233;cutif sous couvert de suspension du 49-3.&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) on retrouvera de nombreux textes explicitant cette d&#233;marche dans mon ouvrage Le r&#234;ve d'autre chose. Changer la R&#233;publique ou changer de R&#233;publique. Don Quichotte/Le Seuil, 2017. Voir en particulier au Chapitre I : Les voies d'une r&#233;vision constitutionnelle. p. 109. Au-del&#224;, ce blog Une autre R&#233;publique est possible n'a jamais cess&#233; d'aborder ce sujet. Notamment : Article 11 : le grand chamboulement. (14 avril 2022) Le Pen, les institutions, la suite. (4 avril 2025)&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) on renvoi au 17&#176; &#034;barom&#232;tre de la confiance politique&#034; du Cevipof/OpinionWay (janvier 2026) dont l'essentielle qualit&#233; est d'&#234;tre administr&#233; depuis 2009 et ce de mani&#232;re comparative avec d'autres pays de l'Union Europ&#233;enne. Il en ressort des taux records de rejet massifs et propres &#224; la France, d&#233;tentrice aussi des records d'abstention &#233;lectorale. C'est autour de 20% des personnes interrog&#233;es que se situe le pourcentage d'un reste de confiance dans toutes le institutions nationales (en particulier l'Assembl&#233;e nationale au sortir de la s&#233;quence ici analys&#233;e). Le divorce est donc massif et g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'hiver de la Sixi&#232;me R&#233;publique -3&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;gradation du parlementarisme et de ce qui en restait dans la V&#176; R&#233;publique fera date (I). &#201;galement l'incapacit&#233; de la gauche &#224; donner envie d'un autre r&#233;gime comme issue d&#233;mocratique &#224; cette crise (II). Au-del&#224;, le milieu de la recherche et des fondations politiques a-t-il fait avancer la r&#233;flexion en ce sens, le consensus sur la faillite du pr&#233;sidentialisme n'ayant jamais &#233;t&#233; aussi grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#232;ne des &#034;experts&#034; de la crise constitutionnelle s'est construite et anim&#233;e d&#232;s le lendemain de la dissolution du 9 juin 2024. L'incompr&#233;hension des raisons de celle-ci et l'incapacit&#233; de son auteur (pourtant chef de l'Etat) &#224; l'expliquer, ont fait que les m&#233;dias ont rapidement aspir&#233; les juristes, politologues et historiens pour rem&#233;dier &#224; ce vide de la pens&#233;e. Apr&#232;s l'ann&#233;e des m&#233;decins au temps de la Covid, de celle des militaires apr&#232;s l'invasion de l'Ukraine (de retour avec la guerre au Moyen-Orient), 2024 inaugura celle des constitutionnalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut donc un tourbillon de bricolages institutionnels, de conseils avis&#233;s, de prudents pronostics, s'&#233;cartant souvent des diagnostics purs et simples qu'appelait la question : celle d'un r&#233;gime produisant plus que jamais de la d&#233;fiance et de l'impuissance. Disons que l'analyse pouvait vite apparaitre ennuyeuse en ce domaine, surtout sur les plateaux de l'information continue o&#249; la photog&#233;nie des sp&#233;cialistes l'emportait souvent sur la qualit&#233; de leur propos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la masse d'informations ainsi diffus&#233;es a peut-&#234;tre confort&#233; la savoir pratique d'une masse de citoyens toujours prompts, en France &#224; s'int&#233;resser au d&#233;bat s'il est d&#233;clar&#233; constitutionnel. Pensons &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne que fut au printemps 2005 la formidable et surprenante implication des &#034;gens ordinaires&#034; dans la campagne du r&#233;f&#233;rendum sur le &#034;Trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe&#034;. 71% des interventions dans les m&#233;dias t&#233;l&#233;vis&#233;s avaient &#233;t&#233; accord&#233;s aux partisans du Oui entre le 1&#176; janvier et le 31 mars 2005. Mais ce sont pr&#232;s de 55% de Non qui l'ont emport&#233;, plus souvent inform&#233;s sur et par les m&#233;dias alternatifs, d&#233;j&#224; pr&#233;sents sur internet. Comme devait en conclure Val&#233;ry Giscard d'Estaing : &#034;Nous avons fait l'erreur d'appeler ce texte Constitution&#034;. Le taux de participation &#224; ce scrutin fut en effet de plus de 69%, soit un chiffre parmi les plus &#233;lev&#233;s dans les dix &lt;strong&gt;scrutins de ce type depuis 1958.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;serve d'id&#233;es acquises sur le tas par la soci&#233;t&#233; peut s'av&#233;rer &#234;tre une ressource cach&#233;e pour l'avenir d'un changement de r&#233;gime. Sa limite est dans la tra&#231;abilit&#233; de ces d&#233;bats m&#233;diatis&#233;s. Beaucoup ont pu &#234;tre d&#233;valoris&#233;s en c&#233;dant &#224; la demande du &#034;fast-commentaire&#034;. D'o&#249; l'importance de leur possible m&#233;morisation &#224; travers la consignation &#233;crite ou l'&#233;change argument&#233;. Un suivi attentif de l'agenda des colloques ou s&#233;minaires ne permet pas d'&#234;tre particuli&#232;rement optimiste. Ce qui rend plus que jamais n&#233;cessaire le d&#233;bat sur l'av&#232;nement d'un authentique parlementarisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - Les Think tanks aussi sont dans le d&#233;troit d'Ormuz.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'espace des &#034;r&#233;servoirs d'id&#233;es&#034; a &#233;t&#233; faiblement investi par des analyses ou propositions sur la pr&#233;sente crise institutionnelle. Un suivi de leurs productions autoris&#233;es est significatif d'un conformisme assez g&#233;n&#233;ral des r&#233;flexions, quand ce n'est pas d'une ignorance de l'enjeu strat&#233;gique du sujet.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Embl&#232;me de cette tendance la revue Le Grand Continent dont l'ambition affich&#233;e &#224; sa cr&#233;ation (en Mai 2019) n'&#233;tait rien moins que de &#034;construire un d&#233;bat strat&#233;gique, politique et intellectuel &#224; l'&#233;chelle pertinente&#034;. A l'&#233;vidence, l'ambition quasi plan&#233;taire et son succ&#232;s confirm&#233;s depuis, n'ont pas hiss&#233; la crise fran&#231;aise dans aucun des sommaires de la revue (1). C'est l'id&#233;e qu'un d&#233;bat sur le r&#233;gime politique de la France contemporaine, soit n'a pas d'int&#233;r&#234;t en regard de &#034;l'interr&#232;gne&#034; o&#249; nous serions, soit n'a pas sacrifi&#233; aux pr&#233;conditions d'une construction argumentative assez noble pour la revue devenant entreprise.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'autres organismes, aux ambitions plus modestes ont peu ou prou abord&#233; le sujet, sans jamais r&#233;ussir &#224; l'imposer comme l&#233;gitime. Certains avaient pourtant d&#233;fini les bases assez solides d'une grille de lecture des &#233;v&#232;nements. Ainsi l'Institut Rousseau soucieux de &#034;propositions innovantes pour r&#233;pondre aux grands d&#233;fis contemporains&#034; dans de multiples domaines, a publi&#233; un texte prometteur sign&#233; de Benjamin Morel, Une nouvelle r&#233;publique des citoyens. 50 propositions pour renouveler nos institutions&#034; (9 novembre 2020). Mais rien ou presque n'a suivi, sauf &#224; suivre les innombrables interventions de son auteur (2) sur tous les tr&#233;teaux possibles du commentaire constitutionnaliste. Son dernier ouvrage (Le nouveau r&#233;gime ou l'impossible parlementarisme. LGDJ. F&#233;vrier 2025) est un r&#233;cit des s&#233;quences des derniers mois. Il y d&#233;fend que la V&#176; R&#233;publique est un &#034;v&#233;ritable r&#233;gime parlementaire&#034; se rapprochant de la IV&#176;. Cela au prix d'arrangements et r&#233;interpr&#233;tations du texte en vigueur, susceptibles de soulever des restrictions d&#233;mocratiques in&#233;dites en cas de victoire de l'extr&#234;me-droite &#224; la pr&#233;sidentielle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Finalement rares sont les organes qui posent la question frontalement d'une r&#233;forme possible ou n&#233;cessaire du r&#233;gime. Ainsi la Fondation Res Publica (cr&#233;e en 2005 par Jean Pierre Chev&#232;nement) organise un d&#233;bat le 15 octobre 2024 sur le th&#232;me : Comment les institutions de la V&#176; R&#233;publique peuvent-elles &#233;voluer ? Si le diagnostic va jusqu'&#224; parler de &#034;r&#233;gime pl&#233;biscitaire&#034;, d'une &#034;&#233;lection du pr&#233;sident de la R&#233;publique d&#233;voy&#233;e&#034;, d'&#034;irresponsabilit&#233; politique g&#233;n&#233;ralis&#233;e&#034;, le but final reste ob&#233;r&#233; par une &#034;nature de l'Union Europ&#233;enne trop institutionnelle&#034; qui formerait un blocage &#224; ce niveau supranational. Affirmation quelque peu &#233;nigmatique. En m&#234;me temps, les conventions citoyennes sont d&#233;nonc&#233;es comme une diversion. Au final : &#034;ce qui affaiblit la d&#233;mocratie, ce ne sont pas les institutions de 1958, mais le non-respect de la volont&#233; du peuple&#034;. (J.Y. Autexier, vice-pr&#233;sident de la Fondation).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cette impuissance &#224; penser un au-del&#224; du syst&#232;me est chronique. Ainsi la Fondation Jean Jaur&#232;s, tr&#232;s productive dans beaucoup de domaines, n'a jamais fait sienne cette question. Si elle a publi&#233; des notes ou contributions d'interpr&#233;tation de la crise, c'est de mani&#232;re marginale ou technique (3).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Particulier, est le cas de l'Institut La Bo&#233;tie. C'est la &#034;Fondation Insoumise&#034;, qui se veut &#034;un lieu d'&#233;laboration intellectuelle de haut niveau et un outil d'&#233;ducation populaire&#034;. Cl&#233;mence Guett&#233; et Jean-Luc M&#233;lenchon la copr&#233;sident. Cr&#233;e en octobre 2019, force est de constater qu'elle a r&#233;alis&#233; ses principales ambitions. Son organisation en d&#233;partements, ses cours, ateliers, conf&#233;rences, toujours ouverts &#224; de vrais intellectuels ou chercheurs lui donnent une place sans &#233;quivalent, en particulier &#224; gauche, dans le domaine des Think tanks (avec une visibilit&#233; soutenue par ses publications et sa chaine You Tube). Probl&#232;me : ni parmi ses sept d&#233;partements, ni dans ses programmes ne figurent une mention ou d&#233;clinaison quelconque du th&#232;me de la d&#233;mocratie, institutions ou pas. Les approches sont autres, articul&#233;es sur la notion de Peuple (4). Les traces quelconque d'une 6&#176; R&#233;publique, de l'actualit&#233; de son projet, des modalit&#233;s d'un passage en temps r&#233;el, n'apparaissent pas. Sans doute par ce que J.L. M&#233;lenchon consid&#232;re que tout a &#233;t&#233; dit et consign&#233; dans la production sur ce sujet et depuis longtemps. Cette hypoth&#232;se est confort&#233;e par la publication le 10 f&#233;vrier dernier d'une brochure de 86 pages : &#034;Comment faire ?&#034; co-sign&#233;e par J.L. M&#233;lenchon, M. Bompard, C. Guett&#233;, M. Panot. C'est un texte qui m&#233;riterait un d&#233;bat &#224; gauche, tant il aborde des notions-clefs sur l'histoire du mouvement ouvrier, le changement social et le &#034;programme de transition&#034; (p. 47) qu'il appelle. Concernant notre propos on s'en tiendra au constat de la r&#233;&#233;criture d'un nouveau processus valant, &#224; l'&#233;vidence pour la prochaine pr&#233;sidentielle. Le &#034;programme 6&#176; R&#233;publique&#034; qui a pr&#233;valu au cours des trois &#233;lections derni&#232;res (2012, 2017, 2022) est effac&#233; au profit d'une strat&#233;gie intitul&#233; &#034;Mouvement de la r&#233;volution citoyenne&#034;, articulant les &#034;cahiers de dol&#233;ances&#034; (&#034;un &#233;tat du peuple lui-m&#234;me d&#233;clin&#233; en s&#233;quences temporelles&#034;), les &#034;assembl&#233;es citoyennes&#034; (type les ronds-points des Gilets jaunes, &#034;acteur social du processus r&#233;volutionnaire qui se met en action par lui-m&#234;me (...) puis instaure de nouvelles institutions&#034; p. 63). La r&#233;volution citoyenne est &#034;un fait qui s'auto-r&#233;alise (...)et se conclue politiquement par la tenue d'une Assembl&#233;e Constituante reformulant l'ensemble des institutions du pays. (...) C'est un processus autonome et auto-institu&#233;, un ensemble d'&#233;v&#232;nements populaires&#034; (p. 64).&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste donc au terme de ce processus, une Assembl&#233;e constituante, seule institution permettant de rem&#233;morer l'architecture d'un &#233;ventuel passage &#224; une 6&#176; R&#233;publique. Pour administrer cette piqure de rappel, le groupe LFI &#224; l'Assembl&#233;e nationale a d&#233;pos&#233; le 29 janvier 2025, une proposition de r&#233;solution sur &#034;la n&#233;cessit&#233; de convoquer une Assembl&#233;e constituante pour r&#233;diger une Constitution de la Sixi&#232;me R&#233;publique&#034;. Ce qui a conduit le groupe &#224; inscrire le 27 mars 2025 une p&#233;tition sur le site de l'Assembl&#233;e. Elle doit atteindre 100.000 signatures d'ici le 10 juin 2019, pour pouvoir &#233;ventuellement faire l'objet d'un d&#233;bat public &#224; l'Assembl&#233;e. A ce jour elle a recueilli 23.190 signatures. Pour m&#233;moire, ce sont 370.000 adh&#233;rents que revendique la formation. Ce qui signifie que ce sont seulement 6% d'entre eux qui ont sign&#233; la p&#233;tition un an apr&#232;s son lancement. Cela en dit long sur le caract&#232;re purement bureaucratique et conservatoire de l'op&#233;ration priv&#233;e du moindre souci d'entretenir le moindre d&#233;bat dans l'opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet objectif n'est manifestement plus le souci de la France Insoumise. Comment expliquer qu'aucune exp&#233;rience ne soit venue enrichir l'id&#233;e m&#234;me d'une Constituante, en grandeur et en temps r&#233;els ? Par exemple celle du Chili &#224; partir de 2019, pourtant tr&#232;s proche du programme de LFI. L'&#233;chec de la Constituante en septembre 2022, est consid&#233;r&#233; (5) comme &#224; l'origine de la victoire du candidat d'extr&#234;me-droite &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en d&#233;cembre 2025. Elle est riche d'enseignements pour un &#233;ventuel sc&#233;nario fran&#231;ais.Mais pas pour la France Insoumise.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233; ces pr&#233;occupations sont devenues secondaires par rapport &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle elle-m&#234;me, seule &#233;ch&#233;ance et configuration d'un changement d&#233;mocratique quelconque. Sans doute le candidat J.L. M&#233;lenchon &#233;voquera-t-il au cours de sa campagne la 6&#176; R&#233;publique telle qu'expos&#233;e dans le N&#176;1 des Cahiers de l'Avenir en Commun, D&#233;mocratie et Libert&#233;s. Vite, la 6&#176; R&#233;publique ! (Le Seuil. Janvier 2021). Mais n'avait-il pas sem&#233; le doute un an plus tard au sortir d'un &#034;Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro&#034; (9 janvier 2022) en pr&#233;cisant que &#034; le projet de Constitution propos&#233; par l'Assembl&#233;e constituante sera soumis &#224; r&#233;f&#233;rendum apr&#232;s deux ans de travaux. (...) Pendant le travail de la Constituante et avant de passer &#224; la 6&#176; R&#233;publique, je serai un Pr&#233;sident de plein exercice. J'aurai en charge le temps long, dans un esprit plut&#244;t proche de ce qu'avait imagin&#233; le G&#233;n&#233;ral De Gaulle&#034;. Ce calendrier et cette vision sont une forme d'enterrement d'un changement de r&#233;gime et de pratique. Nous venons donc de vivre la saison Un d'une s&#233;rie qui a inaugur&#233; un possible long hiver de la 6&#176; R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;2 - Les colloques dans le d&#233;sert&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence des fondations incite &#224; se tourner vers le dernier refuge de l'ind&#233;pendance de penser, celui de la recherche et des universit&#233;s. En d&#233;pit ou en raison des menaces qui p&#232;sent sur ce &#034;tout petit monde&#034; (cf. David Lodge), les distances abyssales que le personnel politique a prises avec lui, laissaient augurer une imagination fertile, bien venue pour analyser la crise. Peut-&#234;tre &#224; cause de leurs budgets de mis&#232;re, rares ont &#233;t&#233; les initiatives acad&#233;miques en ce sens et incertaines sont rest&#233;es le plus souvent leurs conclusions.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le colloque &#034;Droit et contestation du chef de l'Etat : vers une Sixi&#232;me R&#233;publique ?&#034; organis&#233; par une unit&#233; mixte de recherche (CNRS et Universit&#233;) d'Aix-Marseille, les 12 et 13 novembre 2025, se d&#233;tachait de la grisaille ambiante. Il reposait, selon un de ses organisateurs Alexis Blou&#235;t, sur le constat que le seul mot de Sixi&#232;me r&#233;publique pouvait constituer un tabou m&#234;me et surtout chez les constitutionnalistes. Si c'est ce domaine du droit qui &#233;tait l'optique principale choisie, elle n'&#233;cartait pas le comparatisme. Et de bonnes questions &#233;taient pos&#233;es (Une VI&#176; R&#233;publique, le rem&#232;de aux maux du pr&#233;sidentialisme ?, De la V&#176; &#224; une VI&#176; R&#233;publique, une disparition du pr&#233;sidentialisme ?). Comme on le sait, bien poser une question peut engager la qualit&#233; de la r&#233;ponse. Pour ce faire avaient &#233;t&#233; invit&#233;s de &#034;bons auteurs&#034; (6). Il fut donc d&#233;battu du risque que la future Constitution de la VI&#176; R&#233;publique installe un pr&#233;sident aussi puissant sinon plus que celui de la V&#176;. L'agenda du changement constituant pourrait tr&#232;s bien voir le dernier pr&#233;sident rester assez longtemps en place pour que soient reproduits les moeurs du pr&#233;sidentialisme (le syndrome M&#233;lenchon est bien l&#224;). Mais la pente naturelle &#233;tait de s'interroger sur la personnalisation du pouvoir en g&#233;n&#233;ral, vieux sujet que pouvaient relancer des r&#233;ponses oblit&#233;r&#233;es quoi que fertiles (7). Pour autant, les raisons de ce syndrome seraient, moins dans la Constitution que dans une culture pr&#233;sidentialiste. Bastien Fran&#231;ois, un des contempteurs les plus confirm&#233;s de la V&#176; R&#233;publique, n'h&#233;sitait pas &#224; affirmer un provoquant : &#034;Nous sommes tous pr&#233;sidentialistes !&#034;. L'habitus bonapartiste des Fran&#231;ais aurait eu raison en quelque sorte de leur attachement au changement constitutionnel. On pensait alors &#224; David, rest&#233; fid&#232;le &#224; certains id&#233;aux de la R&#233;volution, apprenant au petit matin, le coup d'Etat du 18 Brumaire : &#171; J'avais toujours pens&#233; que nous n'&#233;tions pas assez vertueux pour &#234;tre r&#233;publicains&#034;. Des regrets d'une &#233;poque pleine de l'utopie de lendemains qui auraient pu chanter, mais qui n'auront pas vu le jour (8).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une journ&#233;e d'&#233;tudes sur &#034;Crise des institutions : crise de r&#233;gime ?&#034; a &#233;t&#233; organis&#233;e par le Cevipof au S&#233;nat le 16 f&#233;vrier 2026. Rassurons-nous : pas de suspense quant &#224; la crise de r&#233;gime, sinon une inqui&#233;tude sur son possible av&#232;nement qu'il conviendrait d'emp&#234;cher. Le plateau pouvait-il laisser esp&#233;rer une vraie interrogation en ce sens ? Une vingtaine d'intervenants m&#234;lant politiques, politologues et quelques politistes (on est &#224; Paris et &#224; Science Po) : de Gabriel Attal &#224; Henri Guaino, de J&#233;r&#244;me Jaffr&#233; &#224; Alain Minc, Bruno Cautr&#232;s, R&#233;mi Lefebvre et Bastien Fran&#231;ois. C'est l'historien des assembl&#233;es, Jean Garrigues qui ouvrit la journ&#233;e en reprenant son obsession sur le manque de culture du compromis et en recherchant ses traces dans l'histoire des R&#233;publiques fran&#231;aises. Conclusion : &#034;il semble qu'une majorit&#233; de fran&#231;ais souhaitent une 6&#176; R&#233;publique mais il faut nuancer : ils restent attach&#233;s &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&#034;. Comme si celle-ci &#233;tait contradictoire avec un r&#233;gime parlementaire comme le d&#233;montrent au contraire une douzaine de pays en Europe. En r&#233;alit&#233;, il avait d&#233;j&#224; donn&#233; sa conclusion le 15 d&#233;cembre 2025 sur France 5 : &#034;J'attends et esp&#232;re un rebond pour la V&#176; R&#233;publique&#034; pour peu que soit repens&#233;e la fonction pr&#233;sidentielle. Beaucoup de communications tourn&#232;rent autour de cette id&#233;e, bien exprim&#233;e par Nicolas Roussellier :&#034;Le mauvais fonctionnement des institutions pourrait d&#233;boucher sur une crise de r&#233;gime&#034;. Surtout que la prochaine &#233;tape de la crise pourrait &#234;tre la perte de contr&#244;le des partis sur leurs &#233;lus parmi lesquels se recrutent de plus en plus de &#034;frondeurs&#034;. Il y a donc urgence de repenser le parlementarisme. Et &#034;la crise peut &#234;tre une mani&#232;re de sortir de la routine&#034; comme l'enseigne l'histoire du gaullisme, selon un de ses bons historiens Pierre Manenti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, que faire et comment ? D'abord chasser la Constitution de nos t&#234;tes. Bastien Fran&#231;ois relance son propos du colloque d'Aix en Provence. Il y aurait selon lui, deux constitutions : celle de 1958 et une autre qui serait purement mentale. Celle-ci aurait un degr&#233; de r&#233;alit&#233; bien sup&#233;rieur &#224; la premi&#232;re, dop&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; par une pratique constante du pr&#233;sidentialisme. Et ce travers est le fruit de l'id&#233;e selon laquelle le pr&#233;sident de la R&#233;publique doit gouverner quelle que soit la configuration de l'Assembl&#233;e nationale. La crise actuelle r&#233;v&#232;le cette contradiction majeure. Une solution imm&#233;diate serait le changement de mode de scrutin : l'adoption de la proportionnelle conduirait &#224; ce que l'ex&#233;cutif soit le produit d'une n&#233;gociation parlementaire. Elle d&#233;placerait le centre de gravit&#233; vers un gouvernement stable. Et l'on reviendrait alors au compromis de 1958 fond&#233; sur le maintien d'un noyau parlementaire dans le syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#231;&#224; pour &#231;&#224; ? Tout en &#233;tant chaud partisan de la proportionnelle, on ne peut que douter de son efficacit&#233; &#224; produire un tel r&#233;sultat qui puisse enrayer le tropisme de la surpuissance pr&#233;sidentielle. Lequel sera rest&#233; log&#233; au c&#339;ur des candidats de gauche &#224; la fonction, de F. Mitterrand &#224; J.L. M&#233;lenchon. Et les profondes transformations du &#034;m&#233;tier d'&#233;lu&#034; sont de nature &#224; relativiser les disciplines partisanes encourag&#233;es par la proportionnelle (9). Remettre en chantier la Constitution reste donc une n&#233;cessit&#233; mais encore faut-il en d&#233;finir la voie. C'est une n&#233;cessit&#233; devenue probl&#233;matique, surtout depuis que les candidats de gauche &#224; la pr&#233;sidentielle ont privil&#233;gi&#233; le &#034;faire pr&#233;sident&#034; plut&#244;t que faire de leur &#233;lection le d&#233;but du chemin vers une 6&#176; R&#233;publique.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une Constituante serait-elle la solution ? Question pos&#233;e par le s&#233;minaire &#034;Politique des sciences&#034; lors de sa s&#233;ance du 18 f&#233;vrier 2026 &#224; l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il s'y agissait de r&#233;fl&#233;chir &#224; la reconfiguration du lien politique en France, dans le contexte d'''hyper-pr&#233;sidentialisation de la V&#176; R&#233;publique et du d&#233;ficit des m&#233;diations collectives dans la fabrique des lois&#034;. Un retour vers &#034;le moment constituant &#171; susceptible d'installer des contre-pouvoirs robustes serait-il de nature &#224; le permettre ? Au d&#233;fi d'un renouveau d&#233;mocratique, ne faut-il pas douter du constitutionnalisme lui-m&#234;me ? Les juristes sollicit&#233;s (10) encouragent plut&#244;t ce doute m&#234;me s'ils consid&#232;rent qu'une r&#233;appropriation populaire et sociale de la Constitution est essentielle. Le danger serait de tenir sur une Constituante un &#034;discours magique&#034; laissant penser que celle-ci pourrait r&#233;gler les probl&#232;mes politiques si ce n'est sociaux (voir encore une fois le cas du Chili) . Devenir par ce biais plus libres, plus &#233;gaux, plus heureux serait une dangereuse illusion. Dans le contexte actuel on pourrait m&#234;me craindre qu'une Constituante accouche d'un texte qui augmente le pouvoir sur les citoyens plus qu'il ne le limite.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette mise en question du &#034;f&#233;tichisme constitutionnel&#034; participe du combat que m&#232;ne l'organisme responsable du s&#233;minaire : Rogue.ESR un collectif de chercheurs et universitaires cr&#233;e en Mai 2017 contre les r&#233;formes de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, et pour la d&#233;fense pied &#224; pied de la libert&#233; acad&#233;mique. Son domaine est celui de l'ensemble du champ des sciences sociales. Il d&#233;nonce les dangers que feraient courir &#224; la dite libert&#233;, sa constitutionnalisation en particulier en cas d'arriv&#233;e au pouvoir de l'extr&#234;me-droite.&lt;br class='autobr' /&gt; o&lt;br class='autobr' /&gt; o o&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;L'ensemble du panorama pr&#233;sent&#233; ne porte pas &#224; l'optimisme quant aux perspectives de d&#233;mocratisation du syst&#232;me &#224; un moment o&#249; l'hypoth&#232;se d'un acc&#232;s de l'extr&#234;me-droite au pouvoir pr&#233;sidentiel de la V&#176; r&#233;publique n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait attendre que l'exp&#233;rience grandeur r&#233;elle de la crise (du r&#233;gime ou du syst&#232;me) conduise &#224; des propositions qui ne soient pas marqu&#233;es par un affolement de circonstance (telle la suppression de l'article 11 comme voie de r&#233;vision r&#233;f&#233;rendaire). De ce point de vue il est fascinant de voir comment le terme m&#234;me de &#034;r&#233;gime primo-minist&#233;riel &#034; n'est jamais prononc&#233;. C'est pourtant la voie la plus facile, la plus simple et la plus coh&#233;rente pour en finir avec le cancer du pr&#233;sidentialisme. La modification des deux articles 8 (le pouvoir du pr&#233;sident de la R&#233;publique de nomination discr&#233;tionnaire du premier ministre) et 12 (la m&#234;me chose pour le droit de dissolution de l'Assembl&#233;e nationale) d&#233;brancherait la possibilit&#233; du pr&#233;sident d'envahir les champs du gouvernement et de l'Assembl&#233;e. C'est la condition &#233;l&#233;mentaire pour que le gouvernement devienne pleinement responsable devant l'Assembl&#233;e nationale qui en serait la fabrique matricielle. Le contrat qui les lierait serait, le temps d'une l&#233;gislature celui d'un accord, fait d'in&#233;vitables compromis. Le Premier ministre n'est plus octroy&#233; par le pr&#233;sident, mais le r&#233;sultat des n&#233;gociations dans l'Assembl&#233;e. L'&#233;lection &#224; la proportionnelle de celle-ci prend alors tout son sens et devient productive. La maitrise du droit de dissolution par le Premier ministre devient un dispositif r&#233;gulateur des majorit&#233;s. A condition qu'on introduise par ailleurs des r&#232;gles de &#034;d&#233;fiance constructive&#034; obligeant une majorit&#233; &#224; lier sa censure au choix d'un nouveau chef du gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le syst&#232;me bien connu et convaincant en vigueur en Allemagne et, sous des formes approch&#233;es ailleurs, dans toute l'Union Europ&#233;enne. M&#234;me et y compris dans les 12 pays qui connaissent une dualit&#233; de leur ex&#233;cutif et une &#233;lection de leur pr&#233;sident au suffrage universel direct. Ce n'est donc pas l'aventure institutionnelle, ni le parangon de la d&#233;mocratie. C'est un am&#233;nagement a minima de la V&#176; R&#233;publique. Il n'est pas pour autant secondaire tant les occasions de coup de force, permises par ce r&#233;gime seront nombreuses s'il devait &#234;tre occup&#233; par le Rassemblement National et ses s&#233;ides. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) hormis peut-&#234;tre la retranscription d'un &#233;change entre quatre personnalit&#233;s et un chercheur (Philip Pettit) &#034;Le futur de la d&#233;mocratie&#034; publi&#233; le 24 d&#233;cembre 2025. La revue a &#233;t&#233; lanc&#233;e en mai 2019, adoss&#233;e au Groupe d' Etudes G&#233;opolitiques de l'Ecole Normale Sup&#233;rieure. Multilingue, elle est devenue une entreprise d'&#233;ditions, d'organisations de colloques et s&#233;minaires ainsi que d'&#233;v&#232;nements internationaux. Rare melting pot de professionnels tr&#232;s divers, bien au-del&#224; de l'enseignement et de la recherche, elle fait une large place aux id&#233;ologies &#224; la mode, baptis&#233;es &#034;pi&#232;ces de doctrine&#034;. Une critique en a &#233;t&#233; faite par Hugues Jallon. Le Grand Continent, ou la g&#233;opolitique mondaine des petits Machiavel de notre temps. (Le Club de Mediapart, 11 et 20 janvier 2026). Une autre critique radicale, celle de Sylvain Bourmeau, Les ing&#233;nieurs de la confusion. (AOC, 30 janvier 2026) a provoqu&#233; une r&#233;ponse des responsables de la revue.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) B. Morel et maitres de conf&#233;rences en droit public &#224; Paris II-Assas, auteur d'ouvrages sur le parlement, collaborateur &#224; une dizaine de revues acad&#233;miques. Son propos, nourri d'histoire politique, est souvent marqu&#233; par une ind&#233;termination chronique sur les perspectives qu'il ouvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Ainsi : G. Blanc. Pour une d&#233;mocratie vivante : r&#233;nover la proc&#233;dure budg&#233;taire (29 octobre 2025), pour l'essentiel 9 propositions reprenant les &#233;crits du Haut Conseil des Finances Publiques. Ou encore : S.P. Sengayrac, &#034;Budget 2026 : un autre chemin est possible&#034;. (1&#176; octobre 2025). Enfin : M. Revault d'Allones, A. Agrech. &#034;Gouverner sans passions : une illusion d&#233;mocratique&#034;. (28 janvier 2026). La note d'O. Rouquan, &#034;Clarifier les responsabilit&#233;s au sein de l'ex&#233;cutif...&#034; (23 f&#233;vrier 2026, d&#233;j&#224; mentionn&#233;e dans le billet pr&#233;c&#233;dent) fait donc exception.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) J. Talpin (dir.)&#034;Nouveau Peuple, nouvelle gauche&#034; (Ed. Amsterdam. septembre 2025). &#034;L'heure du Peuple a-t-elle sonn&#233; ?&#034; : &#233;mission du 16 d&#233;cembre 2025 sur You Tube (en &#233;cho au livre de J.L M&#233;lenchon Faites mieux ! La r&#233;volution citoyenne. (Robert Laffont. Septembre 2023). &#034;Vers la r&#233;volution citoyenne&#034; avec V. Tiberj (Juin 2025).&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Carolina Cera-Guzman. Un &#233;norme g&#226;chis.Les le&#231;ons du processus constituant au Chili (2019-2023). La Vie des Id&#233;es, 16 janvier 2024. Mathieu Dejean, Fabien Escalona, Assembl&#233;e constituante : les le&#231;ons de l'exp&#233;rience chilienne.Mediapart, 28 octobre 2022. Paul Alli&#232;s, Constituante : le&#231;ons chiliennes.Mediapart. Le Club.16 septembre 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) entre autres : Bastien Fran&#231;ois, Charlotte Girard, Marcel Morabito, Arnaud Le Pillouer, Alexandre Viala, respectivement professeurs aux Universit&#233;s de Paris I, Paris-Nanterre, Science Po Paris , Paris Universit&#233;, Montpellier. Seul dans le champ journalistique, Mediapart a rendu compte des travaux (Mathieu Dejean. La Sixi&#232;me R&#233;publique pour &#233;liminer les maux du pr&#233;sidentialisme. 14 novembre 2025)&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) ainsi celle rapport&#233;e par Garance Navarro Ug&#233; (Institut Universitaire Europ&#233;en de Florence) : Vers la VI&#232;me R&#233;publique ? Penser la Constitution avec Emmanuel Mounier et Georges Gurvitch. M&#233;diapart-Le Club. 30 d&#233;cembre 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) S&#233;bastien Allard.&#034;Rester David&#034;. in Jacques Louis David. Mus&#233;e du Louvre/Hazan. Catalogue exposition octobre 2025-janvier 2026. p. 202&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) Didier Demazi&#232;re, R&#233;mi Lefebvre (Dir.). Des &#233;lus d&#233;class&#233;s.Vies des id&#233;es/PUF. 2024&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) Renaud Baumert, professeur de droit public &#224; l'Universit&#233; de Lille II, auteur de travaux sur la justice constitutionnelle et le combat de juristes contre le fascisme sous la R&#233;publique de Weimar. Samuel Hayat, historien chercheur Cnrs-Cevipof, auteur de travaux de socio-histoire sur la II&#176; R&#233;publique et la d&#233;mocratie autoritaire. Laur&#233;line Fontaine, professeur-e- de droit public &#224; l'Universit&#233; de Paris 3, autrice de La constitution au XXI&#176; si&#232;cle. Histoire d'un f&#233;tiche social. Editions Amsterdam, 2025. 265p.&lt;br class='autobr' /&gt;
Annonce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Billet de blog 13 mars 2026&lt;br class='autobr' /&gt;
L'hiver de la Sixi&#232;me R&#233;publique (3-3) &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;gradation du parlementarisme et de ce qui en restait dans la V&#176; R&#233;publique fera date (I). Egalement l'incapacit&#233; de la gauche &#224; donner envie d'un autre r&#233;gime comme issue d&#233;mocratique &#224; cette crise (II). Au-del&#224;, le milieu de la recherche et des fondations politiques a-t-il fait avancer la r&#233;flexion en ce sens, le consensus sur la faillite du pr&#233;sidentialisme n'ayant jamais &#233;t&#233; aussi grand.&lt;br class='autobr' /&gt;
La sc&#232;ne des &#034;experts&#034; de la crise constitutionnelle s'est construite et anim&#233;e d&#232;s le lendemain de la dissolution du 9 juin 2024. L'incompr&#233;hension des raisons de celle-ci et l'incapacit&#233; de son auteur (pourtant chef de l'Etat) &#224; l'expliquer, ont fait que les m&#233;dias ont rapidement aspir&#233; les juristes, politologues et historiens pour rem&#233;dier &#224; ce vide de la pens&#233;e. Apr&#232;s l'ann&#233;e des m&#233;decins au temps de la Covid, de celle des militaires apr&#232;s l'invasion de l'Ukraine (de retour avec la guerre au Moyen-Orient), 2024 inaugura celle des constitutionnalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut donc un tourbillon de bricolages institutionnels, de conseils avis&#233;s, de prudents pronostics, s'&#233;cartant souvent des diagnostics purs et simples qu'appelait la question : celle d'un r&#233;gime produisant plus que jamais de la d&#233;fiance et de l'impuissance. Disons que l'analyse pouvait vite apparaitre ennuyeuse en ce domaine, surtout sur les plateaux de l'information continue o&#249; la photog&#233;nie des sp&#233;cialistes l'emportait souvent sur la qualit&#233; de leur propos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la masse d'informations ainsi diffus&#233;es a peut-&#234;tre confort&#233; la savoir pratique d'une masse de citoyens toujours prompts, en France &#224; s'int&#233;resser au d&#233;bat s'il est d&#233;clar&#233; constitutionnel. Pensons &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne que fut au printemps 2005 la formidable et surprenante implication des &#034;gens ordinaires&#034; dans la campagne du r&#233;f&#233;rendum sur le &#034;Trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe&#034;. 71% des interventions dans les m&#233;dias t&#233;l&#233;vis&#233;s avaient &#233;t&#233; accord&#233;s aux partisans du Oui entre le 1&#176; janvier et le 31 mars 2005. Mais ce sont pr&#233;s de 55% de Non qui l'ont emport&#233;, plus souvent inform&#233;s sur et par les m&#233;dias alternatifs, d&#233;j&#224; pr&#233;sents sur internet .Comme devait en conclure Val&#233;ry Giscard d'Estaing : &#034;Nous avons fait l'erreur d'appeler ce texte Constitution&#034;. Le taux de participation &#224; ce scrutin fut en effet de plus de 69%, soit un chiffre parmi les plus &#233;lev&#233;s dans les dix scrutins de ce type depuis 1958.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;serve d'id&#233;es acquises sur le tas par la soci&#233;t&#233; peut s'av&#233;rer &#234;tre une ressource cach&#233;e pour l'avenir d'un changement de r&#233;gime. Sa limite est dans la tra&#231;abilit&#233; de ces d&#233;bats m&#233;diatis&#233;s. Beaucoup ont pu &#234;tre d&#233;valoris&#233;s en c&#233;dant &#224; la demande du &#034;fast-commentaire&#034;. D'o&#249; l'importance de leur possible m&#233;morisation &#224; travers la consignation &#233;crite ou l'&#233;change argument&#233;. Un suivi attentif de l'agenda des colloques ou s&#233;minaires ne permet pas d'&#234;tre particuli&#232;rement optimiste. Ce qui rend plus que jamais n&#233;cessaire le d&#233;bat sur l'av&#232;nement d'un authentique parlementarisme en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
1 - Les Think tanks aussi sont dans le d&#233;troit d'Ormuz.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'espace des &#034;r&#233;servoirs d'id&#233;es&#034; a &#233;t&#233; faiblement investi par des analyses ou propositions sur la pr&#233;sente crise institutionnelle. Un suivi de leurs productions autoris&#233;es est significatif d'un conformisme assez g&#233;n&#233;ral des r&#233;flexions, quand ce n'est pas d'une ignorance de l'enjeu strat&#233;gique du sujet.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Embl&#232;me de cette tendance la revue Le Grand Continent dont l'ambition affich&#233;e &#224; sa cr&#233;ation (en Mai 2019) n'&#233;tait rien moins que de &#034;construire un d&#233;bat strat&#233;gique, politique et intellectuel &#224; l'&#233;chelle pertinente&#034;. A l'&#233;vidence, l'ambition quasi plan&#233;taire et son succ&#232;s confirm&#233;s depuis, n'ont pas hiss&#233; la crise fran&#231;aise dans aucun des sommaires de la revue (1). C'est l'id&#233;e qu'un d&#233;bat sur le r&#233;gime politique de la France contemporaine, soit n'a pas d'int&#233;r&#234;t en regard de &#034;l'interr&#232;gne&#034; o&#249; nous serions, soit n'a pas sacrifi&#233; aux pr&#233;-conditions d'une construction argumentative assez noble pour la revue devenant entreprise.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'autres organismes, aux ambitions plus modestes ont peu ou prou abord&#233; le sujet, sans jamais r&#233;ussir &#224; l'imposer comme l&#233;gitime. Certains avaient pourtant d&#233;fini les bases assez solides d'une grille de lecture des &#233;v&#232;nements. Ainsi l'Institut Rousseau soucieux de &#034;propositions innovantes pour r&#233;pondre aux grands d&#233;fis contemporains&#034; dans de multiples domaines, a publi&#233; un texte prometteur sign&#233; de Benjamin Morel, Une nouvelle r&#233;publique des citoyens. 50 propositions pour renouveler nos institutions&#034; (9 novembre 2020). Mais rien ou presque n'a suivi, sauf &#224; suivre les innombrables interventions de son auteur (2) sur tous les tr&#233;teaux possibles du commentaire constitutionnaliste. Son dernier ouvrage (Le nouveau r&#233;gime ou l'impossible parlementarisme. LGDJ. F&#233;vrier 2025) est un r&#233;cit des s&#233;quences des derniers mois. Il y d&#233;fend que la V&#176; R&#233;publique est un &#034;v&#233;ritable r&#233;gime parlementaire&#034; se rapprochant de la IV&#176;. Cela au prix d'arrangements et r&#233;interpr&#233;tations du texte en vigueur, susceptibles de soulever des restrictions d&#233;mocratiques in&#233;dites en cas de victoire de l'extr&#234;me-droite &#224; la pr&#233;sidentielle.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Finalement rares sont les organes qui posent la question frontalement d'une r&#233;forme possible ou n&#233;cessaire du r&#233;gime. Ainsi la Fondation Res Publica (cr&#233;e en 2005 par Jean Pierre Chev&#232;nement) organise un d&#233;bat le 15 octobre 2024 sur le th&#232;me : Comment les institutions de la V&#176; R&#233;publique peuvent-elles &#233;voluer ? Si le diagnostic va jusqu'&#224; parler de &#034;r&#233;gime pl&#233;biscitaire&#034;, d'une &#034;&#233;lection du pr&#233;sident de la R&#233;publique d&#233;voy&#233;e&#034;, d'&#034;irresponsabilit&#233; politique g&#233;n&#233;ralis&#233;e&#034;, le but final reste ob&#233;r&#233; par une &#034;nature de l'Union Europ&#233;enne trop institutionnelle&#034; qui formerait un blocage &#224; ce niveau supra-national. Affirmation quelque peu &#233;nigmatique. En m&#234;me temps, les conventions citoyennes sont d&#233;nonc&#233;es comme une diversion. Au final : &#034;ce qui affaiblit la d&#233;mocratie, ce ne sont pas les institutions de 1958, mais le non-respect de la volont&#233; du peuple&#034;. (J.Y. Autexier, vice-pr&#233;sident de la Fondation).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cette impuissance &#224; penser un au-del&#224; du syst&#232;me est chronique. Ainsi la Fondation Jean Jaur&#232;s, tr&#232;s productive dans beaucoup de domaines, n'a jamais fait sienne cette question. Si elle a publi&#233; des notes ou contributions d'interpr&#233;tation de la crise, c'est de mani&#232;re marginale ou technique (3).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Particulier, est le cas de l'Institut La Bo&#233;tie. C'est la &#034;Fondation Insoumise&#034;, qui se veut &#034;un lieu d'&#233;laboration intellectuelle de haut niveau et un outil d'&#233;ducation populaire&#034;. Cl&#233;mence Guett&#233; et Jean-Luc M&#233;lenchon la copr&#233;sident. Cr&#233;e en octobre 2019, force est de constater qu'elle a r&#233;alis&#233; ses principales ambitions. Son organisation en d&#233;partements, ses cours, ateliers, conf&#233;rences, toujours ouverts &#224; de vrais intellectuels ou chercheurs lui donnent une place sans &#233;quivalent, en particulier &#224; gauche, dans le domaine des Think tanks (avec une visibilit&#233; soutenue par ses publications et sa chaine You Tube). Probl&#232;me : ni parmi ses sept d&#233;partements, ni dans ses programmes ne figurent une mention ou d&#233;clinaison quelconque du th&#232;me de la d&#233;mocratie, institutions ou pas. Les approches sont autres, articul&#233;es sur la notion de Peuple (4). Les traces quelconque d'une 6&#176; R&#233;publique, de l'actualit&#233; de son projet, des modalit&#233;s d'un passage en temps r&#233;el, n'apparaissent pas. Sans doute par ce que J.L. M&#233;lenchon consid&#232;re que tout a &#233;t&#233; dit et consign&#233; dans la production sur ce sujet et depuis longtemps. Cette hypoth&#232;se est confort&#233;e par la publication le 10 f&#233;vrier dernier d'une brochure de 86 pages : &#034;Comment faire ?&#034; co-sign&#233;e par J.L. M&#233;lenchon, M. Bompard, C. Guett&#233;, M. Panot. C'est un texte qui m&#233;riterait un d&#233;bat &#224; gauche, tant il aborde des notions-clefs sur l'histoire du mouvement ouvrier, le changement social et le &#034;programme de transition&#034; (p. 47) qu'il appelle. Concernant notre propos on s'en tiendra au constat de la r&#233;&#233;criture d'un nouveau processus valant, &#224; l'&#233;vidence pour la prochaine pr&#233;sidentielle. Le &#034;programme 6&#176; R&#233;publique&#034; qui a pr&#233;valu au cours des trois &#233;lections derni&#232;res (2012, 2017, 2022) est effac&#233; au profit d'une strat&#233;gie intitul&#233; &#034;Mouvement de la r&#233;volution citoyenne&#034;, articulant les &#034;cahiers de dol&#233;ances&#034; (&#034;un &#233;tat du peuple lui-m&#234;me d&#233;clin&#233; en s&#233;quences temporelles&#034;), les &#034;assembl&#233;es citoyennes&#034; (type les rond-points des Gilets jaunes, &#034;acteur social du processus r&#233;volutionnaire qui se met en action par lui-m&#234;me (...) puis instaure de nouvelles institutions&#034; p. 63). La r&#233;volution citoyenne est &#034;un fait qui s'auto-r&#233;alise (...)et se conclue politiquement par la tenue d'une Assembl&#233;e Constituante reformulant l'ensemble des institutions du pays.(...) C'est un processus autonome et auto-institu&#233;, un ensemble d'&#233;v&#232;nements populaires&#034; (p. 64).&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste donc au terme de ce processus, une Assembl&#233;e constituante, seule institution permettant de rem&#233;morer l'architecture d'un &#233;ventuel passage &#224; une 6&#176; R&#233;publique. Pour administrer cette piqure de rappel, le groupe LFI &#224; l'Assembl&#233;e nationale a d&#233;pos&#233; le 29 janvier 2025, une proposition de r&#233;solution sur &#034;la n&#233;cessit&#233; de convoquer une Assembl&#233;e constituante pour r&#233;diger une Constitution de la Sixi&#232;me R&#233;publique&#034;. Ce qui a conduit le groupe &#224; inscrire le 27 mars 2025 une p&#233;tition sur le site de l'Assembl&#233;e. Elle doit atteindre 100.000 signatures d'ici le 10 juin 2019, pour pouvoir &#233;ventuellement faire l'objet d'un d&#233;bat public &#224; l'Assembl&#233;e. A ce jour elle a recueilli 23.190 signatures. Pour m&#233;moire, ce sont 370.000 adh&#233;rents que revendique la formation. Ce qui signifie que ce sont seulement 6% d'entre eux qui ont sign&#233; la p&#233;tition un an apr&#232;s son lancement. Cela en dit long sur le caract&#232;re purement bureaucratique et conservatoire de l'op&#233;ration priv&#233;e du moindre souci d'entretenir le moindre d&#233;bat dans l'opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet objectif n'est manifestement plus le souci de la France Insoumise. Comment expliquer qu'aucune exp&#233;rience ne soit venue enrichir l'id&#233;e m&#234;me d'une Constituante, en grandeur et en temps r&#233;els ? Par exemple celle du Chili &#224; partir de 2019, pourtant tr&#232;s proche du programme de LFI. L'&#233;chec de la Constituante en septembre 2022, est consid&#233;r&#233; (5) comme &#224; l'origine de la victoire du candidat d'extr&#234;me-droite &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle en d&#233;cembre 2025. Elle est riche d'enseignements pour un &#233;ventuel sc&#233;nario fran&#231;ais.Mais pas pour la France Insoumise.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233; ces pr&#233;occupations sont devenues secondaires par rapport &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle elle-m&#234;me, seule &#233;ch&#233;ance et configuration d'un changement d&#233;mocratique quelconque. Sans doute le candidat J.L. M&#233;lenchon &#233;voquera-t-il au cours de sa campagne la 6&#176; R&#233;publique telle qu'expos&#233;e dans le N&#176;1 des Cahiers de l'Avenir en Commun, D&#233;mocratie et Libert&#233;s. Vite, la 6&#176; R&#233;publique ! (Le Seuil. Janvier 2021). Mais n'avait-il pas sem&#233; le doute un an plus tard au sortir d'un &#034;Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro&#034; (9 janvier 2022) en pr&#233;cisant que &#034; le projet de Constitution propos&#233; par l'Assembl&#233;e constituante sera soumis &#224; r&#233;f&#233;rendum apr&#232;s deux ans de travaux.(...) Pendant le travail de la Constituante et avant de passer &#224; la 6&#176; R&#233;publique, je serai un Pr&#233;sident de plein exercice. J'aurai en charge le temps long, dans un esprit plut&#244;t proche de ce qu'avait imagin&#233; le G&#233;n&#233;ral De Gaulle&#034;. Ce calendrier et cette vision sont une forme d'enterrement d'un changement de r&#233;gime et de pratique. Nous venons donc de vivre la saison Un d'une s&#233;rie qui a inaugur&#233; un possible long hiver de la 6&#176; R&#233;publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 - Les colloques dans le d&#233;sert&lt;br class='autobr' /&gt;
Le silence des fondations incite &#224; se tourner vers les dernier refuge de l'ind&#233;pendance de penser, celui de la recherche et des universit&#233;s. En d&#233;pit ou en raison des menaces qui p&#232;sent sur ce &#034;tout petit monde&#034; (cf. David Lodge), les distances abyssales que le personnel politique a prises avec lui, laissaient augurer une imagination fertile, bien venue pour analyser la crise. Peut-&#234;tre &#224; cause de leurs budgets de mis&#232;re, rares ont &#233;t&#233; les initiatives acad&#233;miques en ce sens et incertaines sont rest&#233;es le plus souvent leurs conclusions.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le colloque &#034;Droit et contestation du chef de l'Etat : vers une Sixi&#232;me R&#233;publique ?&#034; organis&#233; par une unit&#233; mixte de recherche (CNRS et Universit&#233;) d'Aix-Marseille, les 12 et 13 novembre 2025, se d&#233;tachait de la grisaille ambiante. Il reposait, selon un de ses organisateurs Alexis Blou&#235;t, sur le constat que le seul mot de Sixi&#232;me r&#233;publique pouvait constituer un tabou m&#234;me et surtout chez les constitutionnalistes. Si c'est ce domaine du droit qui &#233;tait l'optique principale choisie, elle n'&#233;cartait pas le comparatisme. Et de bonnes questions &#233;taient pos&#233;es (Une VI&#176; R&#233;publique, le rem&#232;de aux maux du pr&#233;sidentialisme ?, De la V&#176; &#224; une VI&#176; R&#233;publique, une disparition du pr&#233;sidentialisme ?). Comme on le sait, bien poser une question peut engager la qualit&#233; de la r&#233;ponse. Pour ce faire avaient &#233;t&#233; invit&#233;s de &#034;bons auteurs&#034; (6). Il fut donc d&#233;battu du risque que la future Constitution de la VI&#176; R&#233;publique installe un pr&#233;sident aussi puissant sinon plus que celui de la V&#176;. L'agenda du changement constituant pourrait tr&#232;s bien voir le dernier pr&#233;sident rester assez longtemps en place pour que soient reproduits les moeurs du pr&#233;sidentialisme (le syndrome M&#233;lenchon est bien l&#224;). Mais la pente naturelle &#233;tait de s'interroger sur la personnalisation du pouvoir en g&#233;n&#233;ral, vieux sujet que pouvaient relancer des r&#233;ponses oblit&#233;r&#233;es quoi que fertiles (7). Pour autant, les raisons de ce syndrome seraient, moins dans la Constitution que dans une culture pr&#233;sidentialiste. Bastien Fran&#231;ois, un des contempteurs les plus confirm&#233;s de la V&#176; R&#233;publique, n'h&#233;sitait pas &#224; affirmer un provoquant : &#034;Nous sommes tous pr&#233;sidentialistes !&#034;. L'habitus bonapartiste des Fran&#231;ais aurait eu raison en quelque sorte de leur attachement au changement constitutionnel. On pensait alors &#224; David, rest&#233; fid&#232;le &#224; certains id&#233;aux de la R&#233;volution, apprenant au petit matin, le coup d'Etat du 18 Brumaire :&#034;J'avais toujours pens&#233; que nous n'&#233;tions pas assez vertueux pour &#234;tre r&#233;publicains&#034;. Des regrets d'une &#233;poque pleine de l'utopie de lendemains qui auraient pu chanter, mais qui n'auront pas vu le jour (8).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une journ&#233;e d'&#233;tudes sur &#034;Crise des institutions : crise de r&#233;gime ?&#034; a &#233;t&#233; organis&#233;e par le Cevipof au S&#233;nat le 16 f&#233;vrier 2026. Rassurons-nous : pas de suspense quant &#224; la crise de r&#233;gime, sinon une inqui&#233;tude sur son possible av&#232;nement qu'il conviendrait d'emp&#234;cher. Le plateau pouvait-il laisser esp&#233;rer une vraie interrogation en ce sens ? Une vingtaine d'intervenants m&#234;lant politiques, politologues et quelques politistes (on est &#224; Paris et &#224; Science Po) : de Gabriel Attal &#224; Henri Guaino, de J&#233;r&#244;me Jaffr&#233; &#224; Alain Minc, Bruno Cautr&#232;s, R&#233;mi Lefebvre et Bastien Fran&#231;ois. C'est l'historien des assembl&#233;es, Jean Garrigues qui ouvrit la journ&#233;e en reprenant son obsession sur le manque de culture du compromis et en recherchant ses traces dans l'histoire des R&#233;publiques fran&#231;aises. Conclusion : &#034;il semble qu'une majorit&#233; de fran&#231;ais souhaitent une 6&#176; R&#233;publique mais il faut nuancer : ils restent attach&#233;s &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&#034;. Comme si celle-ci &#233;tait contradictoire avec un r&#233;gime parlementaire comme le d&#233;montrent au contraire une douzaine de pays en Europe. En r&#233;alit&#233;, il avait d&#233;j&#224; donn&#233; sa conclusion le 15 d&#233;cembre 2025 sur France 5 : &#034;J'attends et esp&#232;re un rebond pour la V&#176; R&#233;publique&#034; pour peu que soit repens&#233;e la fonction pr&#233;sidentielle. Beaucoup de communications tourn&#232;rent autour de cette id&#233;e, bien exprim&#233;e par Nicolas Roussellier :&#034;Le mauvais fonctionnement des institutions pourrait d&#233;boucher sur une crise de r&#233;gime&#034;. Surtout que la prochaine &#233;tape de la crise pourrait &#234;tre la perte de contr&#244;le des partis sur leurs &#233;lus parmi lesquels se recrutent de plus en plus de &#034;frondeurs&#034;. Il y a donc urgence de repenser le parlementarisme. Et &#034;la crise peut &#234;tre une mani&#232;re de sortir de la routine&#034; comme l'enseigne l'histoire du gaullisme, selon un de ses bons historiens Pierre Manenti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, que faire et comment ? D'abord chasser la Constitution de nos t&#234;tes. Bastien Fran&#231;ois relance son propos du colloque d'Aix en Provence. Il y aurait selon lui, deux constitutions:celle de 1958 et une autre qui serait purement mentale.Celle-ci aurait un degr&#233; de r&#233;alit&#233; bien sup&#233;rieur &#224; la premi&#232;re, dop&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; par une pratique constante du pr&#233;sidentialisme. Et ce travers est le fruit de l'id&#233;e selon laquelle le pr&#233;sident de la R&#233;publique doit gouverner quelle que soit la configuration de l'Assembl&#233;e nationale. La crise actuelle r&#233;v&#232;le cette contradiction majeure. Une solution imm&#233;diate serait le changement de mode de scrutin : l'adoption de la proportionnelle conduirait &#224; ce que l'ex&#233;cutif soit le produit d'une n&#233;gociation parlementaire. Elle d&#233;placerait le centre de gravit&#233; vers un gouvernement stable. Et l'on reviendrait alors au compromis de 1958 fond&#233; sur le maintien d'un noyau parlementaire dans le syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#231;&#224; pour &#231;&#224; ? Tout en &#233;tant chaud partisan de la proportionnelle, on ne peut que douter de son efficacit&#233; &#224; produire un tel r&#233;sultat qui puisse enrayer le tropisme de la surpuissance pr&#233;sidentielle. Lequel sera rest&#233; log&#233; au coeur des candidats de gauche &#224; la fonction, de F. Mitterrand &#224; J.L. M&#233;lenchon. Et les profondes transformations du &#034;m&#233;tier d'&#233;lu&#034; sont de nature &#224; relativiser les disciplines partisanes encourag&#233;es par la proportionnelle (9). Remettre en chantier la Constitution reste donc une n&#233;cessit&#233; mais encore faut-il en d&#233;finir la voie. C'est une n&#233;cessit&#233; devenue probl&#233;matique, surtout depuis que les candidats de gauche &#224; la pr&#233;sidentielle ont privil&#233;gi&#233; le &#034;faire pr&#233;sident&#034; plut&#244;t que faire de leur &#233;lection le d&#233;but du chemin vers une 6&#176; R&#233;publique.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une Constituante serait-elle la solution ? Question pos&#233;e par le s&#233;minaire &#034;Politique des sciences&#034; lors de sa s&#233;ance du 18 f&#233;vrier 2026 &#224; l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il y s'agissait de r&#233;fl&#233;chir &#224; la reconfiguration du lien politique en France, dans le contexte d'''hyper-pr&#233;sidentialisation de la V&#176; R&#233;publique et du d&#233;ficit des m&#233;diations collectives dans la fabrique des lois&#034;. Un retour vers &#034;le moment constituant&#034;susceptible d'installer des contre-pouvoirs robustes serait-il de nature &#224; le permettre ? Au d&#233;fi d'un renouveau d&#233;mocratique, ne faut-il pas douter du constitutionnalisme lui-m&#234;me ? Les juristes sollicit&#233;s (10) encouragent plut&#244;t ce doute m&#234;me s'ils consid&#232;rent qu'une r&#233;appropriation populaire et sociale de la Constitution est essentielle. Le danger serait de tenir sur une Constituante un &#034;discours magique&#034; laissant penser que celle-ci pourrait r&#233;gler les probl&#232;mes politiques si ce n'est sociaux (voir encore une fois le cas du Chili) . Devenir par ce biais plus libres, plus &#233;gaux, plus heureux serait une dangereuse illusion. Dans le contexte actuel on pourrait m&#234;me craindre qu'une Constituante accouche d'un texte qui augmente le pouvoir sur les citoyens plus qu'il ne le limite.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette mise en question du &#034;f&#233;tichisme constitutionnel&#034; participe du combat que m&#232;ne l'organisme responsable du s&#233;minaire : Rogue.ESR un collectif de chercheurs et universitaires cr&#233;e en Mai 2017 contre les r&#233;formes de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, et pour la d&#233;fense pied &#224; pied de la libert&#233; acad&#233;mique. Son domaine est celui de l'ensemble du champ des sciences sociales. Il d&#233;nonce les dangers que feraient courir &#224; la dite libert&#233;, sa constitutionnalisation en particulier en cas d'arriv&#233;e au pouvoir de l'extr&#234;me-droite.&lt;br class='autobr' /&gt; o&lt;br class='autobr' /&gt; o o&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble du panorama pr&#233;sent&#233; ne porte pas &#224; l'optimisme quant aux perspectives de d&#233;mocratisation du syst&#232;me &#224; un moment o&#249; l'hypoth&#232;se d'un acc&#232;s de l'extr&#234;me-droite au pouvoir pr&#233;sidentiel de la V&#176; r&#233;publique n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait attendre que l'exp&#233;rience grandeur r&#233;elle de la crise (du r&#233;gime ou du syst&#232;me) conduise &#224; des propositions qui ne soient pas marqu&#233;es par un affolement de circonstance (telle la suppression de l'article 11 comme voie de r&#233;vision r&#233;f&#233;rendaire). De ce point de vue il est fascinant de voir comment le terme m&#234;me de &#034;r&#233;gime primo-minist&#233;riel &#034; n'est jamais prononc&#233;. C'est pourtant la voie la plus facile, la plus simple et la plus coh&#233;rente pour en finir avec le cancer du pr&#233;sidentialisme. La modification des deux articles 8 (le pouvoir du pr&#233;sident de la R&#233;publique de nomination discr&#233;tionnaire du premier ministre) et 12 (la m&#234;me chose pour le droit de dissolution de l'Assembl&#233;e nationale) d&#233;brancherait la possibilit&#233; du pr&#233;sident d'envahir les champs du gouvernement et de l'Assembl&#233;e. C'est la condition &#233;l&#233;mentaire pour que le gouvernement devienne pleinement responsable devant l'Assembl&#233;e nationale qui en serait la fabrique matricielle.Le contrat qui les lierait serait, le temps d'une l&#233;gislature celui d'un accord, fait d'in&#233;vitables compromis. Le Premier ministre n'est plus octroy&#233; par le pr&#233;sident, mais le r&#233;sultat des n&#233;gociations dans l'Assembl&#233;e. L'&#233;lection &#224; la proportionnelle de celle-ci prend alors tout son sens et devient productive. La maitrise du droit de dissolution par le Premier ministre devient un dispositif r&#233;gulateur des majorit&#233;s. A condition qu'on introduise par ailleurs des r&#232;gles de &#034;d&#233;fiance constructive&#034; obligeant une majorit&#233; &#224; lier sa censure au choix d'un nouveau chef du gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le syst&#232;me bien connu et convaincant en vigueur en Allemagne et, sous des formes approch&#233;es ailleurs, dans toute l'Union Europ&#233;enne.M&#234;me et y compris dans les 12 pays qui connaissent une dualit&#233; de leur ex&#233;cutif et une &#233;lection de leur pr&#233;sident au suffrage universel direct. Ce n'est donc pas l'aventure institutionnelle, ni le parangon de la d&#233;mocratie. C'est un am&#233;nagement a minima de la V&#176; R&#233;publique. Il n'est pas pour autant secondaire tant les occasions de coup de force, permises par ce r&#233;gime seront nombreuses s'il devait &#234;tre occup&#233; par le Rassemblement National et ses s&#233;ides.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
(1) hormis peut-&#234;tre la retranscription d'un &#233;change entre quatre personnalit&#233;s et un chercheur (Philip Pettit) &#034;Le futur de la d&#233;mocratie&#034; publi&#233; le 24 d&#233;cembre 2025. La revue a &#233;t&#233; lanc&#233;e en mai 2019, adoss&#233;e au Groupe d' Etudes G&#233;opolitiques de l'Ecole Normale Sup&#233;rieure. Multilingue, elle est devenue une entreprise d'&#233;ditions, d'organisations de colloques et s&#233;minaires ainsi que d'&#233;v&#232;nements internationaux. Rare melting pot de professionnels tr&#232;s divers, bien au-del&#224; de l'enseignement et de la recherche, elle fait une large place aux id&#233;ologies &#224; la mode, baptis&#233;es &#034;pi&#232;ces de doctrine&#034;. Une critique en a &#233;t&#233; faite par Hugues Jallon. Le Grand Continent, ou la g&#233;opolitique mondaine des petits Machiavel de notre temps. (Le Club de Mediapart, 11 et 20 janvier 2026). Une autre critique radicale, celle de Sylvain Bourmeau, Les ing&#233;nieurs de la confusion. (AOC, 30 janvier 2026) a provoqu&#233; une r&#233;ponse des responsables de la revue.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) B. Morel et maitres de conf&#233;rences en droit public &#224; Paris II-Assas, auteur d'ouvrages sur le parlement, collaborateur &#224; une dizaine de revues acad&#233;miques. Son propos, nourri d'histoire politique, est souvent marqu&#233; par une ind&#233;termination chronique sur les perspectives qu'il ouvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Ainsi : G. Blanc. Pour une d&#233;mocratie vivante : r&#233;nover la proc&#233;dure budg&#233;taire (29 octobre 2025), pour l'essentiel 9 propositions reprenant les &#233;crits du Haut Conseil des Finances Publiques. Ou encore : S.P. Sengayrac, &#034;Budget 2026 : un autre chemin est possible&#034;. (1&#176; octobre 2025). Enfin : M. Revault d'Allones, A. Agrech. &#034;Gouverner sans passions : une illusion d&#233;mocratique&#034;. (28 janvier 2026). La note d'O. Rouquan, &#034;Clarifier les responsabilit&#233;s au sein de l'ex&#233;cutif...&#034; (23 f&#233;vrier 2026, d&#233;j&#224; mentionn&#233;e dans le billet pr&#233;c&#233;dent) fait donc exception.&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) J. Talpin (dir.)&#034;Nouveau Peuple, nouvelle gauche&#034; (Ed. Amsterdam. septembre 2025). &#034;L'heure du Peuple a-t-elle sonn&#233; ?&#034; : &#233;mission du 16 d&#233;cembre 2025 sur You Tube (en &#233;cho au livre de J.L M&#233;lenchon Faites mieux ! La r&#233;volution citoyenne. (Robert Laffont. Septembre 2023). &#034;Vers la r&#233;volution citoyenne&#034; avec V. Tiberj (Juin 2025).&lt;br class='autobr' /&gt;
(5) Carolina Cera-Guzman. Un &#233;norme g&#226;chis.Les le&#231;ons du processus constituant au Chili (2019-2023). La Vie des Id&#233;es, 16 janvier 2024. Mathieu Dejean, Fabien Escalona, Assembl&#233;e constituante : les le&#231;ons de l'exp&#233;rience chilienne.Mediapart, 28 octobre 2022. Paul Alli&#232;s, Constituante : le&#231;ons chiliennes.Mediapart. Le Club.16 septembre 2022.&lt;br class='autobr' /&gt;
(6) entre autres : Bastien Fran&#231;ois, Charlotte Girard, Marcel Morabito, Arnaud Le Pillouer, Alexandre Viala, respectivement professeurs aux Universit&#233;s de Paris I, Paris-Nanterre, Science Po Paris , Paris Universit&#233;, Montpellier. Seul dans le champ journalistique, Mediapart a rendu compte des travaux (Mathieu Dejean. La Sixi&#232;me R&#233;publique pour &#233;liminer les maux du pr&#233;sidentialisme. 14 novembre 2025)&lt;br class='autobr' /&gt;
(7) ainsi celle rapport&#233;e par Garance Navarro Ug&#233; (Institut Universitaire Europ&#233;en de Florence) : Vers la VI&#232;me R&#233;publique ? Penser la Constitution avec Emmanuel Mounier et Georges Gurvitch. M&#233;diapart-Le Club. 30 d&#233;cembre 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
(8) S&#233;bastien Allard.&#034;Rester David&#034;. in Jacques Louis David. Mus&#233;e du Louvre/Hazan. Catalogue exposition octobre 2025-janvier 2026. p. 202&lt;br class='autobr' /&gt;
(9) Didier Demazi&#232;re, R&#233;mi Lefebvre (Dir.). Des &#233;lus d&#233;class&#233;s.Vies des id&#233;es/PUF. 2024&lt;br class='autobr' /&gt;
(10) Renaud Baumert, professeur de droit public &#224; l'Universit&#233; de Lille II, auteur de travaux sur la justice constitutionnelle et le combat de juristes contre le fascisme sous la R&#233;publique de Weimar. Samuel Hayat, historien chercheur Cnrs-Cevipof, auteur de travaux de socio-histoire sur la II&#176; R&#233;publique et la d&#233;mocratie autoritaire. Laur&#233;line Fontaine, professeur-e- de droit public &#224; l'Universit&#233; de Paris 3, autrice de La constitution au XXI&#176; si&#232;cle. Histoire d'un f&#233;tiche social. Editions Amsterdam, 2025. 265p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Alli&#232;s, les 13 f&#233;vrier, 26 f&#233;vrier et 13 mars 2026&lt;br class='autobr' /&gt;
Blog Mediapart Une autre R&#233;publique est possible&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Crise de r&#233;gime : la gauche dans l'impasse, par Paul Alli&#232;s</title>
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		<dc:date>2025-10-08T17:37:38Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard VIVIEN, Paul Allies</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous publions ici avec son accord ce billet publi&#233; par Paul Alli&#232;s le 5 octobre 2025 sur son blog Mediapart &#034;Une autre R&#233;publique est possible&#034;. Alors que la crise de r&#233;gime est l&#224;, les acteurs politiques de cette crise, les &#034;experts&#034; en institutions et les commentateurs ferment les yeux quand certains ne sont pas dans le d&#233;ni. Pourtant, comme le souligne Paul Alli&#232;s, il suffirait de presque rien pour amorcer une modernisation de notre fonctionnement institutionnef . Ce ne serait pas la 6&#176; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741-6-c1099.jpg?1759945114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici avec son accord ce billet publi&#233; par Paul Alli&#232;s le 5 octobre 2025 sur son blog Mediapart &#034;Une autre R&#233;publique est possible&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que la crise de r&#233;gime est l&#224;, les acteurs politiques de cette crise, les &#034;experts&#034; en institutions et les commentateurs ferment les yeux quand certains ne sont pas dans le d&#233;ni.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, comme le souligne Paul Alli&#232;s, il suffirait de presque rien pour amorcer une modernisation de notre fonctionnement institutionnef . Ce ne serait pas la 6&#176; R&#233;publique, mais, comme le dit en conclusion Paul Alli&#232;s, &#034;serait-ce trop attendre de la gauche qu'elle sorte de son impasse morcel&#233;e et mortif&#232;re, pour donner quelques espoirs &#224; ses &#233;lecteurs au moins ?&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Vivien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pays n'en finit plus de sombrer dans une vraie crise de r&#233;gime. Les institutions de la V&#176; R&#233;publique ne peuvent plus la contenir. Ce devrait &#234;tre l'occasion de leur d&#233;mocratisation. Or la gauche, qui pourrait facilement s'accorder sur ce sujet, s'est enferm&#233;e dans une impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
De d&#233;bat sur la crise de r&#233;gime, il n'y en a pas vraiment. La majorit&#233; des constitutionnalistes de m&#233;dias reste sur son Aventin. Les prestations des &#171; journalistes politiques &#187; sont parfois l'occasion de spectacles drolatiques (Ainsi ce lundi 6 octobre celles simultan&#233;es de Patrice Duhamel sur &#171; C &#224; vous &#187;, et de son fr&#232;re Alain sur &#171; Quotidien &#187; : pour le premier &#171; il y a peut-&#234;tre une crise de r&#233;gime mais il n'y a pas de d&#233;finition dans le Larousse &#187; ; et pour le second, &#171; on n'en est pas loin. Le syst&#232;me s'&#233;puise, part dans tous les sens &#187;. Aussit&#244;t corrig&#233; par J.M. Aphatie : &#171; mais le syst&#232;me est bon &#187;. Ah, mais&#8230;). L'horizon reste fig&#233; &#224; la ligne bleue de la Constitution de 1958.&lt;br class='autobr' /&gt;
On n'a cess&#233; ici de documenter la dite crise, d&#232;s le 19 juin 2024 et au cours de onze billets de ce blog. L'un d'entre eux, le 10 juillet &#233;tait consacr&#233; &#224; &#171; La gauche et la crise de r&#233;gime &#187;. Il n'y a h&#233;las rien &#224; y changer, sauf que les craintes d'enlisement de ce qui &#233;tait encore le Nouveau Front Populaire, se sont confirm&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune des propositions qui formaient timidement alors le programme de la gauche rassembl&#233;e, n'a &#233;t&#233; reprise au cours de ces dix-huit derniers mois. Force est donc de s'en tenir aux deux sujets qui ont occup&#233; le champ des revendications constitutionnelles des deux formations qui les ont port&#233;es jusqu'&#224; la d&#233;mission pr&#233;coce de Gabriel Lecornu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y en a deux : la suspension de l'article 49-3 par le Parti socialiste et la destitution du pr&#233;sident de la R&#233;publique par la France insoumise.&lt;br class='autobr' /&gt;
La suspension du 49-3 visait l'usage (23 fois) de cet article par le gouvernements Borne qui a donn&#233; une nouvelle dimension &#224; cette disposition : elle servait jusque l&#224; &#224; contraindre une majorit&#233; probl&#233;matique (telle celle du gouvernement Rocard en1988-91) &#224; confirmer son soutien fut-ce passif, au gouvernement. D&#233;sormais le 49-3 est devenu l'arme ordinaire d'un Ex&#233;cutif minoritaire contre les oppositions parlementaires, incit&#233;es &#224; multiplier les amendements ou les motions de censure. La disparition du &#171; fait majoritaire &#187; en a fait l'embl&#232;me d'un &#171; pr&#233;sidentialisme minoritaire &#187;. D'o&#249; son impopularit&#233; massive dans l'opinion, surtout apr&#232;s son application extensive &#224; des textes budg&#233;taires de tous ordres, relativisant sa d&#233;finition restrictive par la r&#233;vision de 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PS avait donc quelques raisons d'en demander la mise &#224; l'&#233;cart. A condition d'en pr&#233;ciser les conditions de sa r&#233;forme dans la panoplie des mesures servant &#224; &#171; caporaliser le parlement &#187; (Boris Vallaud). S&#233;bastien Lecornu, en solennisant le 3 octobre l'annonce sur le perron de Matignon, de son &#171; renoncement (&#8230;) pour ne pas passer en force &#187;, au moins pour l'adoption du budget a d'&#233;vidence, pris de court les socialistes. Lesquels sont pass&#233;s &#224; autre chose comme condition &#224; leur non censure du nouveau gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or c'&#233;tait l'occasion de mettre le pied dans la porte d'une reconsid&#233;ration du &#171; parlementarisme rationalis&#233; &#187;. Dans ce cadre , comme c'est le cas &#224; peu pr&#232;s partout en Europe, les proc&#233;dures d'organisation du travail des Assembl&#233;es ont connu, durant la derni&#232;re d&#233;cennie une &#171; modernisation &#187; : elles sont pass&#233;es des mains du gouvernement &#224; ceux des assembl&#233;es. Ce sont les pr&#233;sidents de celles-ci, la conf&#233;rence des pr&#233;sidents, de groupes, de commissions qui jouent le r&#244;le de contr&#244;leurs des pouvoirs parlementaires et de leur mise en oeuvre. Le choix n'&#233;tait donc pas tant la suppression pure et simple du 49-3, que son r&#233;agencement dans la perspective d'une majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale. La gauche n'a visiblement pas r&#233;fl&#233;chi &#224; ce que seraient les modalit&#233;s de son exercice du pouvoir parlementaire si elle devait l'exercer un jour. Dommage.&lt;br class='autobr' /&gt;
La destitution du pr&#233;sident de la R&#233;publique est r&#233;clam&#233;e &#224; toute occasion par la France Insoumise. La r&#233;vision de 2008 a mis fin &#224; la r&#233;daction de 1958 qui pr&#233;voyait une mise en accusation du chef de l'Etat pour &#171; Haute trahison &#187;, une incrimination mal d&#233;finie et d&#233;pass&#233;e. La nouvelle formulation (des articles 67 et 68) vise un &#171; manquement &#224; ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat. La destitution est prononc&#233;e parle Parlement constitu&#233; en Haute Cour &#187;. Cela peut donc concerner une violation flagrante de la Constitution, Mais il faut que deux tiers des assembl&#233;es r&#233;unies en Haute Cour s'entendent sur l'impossibilit&#233; pour le pr&#233;sident de pers&#233;v&#233;rer dans ses fonctions. Cela suppose de r&#233;unir des majorit&#233;s sp&#233;cifiques, pr&#233;alables &#224; la d&#233;cision de r&#233;unir la Haute Cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autant dire que la sollicitation de ces textes par J.L. M&#233;lenchon est un d&#233;tournement de leur objet, une d&#233;marche vou&#233;e &#224; l'&#233;chec (un de plus), bref une op&#233;ration de communication sans lendemain. Sinon une mani&#232;re de revendiquer une &#233;lection pr&#233;sidentielle ici et maintenant, v&#233;ritable obsession du candidat toujours pr&#234;t &#224; partir en campagne sur le mode &#171; moi ou les fachos &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On en est l&#224;. . Une autre voie &#233;tait possible, susceptible de rassurer, si ce n'est mobiliser les citoyens. Et aussi de mettre en chantier la d&#233;mocratisation des institutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ne pas revendiquer le gouvernement pour qu'il &#171; propose au pr&#233;sident de la R&#233;publique &#187; d'utiliser, &#224; cette condition, un des pouvoirs propres qu'il d&#233;tient, celui de recourir &#224; un r&#233;f&#233;rendum pr&#233;vu &#224; l'article 11 de la Constitution ? L'invocation de cet article par M. Le Pen en 2022 pour gouverner de mani&#232;re inconstitutionnelle n'a pas suffit pour en disqualifier l'usage r&#233;formateur, tel que celui qu'en fit le g&#233;n&#233;ral De Gaulle en 1962. Une brochette imposante de constitutionnalistes (et la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique), ont depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;fendu un tel processus, augment&#233; de ressources d&#233;mocratiques mobilisant la souverainet&#233; populaire constituante. Sans &#234;tre un &#171; grand soir &#187; de la V&#176; R&#233;publique, il pourrait porter sur un simple changement des articles 8 (le pr&#233;sident de la R&#233;publique nomme &#8211;et donc r&#233;voque quand et comme bon lui semble- le Premier ministre) et 12 (il prononce seul la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale). C'est le Premier ministre qui deviendra le titulaire de ces droits qui d&#233;finissent un rapport &#233;quilibr&#233; entre le Parlement et l'Ex&#233;cutif comme partout ailleurs dans l'Union Europ&#233;enne. Ce ne serait sans doute pas l'av&#232;nement d'une 6&#176; R&#233;publique, passablement oubli&#233;e d'ailleurs dans le discours des gauches (m&#234;me radicales). actualisant les aspirations d&#233;mocratiques d'une soci&#233;t&#233; et de nouvelles g&#233;n&#233;rations. Mais ce serait une vraie transition vers un nouvel &#233;quilibre des pouvoirs, avec un parlement retrouvant enfin tous ses droits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Serait-ce trop attendre de la gauche qu'elle sorte de son impasse morcel&#233; et mortif&#232;re, pour donner quelques espoirs &#224; ses &#233;lecteurs au moins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Alli&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 octobre 2025&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Communiqu&#233; de la C6R en hommage &#224; Georges MArtel</title>
		<link>https://www.c6r.org/communique-de-la-c6r-en-hommage-a-georges-martel</link>
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		<dc:date>2025-09-17T05:42:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Notre camarade et ami Georges Martel nous a quitt&#233; le 27 ao&#251;t dernier. Par la voix de son Pr&#233;sident, Paul Alli&#232;s, la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (C6R) rend hommage &#224; Georges Martel, un fid&#232;le parmi les fid&#232;les de la C6R dont il fut secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral jusqu'&#224; ce que la maladie le contraigne &#224; renoncer &#224; cette fonction l'ann&#233;e derni&#232;re. Le conseil d'administration se joint &#224; Paul Alli&#232;s pour saluer la m&#233;moire de son ami Georges. Bernard Vivien &lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Martel est d&#233;c&#233;d&#233; le mardi 27 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741-5-8e444.jpg?1758087745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre camarade et ami Georges Martel nous a quitt&#233; le 27 ao&#251;t dernier. Par la voix de son Pr&#233;sident, Paul Alli&#232;s, la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (C6R) rend hommage &#224; Georges Martel, un fid&#232;le parmi les fid&#232;les de la C6R dont il fut secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral jusqu'&#224; ce que la maladie le contraigne &#224; renoncer &#224; cette fonction l'ann&#233;e derni&#232;re. Le conseil d'administration se joint &#224; Paul Alli&#232;s pour saluer la m&#233;moire de son ami Georges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Vivien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Georges Martel est d&#233;c&#233;d&#233; le mardi 27 ao&#251;t, &#224; l'&#226;ge de 80 ans. Il &#233;tait un des fondateurs de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (C6r) en d&#233;cembre 2001. Il en &#233;tait rest&#233; un pilier ind&#233;fectible : membre du Conseil d'administration depuis les origines, il en &#233;tait aussi le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, fonction dont il a demand&#233; &#224; &#234;tre d&#233;charg&#233; en juin 2024 quand ses ennuis de sant&#233; sont devenus trop lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un militant inlassable de l'union de la gauche et du renouveau du Parti socialiste. A l'issue de Mai 1968, il avait adh&#233;r&#233; &#224; la SFIO et, avec Jean Poperen &#339;uvr&#233; &#224; la refondation d'Epinay en 1971. Il fut &#224; plusieurs reprises membre du Conseil national du nouveau parti et vice-pr&#233;sident de l'importante Commission des conflits. Tr&#232;s attentif au respect de la d&#233;mocratie interne et de ses r&#232;gles, il travailla ainsi &#224; la production d'un corpus de r&#232;gles (telle la convention collective des permanents du parti) susceptibles de discipliner des pratiques souvent li&#233;es &#224; l'influence excessive des &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que Lionel Jospin lui demanda, apr&#232;s la victoire de Fran&#231;ois Mitterrand en 1981, de rejoindre le si&#232;ge, rue Solf&#233;rino. Il devient alors &#171; d&#233;l&#233;gu&#233; aux entreprises &#187;, charg&#233; de d&#233;velopper l'implantation socialiste dans les lieux de travail. Il en avait une exp&#233;rience certaine puisqu'il avait &#233;t&#233; tr&#232;s t&#244;t d&#233;l&#233;gu&#233; CGT du personnel, puis permanent syndical au Cr&#233;dit Lyonnais, o&#249; il &#233;tait entr&#233; d&#232;s l'&#226;ge de 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sujet &#224; de s&#233;rieux probl&#232;mes de sant&#233;, il part en pr&#233;-retraite en 2003 et s'installe en Corr&#232;ze o&#249; il continue de se battre, avec le courant anim&#233; par Arnaud Montebourg, dans la F&#233;d&#233;ration du Parti socialiste. C'est aussi celle de Fran&#231;ois Hollande. Contre ce dernier, il soutient Martine Aubry aux primaires ouvertes de 2011. Apr&#232;s l'investiture du premier, il quitte le PS sans plus attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il poursuivra une activit&#233; inlassable, en particulier &#224; chaque occasion de mobilisation populaire (telle la campagne du r&#233;f&#233;rendum sur la privatisation des A&#233;roports de Paris en 2019). Il le fait avec une association &#171; Cap &#224; gauche 19 &#187; initiant de nombreux d&#233;bats publics et publiant de la documentation pour &#171; des militants de gauche attach&#233;s &#224; une certaine id&#233;e de progr&#232;s dans une R&#233;publique moderne (&#8230;) La gauche doit retrouver vigueur et coh&#233;rence en offrant une vraie perspective politique, un nouveau contrat social &#187;. (Etre de gauche aujourd'hui. 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inquiet d'une perte des rep&#232;res dans le monde des militants, il pers&#233;v&#232;re dans le soutien &#224; des courants socialistes comme la Gauche D&#233;mocratique et Sociale anim&#233;e par G&#233;rard Filoche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa fid&#233;lit&#233; &#224; la C6r, jusqu'&#224; l'obstination en d&#233;pit de la maladie, restera un t&#233;moignage de la valeur d'un engagement d&#233;mocratique pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Alli&#232;s, pr&#233;sident de la C6R.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise de r&#233;gime continue</title>
		<link>https://www.c6r.org/la-crise-de-regime-continue</link>
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		<dc:date>2025-08-29T15:12:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Convention pour la 6&#176; R&#233;publique vient d'adopter un texte analysant les causes de la crise ouverte par le Premier ministre. Il ne s'agit pas d'une crise gouvernementale de plus, mais bien d'une crise de r&#233;gime qui se prolonge. Pourtant, il existe des voies pour en sortir. &lt;br class='autobr' /&gt; Communiqu&#233; du Conseil d'administration de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (C6R) &lt;br class='autobr' /&gt; La crise de r&#233;gime continue &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;cision du Premier ministre Fran&#231;ois Bayrou d'engager sa responsabilit&#233; devant l'Assembl&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741-4-a395e.jpg?1758087399' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Convention pour la 6&#176; R&#233;publique vient d'adopter un texte analysant les causes de la crise ouverte par le Premier ministre. Il ne s'agit pas d'une crise gouvernementale de plus, mais bien d'une crise de r&#233;gime qui se prolonge. Pourtant, il existe des voies pour en sortir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Communiqu&#233; du Conseil d'administration de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (C6R)&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise de r&#233;gime continue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision du Premier ministre Fran&#231;ois Bayrou d'engager sa responsabilit&#233; devant l'Assembl&#233;e Nationale, est le rappel d'une crise de r&#233;gime dans laquelle la France est plong&#233;e depuis plus d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue des &#233;lections l&#233;gislatives du 7 juillet 2024, ce que la Constitution de 1958 contient de parlementaire aurait d&#251; conduire le pr&#233;sident de la R&#233;publique &#224; choisir une ou un chef du gouvernement issu de la formation arriv&#233;e en t&#234;te, &#224; savoir le Nouveau Front Populaire (26,68% des suffrages exprim&#233;s). Il a pr&#233;f&#233;r&#233; confier la fonction &#224; un repr&#233;sentant des R&#233;publicains (7,41% des suffrages exprim&#233;s), puis &#224; la figure de &#171; l'extr&#234;me-centre &#187; que l'on sait (au score ind&#233;chiffrable). Il en est logiquement r&#233;sult&#233; l'incapacit&#233; pour les deux Premiers ministres successifs de trouver une majorit&#233; parlementaire quelconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le rappel que la Constitution interdit tout espoir d'une telle construction primo-minist&#233;rielle : en faisant du choix du Premier ministre, une pr&#233;rogative exclusive du chef de l'Etat (&#233;tendue par la pratique &#224; la r&#233;vocation de celui-l&#224;), l'article 8 de la Constitution emp&#234;che que l'Assembl&#233;e fasse elle-m&#234;me ce choix &#224; la suite de coalitions ou de compromis sur un programme de gouvernement. &lt;i&gt;C'est donc bien une interdiction qui est dans la loi fondamentale et qui r&#233;duit &#224; n&#233;ant tout espoir de &#171; culture du compromis &#187;.&lt;/i&gt; Beaucoup d' &#171; experts &#187; ont n&#233;anmoins reproch&#233; aux formations politiques d'en &#234;tre d&#233;pourvues et d'&#234;tre la cause de l'impasse. Or c'est l&#224;, dans la lettre de la Constitution qu'est le mal et que s'enracine la crise que nous connaissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est donc bien une crise de r&#233;gime.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bayrou n'a pas r&#233;ussi &#224; trouver une quelconque majorit&#233; parlementaire, en particulier sur les questions budg&#233;taires d&#232;s lors qu'il se contentait de reproduire &#224; l'identique la &#171; politique de l'offre &#187; d'Emmanuel Macron, appliqu&#233;e depuis sept ans, largement responsable du d&#233;ficit pourtant pr&#233;sent&#233; comme une catastrophe. Il a agi jusqu'&#224; ces derniers jours, comme s'il n'&#233;tait responsable que devant le pr&#233;sident de la R&#233;publique, d&#233;couvrant tout &#224; coup qu'il l'&#233;tait aussi devant l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'a pas r&#233;ussi non plus &#224; proc&#233;der &#224; des r&#233;formes qui &#233;taient &#224; sa port&#233;e, comme celle du mode de scrutin l&#233;gislatif : alors qu'il avait fait de l'application d'une proportionnelle une conviction quasi-doctrinale, alors que des soutiens &#224; celle-ci pouvaient se trouver jusque dans les diverses oppositions, il est rest&#233; inerte. Bien qu'une telle r&#233;forme n'appelle aucune r&#233;vision constitutionnelle, il a ainsi confort&#233; l'id&#233;e que la V&#176; R&#233;publique &#233;tait irr&#233;formable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ainsi la France appara&#238;t comme un syst&#232;me politique archa&#239;que et d&#233;rogatoire en Europe&lt;/i&gt; : tous ses voisins comparables (l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie) pratiquent avec succ&#232;s la repr&#233;sentation proportionnelle et connaissent la stabilit&#233; gouvernementale. Tous (et plus encore, de la Belgique &#224; la Slov&#233;nie en passant par la Pologne) connaissent la &#171; motion de d&#233;fiance constructive &#187; qui n'est rien d'autre qu'une motion de censure qui obligent les partis qui la votent &#224; pr&#233;voir un chef du gouvernement de remplacement. La France elle, ne conna&#238;t que la confiscation de la censure par le gouvernement (art.49-3) ou la dissolution &#224; la discr&#233;tion du chef de l'Etat (art. 12 de la Constitution).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une nouvelle fois est faite la d&#233;monstration de l'inad&#233;quation de ce r&#233;gime avec la soci&#233;t&#233;, ses attentes et ses capacit&#233;s. Et c'est bien une crise du r&#233;gime qui se prolonge. &lt;/i&gt; Ceux qui en doutent, invoquent le statut et les pouvoirs d'un chef de l'Etat irresponsable, dernier recours et clef de voute d'une conservation des institutions &#224; l'identique. Ils ne veulent pas voir que c'est au prix d'un pr&#233;sidentialisme mortif&#232;re qui fait le lit de l'extr&#234;me-droite, d'ores et d&#233;j&#224; soutien affich&#233; &#224; cette R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;D'autres voies existent, depuis la r&#233;vision sans tarder des articles 8 et 12, jusqu'au chantier d'une nouvelle Constitution avec et apr&#232;s l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, en passant par l'instauration d'un mode de scrutin proportionnel personnalis&#233;.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Seules ces voies peuvent mobiliser les d&#233;mocrates. Ils sont la majorit&#233; de ce pays.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Conseil d'Administration de la C6R, le 28 ao&#251;t 2025&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Droit de p&#233;tition, Robespierre : m&#233;moire et hommage, par Paul Alli&#232;s</title>
		<link>https://www.c6r.org/droit-de-petition-robespierre-memoire-et-hommage-par-paul-allies</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.c6r.org/droit-de-petition-robespierre-memoire-et-hommage-par-paul-allies</guid>
		<dc:date>2025-07-28T14:56:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;28 juillet 2025 : la p&#233;tition pour l'abrogation de la loi Duplomb atteint les 2 millions de signatures en ce jour du 231&#176; anniversaire de la mort de Robespierre. Une opportunit&#233; pour revenir sur le droit de p&#233;tition pour lequel Robespierre a men&#233; le combat &#224; l'Assembl&#233;e Constituante de 1791. C'est &#224; ce retour sur le combat qu'il a men&#233;, et les avatars que ce droit de p&#233;tition a connu par la suite, que Paul Alli&#232;s consacre cet article, qui nous montre &#224; quel point le &#034;syst&#232;me&#034; qu'incarne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741-3-46eaf.jpg?1753714610' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;28 juillet 2025 : la p&#233;tition pour l'abrogation de la loi Duplomb atteint les 2 millions de signatures en ce jour du 231&#176; anniversaire de la mort de Robespierre. Une opportunit&#233; pour revenir sur le droit de p&#233;tition pour lequel Robespierre a men&#233; le combat &#224; l'Assembl&#233;e Constituante de 1791. C'est &#224; ce retour sur le combat qu'il a men&#233;, et les avatars que ce droit de p&#233;tition a connu par la suite, que Paul Alli&#232;s consacre cet article, qui nous montre &#224; quel point le &#034;syst&#232;me&#034; qu'incarne la V&#176; R&#233;publique est dans l'incapacit&#233; d'accepter une ouverture du syst&#232;me d&#233;lib&#233;ratif &#224; la soci&#233;t&#233; alors que Robespierre affirmait en 1791 que &#034;L'assembl&#233;e, &#224; titre de l&#233;gislateur et de repr&#233;sentant de la nation, est incomp&#233;tente pour &#244;ter aux citoyens ce droit de l'homme et du citoyen.&#034; qu'est le droit de p&#233;tition. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Vivien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Droit de p&#233;tition, Robespierre : m&#233;moire et hommage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce lundi 28 juillet est le jour de la 231&#176; ann&#233;e de la mort de Robespierre. C'est l'occasion de lui rendre hommage pour le combat qu'il a men&#233; &#224; l'Assembl&#233;e constituante en 1791, en faveur du droit de p&#233;tition. Sa mise en oeuvre pour l'abrogation de la loi Duplomb est aussi un travail de m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;tition qui pourrait atteindre les 2 millions de signataires, a r&#233;v&#233;l&#233; un certain affolement parmi les &#171; ravis &#187; de cette loi visant &#224; &#171; lever les contraintes &#224; l'exercice du m&#233;tier d'agriculteur &#187;. Fut-ce au prix d'une &#171; aberration scientifique, &#233;thique, environnementale et sanitaire &#187; comme le d&#233;nonce la p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un petit b&#234;tisier a accompagn&#233; ce vent d'inqui&#233;tude : de &#171; simples avis personnels &#187; (la ministre Aurore Berg&#233;), une &#171; instrumentalisation massive&#8230; &#187; (le vice-pr&#233;sident des R&#233;publicains Fran&#231;ois Xavier Bellamy), &#171; &#8230;par les &#233;cologistes voulant mettre la pression au Conseil Constitutionnel &#187; (le tr&#232;s inform&#233; Duplomb lui-m&#234;me). Lesquels &#233;cologistes ont fait l'objet d'attaques de leurs permanences ou locaux par les &#171; Chemises vertes &#187; (1) de la Coordination rurale (celle d'Occitanie justifiant son action &#224; Toulouse au motif que &#171; la rentabilit&#233;, c'est le nerf de la guerre &#187;, encourag&#233;e par la loi Duplomb).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sent poindre des regrets sur l'organisation du droit de p&#233;tition telle que d&#233;finie au Conseil &#233;conomique, social et environnemental en 2010, puis au S&#233;nat en janvier et &#224; l'Assembl&#233;e nationale en octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l&#224; une extension limit&#233;e de la reconnaissance du droit de p&#233;tition tel qu'inscrit &#224; l'article 72-1 de la Constitution. Soit un droit plus &#233;tendu pour les &#233;lecteurs des seules Collectivit&#233;s territoriales puisqu'il pr&#233;voit la possibilit&#233; pour celles-ci de soumettre &#224; r&#233;f&#233;rendum des &#171; projets de d&#233;lib&#233;ration ou d'acte relevant de (sa) comp&#233;tence &#187;. Ce qui n'est pas le cas on le sait, dans le syst&#232;me d&#233;fini par les assembl&#233;es parlementaires (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois encore la verticale et pr&#233;sidentialiste V&#176; R&#233;publique s'av&#232;re incapable d'ouvrir son syst&#232;me d&#233;lib&#233;ratif &#224; la soci&#233;t&#233;, comme c'est le cas dans plusieurs pays &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'embarras dans lequel sont plong&#233;s les &#171; cercles du pouvoir &#187; (Pr&#233;sidence de la R&#233;publique incluse) en ce moment, est l'occasion de revenir aux origines de ce droit de p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fit l'objet d'une l&#233;gislation par la premi&#232;re assembl&#233;e de la R&#233;volution, la Constituante (juin 1789- septembre 1791). Les d&#233;bats qui la fix&#232;rent eurent lieu les 9 et 10 mai 1791, juste avant la fuite du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le d&#233;put&#233; breton Le Chapelier qui rapporte devant l'Assembl&#233;e, au nom du Comit&#233; de constitution. Il soutient que le droit de p&#233;tition est un droit individuel r&#233;serv&#233; aux citoyens actifs (ceux qui paient un imp&#244;t &#233;quivalent de trois &#224; dix journ&#233;es de travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robespierre combat cette restriction censitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord au motif que c'est un droit naturel imprescriptible : &#171; Vous avez pens&#233; accorder aux Fran&#231;ais un droit nouveau, vous vous &#234;tes tromp&#233;s (&#8230;) Les Fran&#231;ais jouissaient de ce droit avant que vous fussiez assembl&#233;s ; aucune loi ne l'avait limit&#233; et le d&#233;cret que vous rendriez pour mettre des bornes &#224; ce droit, serait la seule chose nouvelle que vous eussiez faite &#224; cet &#233;gard. (&#8230;) Comment peut-on faire une distinction entre citoyens actifs et citoyens non-actifs ? (&#8230;) L'assembl&#233;e, &#224; titre de l&#233;gislateur et de repr&#233;sentant de la nation, est incomp&#233;tente pour &#244;ter aux citoyens ce droit de l'homme et du citoyen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, Robespierre d&#233;nonce la logique de la proposition qui conduira &#224; entraver tout exercice collectif du droit de p&#233;tition, susceptible de cr&#233;er des &#171; d&#233;sordres et les plus grands maux &#187;. En d&#233;cr&#233;tant que ce droit n'est qu'individuel, on le d&#233;nature : &#171; ce n'est pas un droit politique, mais le droit de l'homme. (&#8230;) La p&#233;tition n'est donc point l'exercice d'un droit politique, c'est l'acte de tout homme qui a des besoins. (&#8230;) Si quelque chose peut causer de d&#233;sordres, c'est d'&#244;ter aux citoyens la facult&#233; de pourvoir, d'une mani&#232;re paisible et constitutionnelle &#224; ce que peut exiger l'int&#233;r&#234;t du public ; car si les moyens faciles ne leur sont point offerts, alors les abus de l'administration croissant toujours d'une part, de l'autre les citoyens trouvant des obstacles dans la disposition m&#234;me des administrateurs, leur indignation cro&#238;tra aussi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin Robespierre refuse logiquement que &#171; le droit d'affiche ne (puisse) &#234;tre exerc&#233; que par l'autorit&#233; publique &#187;. C'est une restriction des libert&#233;s publiques telles que sont en train de les produire les clubs, la presse, les sans culottes, en grand nombre et dans l'effervescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette restriction se retrouvera dans la &#171; Loi Le Chapelier &#187; du 14 juin 1791, rest&#233;e fameuse pour avoir, au nom de lutte contre les corporations de l'Ancien r&#233;gime, interdit aux ouvriers toute coalition et toute gr&#232;ve. Et le droit de p&#233;tition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette histoire et &#224; ce combat que renvoi l'actuelle p&#233;tition contre la loi Duplomb. Honneur soit rendu, le jour anniversaire de sa mort, &#224; l'Incorruptible, Maximilien Robespierre qui ouvrit tant de voies &#224; la modernit&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Alli&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Article paru sur le blog &#034;Une autre r&#233;publique&#034; est possible (blog Mediapart) le 27 juillet 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) r&#233;f&#233;rence au mouvement cr&#233;e et conduit par Henri Dorg&#232;res, admirateur de Mussolini dans les ann&#233;es Trente. N&#233; en 1929 dans l'opposition &#224; la reconnaissance des assurances sociales aux ouvriers agricoles, ses troupes s'en prenaient aux instituteurs ou aux piquets de gr&#232;ve durant le Front populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Existe depuis 2008 (en application depuis 2015) le R&#233;f&#233;rendum d'initiative partag&#233;e (article 11) en r&#233;alit&#233; d'initiative parlementaire. Il exige de telles conditions (pr&#233;s de 5 millions de signatures entre autres) qu'il s'est av&#233;r&#233; impraticable jusqu'&#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources : Maximilien Robespierre. Discours. Tome VII. Pp. 334-345. Soci&#233;t&#233; des &#233;tudes robespierristes. 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire : Jean-Cl&#233;ment Martin. Robespierre. Perrin, Tempus. Poche. 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin : Jean-Cl&#233;ment Martin. La fabrication d'un monstre, Robespierre. Perrin, 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#034;Encore un effort, Monsieur de Villepin&#034;, par Paul Alli&#232;s</title>
		<link>https://www.c6r.org/encore-un-effort-monsieur-de-villepin-par-paul-allies</link>
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		<dc:date>2025-07-01T12:19:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul ALLIES, Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En ces temps de canicule, s'adonner &#224; la lecture dans un endroit &#224; l'ombre et aussi frais que possible est une activit&#233; recommendable. Paul Alli&#232;s, pr&#233;sident de la C6R, a lu le dernier livre de Dominique de Villepin &#034;Le pouvoir de dire Non&#034; paru le 25 juin 2025 chez Flammarion. Il nous en propose une analyse critique portant sur le chap&#238;tre &#034;La R&#233;publique des vivants : rassembler, gouverner et r&#233;former&#034;, et tout particuli&#232;rement sur comment gouverner. Une occasion de rap la position (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741-2-eefe7.jpg?1751372447' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ces temps de canicule, s'adonner &#224; la lecture dans un endroit &#224; l'ombre et aussi frais que possible est une activit&#233; recommendable. Paul Alli&#232;s, pr&#233;sident de la C6R, a lu le dernier livre de Dominique de Villepin &#034;Le pouvoir de dire Non&#034; paru le 25 juin 2025 chez Flammarion. Il nous en propose une analyse critique portant sur le chap&#238;tre &#034;La R&#233;publique des vivants : rassembler, gouverner et r&#233;former&#034;, et tout particuli&#232;rement sur comment gouverner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une occasion de rap la position toujours d&#233;fendue par la Convention pour la 6&#232;me R&#233;publique (C6R) pour faire &#233;voluer nos institutions Bernard Vivien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Encore un effort, Monsieur de Villepin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dominique de Villepin publie un ouvrage peu banal &lt;/i&gt; qui tranche par son style et une volont&#233; de &#034;dire Non&#034; &#224; la &#034;d&#233;formation de l'id&#233;e r&#233;publicaine&#034;. Il y traite de la &#034;d&#233;rive des institutions&#034; vers un pr&#233;sidentialisme mortif&#232;re. Diagnostiqu&#233; en regard d'un gaullisme des origines, cette analyse m&#233;riterait d'&#234;tre pouss&#233;e jusqu'&#224; son terme constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture est port&#233;e par une &#233;criture nerveuse, presque haletante. Et c'est un plaisir de trouver des analyses, des expressions, des perspectives qui forment un assez beau syst&#232;me o&#249; peu est laiss&#233; de c&#244;t&#233;. Savoir si Dominique de Villepin (DdV) pr&#233;pare une candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle est un sujet en soi (&#034;l'enjeu n'est pas le programme, mais la m&#233;thode et la vision&#034; dit-il). Quoiqu'il en advienne, l'absence de pr&#233;cautions ou de formules g&#233;n&#233;ralement fabriqu&#233;es pour ces circonstances et leurs &#233;lectorats convoit&#233;s, est assez rare pour &#234;tre salu&#233;. L'objectif : &#034;rassembler pour faire atterrir la politique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On ne traitera ici que du chapitre sur &#034;La R&#233;publique des vivants : rassembler, gouverner et r&#233;former&#034;. &lt;/i&gt; Et plus pr&#233;cis&#233;ment sur le deuxi&#232;me terme : &#034;gouverner&#034; qui est trait&#233; &#224; partir d'un diagnostic judicieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En transformant nos &#034;principes&#034; r&#233;publicains, sources de droits fondamentaux (libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;, la&#239;cit&#233;...) en &#034;valeurs&#034; index&#233;es sur l'id&#233;e et l'usage que nous voudrions circonstanciellement en faire (&#034;contre des ennemis suppos&#233;s, mena&#231;ant parce qu'&#233;trangers&#034;), nous avons aggrav&#233; les divisions de la soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique : Souverainet&#233; nationale et souverainet&#233; populaire, Etat vertical et soci&#233;t&#233; civile divergeraient toujours plus. Le besoin d'un garant contre ces divisions s'est naturellement fix&#233; sur le pr&#233;sident de la R&#233;publique, jusqu'&#224; s'incarner en lui bien au-del&#224; de la fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;La fonction, telle que d&#233;finie par la lettre de la Constitution en 1958 serait celle vue par De Gaulle d&#232;s son discours de Bayeux&lt;/i&gt; (celui du 16 juin1946, quand la France de la Lib&#233;ration est sans gouvernement et entre deux Constituantes)) : &#034;C'est du chef de l'Etat, plac&#233; au-dessus des partis que doit proc&#233;der le pouvoir ex&#233;cutif&#034;. Interpr&#233;tation par DdV : &#034;Proc&#233;der de lui, et non &#234;tre exerc&#233; par lui&#034;. La preuve en serait &#233;nonc&#233;e par De Gaulle lui-m&#234;me : &#034;Au chef de l'Etat la charge d'accorder l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral quant au choix des hommes avec l'orientation qui se d&#233;gage du Parlement ; &#224; lui la mission de nommer les ministres et d'abord, bien entendu, le Premier qui devra diriger la politique et le travail du gouvernement ; (...) &#224; lui l'attribution de servir d'arbitre au-dessus des contingences politiques.&#034; Une architecture qui s'est retrouv&#233;e inscrite dans les articles 5, 8 et 20 de la Constitution de la V&#176; R&#233;publique (ceux d&#233;finissant les p&#233;rim&#232;tres assez flous des pouvoirs pr&#233;sidentiels et gouvernementaux). Une lettre &#224; laquelle il faudrait strictement revenir selon DdV : &#034;Nulle part il n'est fait mention de la contribution directe et constante (du pr&#233;sident de la R&#233;publique) au gouvernement. La Constitution de 1958 n'a pas instaur&#233; un principe de double majorit&#233;, qui obligerait pour gouverner et r&#233;former, &#224; disposer &#224; la fois de la majorit&#233; des suffrages &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et d'une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s issus des &#233;lections l&#233;gislatives. Ni m&#234;me d'un ex&#233;cutif &#224; deux t&#234;tes&#034;. On ajoutera que les cohabitations en ont d&#233;j&#224; t&#233;moign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; L'incarnation de la fonction aurait produit une d&#233;rive fatale de ce syst&#232;me &#034;vers une pr&#233;sidence partisane, hyperactive, &#233;lectoraliste.&lt;/i&gt; Depuis 2007 (&#233;lection de Nicolas Sarkozy &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique) nous avons bascul&#233; dans un pr&#233;sidentialisme majoritaire avec un pr&#233;sident chef de parti, chef de majorit&#233;&#034;. La co&#239;ncidence des &#233;lections pr&#233;sidentielle et l&#233;gislatives, inaugur&#233;e en 1981 par Fran&#231;ois Mitterrand (dissolvant, aussit&#244;t &#233;lu, l'Assembl&#233;e nationale) a donn&#233; depuis la primaut&#233; &#224; la premi&#232;re. Le Parlement et les partis sont transform&#233;s en antichambre ou &#233;curies pr&#233;sidentielles et d&#233;p&#233;rissent. Les citoyens sont pris dans une &#034;personnalisation sans frein&#034;, entretenue par une polarisation passablement artificielle o&#249; le chef de l'Etat se transforme en &#034;chef d'&#233;quipe d'un ex&#233;cutif qui prime sur tout (...) Restaurer la R&#233;publique, c'est donc r&#233;tablir l'&#233;quilibre institutionnel et remettre le pr&#233;sident &#224; sa juste place&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment ne pas ratifier cette ordonnance ?&lt;/i&gt; En mettant l'accent sur le mal pr&#233;sidentiel, elle conforte les analyses situant &#224; ce niveau institutionnel l'anachronisme et l'exotisme de la V&#176; R&#233;publique. Que De Gaulle ait &#233;t&#233; le Bonaparte ad&#233;quat &#224; ce r&#233;gime et que nous le subissions apr&#232;s lui, comme un bonapartisme sans bonaparte(s), est un fait autant politique qu'anthropologique. Un fait qui a, durant plus d'un demi-si&#232;cle, fortement travaill&#233; l'imaginaire institutionnel des Fran&#231;ais, r&#233;put&#233;s ind&#233;fectiblement &#034;attach&#233;s &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&#034;. Raison pour laquelle l'id&#233;e de ne pas appeler &#224; la suppression de celle-ci a &#233;t&#233; opini&#226;trement d&#233;fendue, mais pour mieux changer de syst&#232;me. A commencer par l'abrogation de ce pr&#233;sidentialisme (&#034;changer la R&#233;publique&#034;) avant m&#234;me de proc&#233;der &#224; l'&#233;v&#232;nement d'un r&#233;gime d&#233;mocratique moderne (&#034;changer de R&#233;publique&#034;). Faisons le cr&#233;dit &#224; DdV de s'inscrire dans cette lign&#233;e, au moins pour son premier terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais restent des questions sans r&#233;ponse.&lt;/i&gt; La pratique de ces institutions a submerg&#233; la lettre de leur Constitution et il ne suffit pas de r&#233;clamer un retour &#224; cette derni&#232;re. L'article 8 met le Premier ministre dans la main du Pr&#233;sident, de sa nomination &#224; sa r&#233;vocation. L'article 12 donne &#224; ce dernier le pouvoir exclusif (et quasi personnel) de dissoudre l'Assembl&#233;e nationale. Et donc prive le Premier ministre de la possibilit&#233; de former, mobiliser, adapter librement sa majorit&#233; l&#233;gislative. Donc ruine tout espoir de &#034;culture du compromis&#034;. Rien ne se passera (m&#234;me avec un mode de scrutin proportionnel pour l'&#233;lection des d&#233;put&#233;s) si ces deux articles restent en place tels quels. Il faut les modifier de telle sorte que le Premier ministre soit investi par un vote de l'Assembl&#233;e. Et lui donner le droit de dissolution comme moyen de conforter sa majorit&#233; ou de faire les Fran&#231;ais juges d'un conflit insurmont&#233; apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est l'engagement qu'on attend de Dominique de Villepin&lt;/i&gt;. Cette &#034;petite r&#233;vision&#034; de la Constitution est possible au moyen de l'article 11, tel qu'utilis&#233; d'ailleurs par le g&#233;n&#233;ral De Gaulle. Les cris d'orfraie pouss&#233;s devant son invocation par Marine Le Pen pour bouleverser l'Etat de droit, ne doit pas conduire &#224; son abrogation de fait puisqu'il est, sur ce point parfaitement inconstitutionnel. Le r&#233;f&#233;rendum sur &#034;l'organisation des pouvoirs publics&#034; tel que pr&#233;vu par l'article 11 ne l'est pas, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'heure n'est pas &#224; la fermeture du droit de r&#233;vision jusqu'&#224; son impossibilit&#233;,&lt;/i&gt; comme le voudraient quelques ouvriers de la onzi&#232;me heure, &#224; gauche parait-il. Au contraire, il faut que les justes diagnostics sur le cancer pr&#233;sidentialiste se traduisent en rem&#232;des constitutionnels effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut, les &#233;crits de Dominique de Villepin rejoindraient la corbeille des belles promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Pour m&#233;moire, il ne faudrait pas que, si candidature en 2027 il y a, son affiche de campagne soit la m&#234;me que celle de Lionel Jospin en 2002 : &#034;Pr&#233;sider autrement&#034;. Sans autre forme d'engagement. Allez, encore un effort Monsieur de Villepin.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Alli&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru &#233;galement sur le blog (sur Mediapart) de Paul Alli&#232;s &#034;Une autre R&#233;publique est possible&#034; le 28 juin 2025&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#034;Le Pen, les institutions, la suite &#034; par Paul Alli&#232;s</title>
		<link>https://www.c6r.org/le-pen-les-institutions-la-suite-par-paul-allies</link>
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		<dc:date>2025-04-09T11:37:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>PAUL ALLIES, Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans un billet paru sur le 4 avril 2025son blog &#034;Une autre R&#233;publique est possible, Paul Alli&#232;s, pr&#233;sident de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique, rappelle fort utilement que faire obstacle &#224; l'acc&#232;s au pouvoir de l'extr&#234;me droite et &#224; la mise en oeuvre de son programme de remise en cause des principes fondamentaux de la R&#233;publique passe par une critique des institutions de la V&#176; R&#233;publique qui ont largement permis la banalisation du Rassemblement National et lui offre la possibilit&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741-fe5a9.jpg?1776064984' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un billet paru sur le 4 avril 2025son blog &#034;Une autre R&#233;publique est possible, Paul Alli&#232;s, pr&#233;sident de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique, rappelle fort utilement que faire obstacle &#224; l'acc&#232;s au pouvoir de l'extr&#234;me droite et &#224; la mise en oeuvre de son programme de remise en cause des principes fondamentaux de la R&#233;publique passe par une critique des institutions de la V&#176; R&#233;publique qui ont largement permis la banalisation du Rassemblement National et lui offre la possibilit&#233; de remettre en cause, comme son programme le pr&#233;voit, les principes fondamentaux de la R&#233;publique. C'est une alerte &#224; ne pas se tromper de combat. Bernard Vivien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Pen, les institutions, la suite &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;chainement des soutiens de Le Pen apr&#232;s sa condamnation, a de quoi inqui&#233;ter ceux et celles, jusque l&#224; plut&#244;t rassur&#233;s par la banalisation du RN. Et si celle-ci &#233;tait aussi un produit des institutions de la V&#176; R&#233;publique. ? Leur d&#233;fense ne serait-elle pas un leurre, source de grande confusion pour la suite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attaques ad nauseam contre le verdict en g&#233;n&#233;ral et les juges qui l'ont rendu en particulier, suscitent des prises de position, le plus souvent d&#233;fensives. S'y m&#234;lent des opinions incertaines sur le FN-RN, et des convictions probl&#233;matiques sur l'&#233;tat des institutions de la R&#233;publique. Des solutions d'urgence sont avanc&#233;es pour mieux les d&#233;fendre, peut-&#234;tre plus mauvaises que le mal &#224; traiter. Voyons les deux faces de cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur la nature, la trajectoire et le programme du Rassemblement National&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes mani&#232;res dont ces sujets touchant aux institutions sont abord&#233;s sont toutes index&#233;es sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, Personne ne remet en cause le d&#233;r&#232;glement dont ce scrutin est la cause, unique en Europe. Ses r&#232;gles et codes sont si familiers et partag&#233;s par tous les acteurs en comp&#233;tition, qu'il est devenu impensable de le mettre en question. Il a pourtant jou&#233; un r&#244;le majeur dans la banalisation de l'extr&#234;me-droite, sp&#233;cifique &#224; la France. Au-del&#224; de son statut de &#171; m&#232;re des batailles &#187; r&#233;gissant toute la vie politique du pays, il appara&#238;t comme une possible issue conjoncturelle &#224; l'enlisement du fonctionnement institutionnel depuis la dissolution du 9 juin 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si le retour &#224; un syst&#232;me majoritaire &#233;tait ainsi garanti gr&#226;ce &#224; un deuxi&#232;me tour &#171; magique &#187; (selon J.L. M&#233;lenchon), con&#231;u comme un duel r&#233;serv&#233; &#224; deux combattants. Tant pis si c'est au prix d'une d&#233;saffection croissante des &#233;lecteurs, au ressentiment et &#224; l'artificialit&#233; de la repr&#233;sentation qui en ressort. Ce dont auront profit&#233; pleinement et r&#233;guli&#232;rement les Le Pen. Cette &#233;lection est donc un s&#233;rieux facteur de crise permanente dans laquelle nous sommes plong&#233;s. Ce fait est pourtant pass&#233; par pertes et profits par les partisans m&#234;mes d'une Sixi&#232;me R&#233;publique, telle que la France Insoumise qui en parle d'autant plus qu'elle ne pense qu'&#224; la pr&#233;sidentielle. Et tant pis si ce sc&#233;nario se joue au risque d'un succ&#232;s de l'extr&#234;me-droite, quel que soit celle ou celui qui l'incarnera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En de&#231;&#224; des sp&#233;culations qui vont si bon train sur cette sc&#232;ne &#233;lectorale, il faut s'int&#233;resser au c&#339;ur du programme b&#226;ti par le Rassemblement National. Il forme un tout avec, &#224; la fois le soutien &#224; la Constitution de 1958 et la r&#233;vision des principes fondamentaux de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant le r&#233;gime de 1958, Marine Le Pen s'est toujours dite parfaitement pr&#234;te &#224; en tirer profit. Elle n'a jamais vari&#233; ni cess&#233; (&#224; la diff&#233;rence notable de son d&#233;funt p&#232;re) de dire son admiration : &#171; Quand certains parlent d'aller vers une VI&#176; R&#233;publique, je leur dit : revenons d&#233;j&#224; &#224; la V&#176; (&#8230;) Les institutions de la V&#176; R&#233;publique sont tout &#224; fait aptes &#224; exprimer la d&#233;mocratie pour le peuple fran&#231;ais &#187;. (18 f&#233;vrier 2017). Et d'en conclure (le 12 avril 2022) : &#171; Je ne renoncerai &#224; utiliser aucun des articles de la Constitution, car cette Constitution est une merveille d'&#233;quilibre et par cons&#233;quent, elle a &#233;t&#233; con&#231;ue pour que l'ensemble des articles puissent &#234;tre utilis&#233;s &#187;. En avant donc vers le 49.3 (pour lequel elle a redit son attachement m&#234;me apr&#232;s l'&#233;pisode des retraites), l'article 16 (autorisant une dictature l&#233;gale) et l'article 11 pour instaurer par r&#233;f&#233;rendum la &#171; pr&#233;f&#233;rence-priorit&#233; nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce dernier sujet, le Rassemblement National a d&#233;pos&#233; le 28 septembre 2021 (&#224; la veille de la d&#233;claration de candidature de M. Le Pen) une proposition de loi intitul&#233;e &#171; Citoyennet&#233;, Identit&#233;, Immigration &#187;, relanc&#233;e par une proposition de loi constitutionnelle du 25 janvier 2024 (soit au lendemain de la censure substantielle de la loi &#171; immigration &#187; par le Conseil constitutionnel). Il s'agit l&#224; d'un catalogue d&#233;taill&#233; qui remet en cause les fondements de l'Etat de droit (depuis la hi&#233;rarchie des normes jusqu'aux droits fondamentaux tels que le Pr&#233;ambule de la Constitution les &#233;nonce, en faisant la synth&#232;se de celui de 1946 et de la D&#233;claration des Droits de 1789). Sans nul doute, c'est un registre contre-r&#233;volutionnaire de type vichyssois, &#233;tabli par des experts (haut-fonctionnaires, polytechniciens, &#233;narques&#8230;) qui n'auront aucun mal &#224; en dicter l'&#233;nonc&#233; &#224; l'&#233;ventuel &#233;lu-e. Plus l'immaturit&#233; (r&#233;put&#233;e &#234;tre celle d'un Bardella) sera grande, plus leur influence le sera aussi (&#224; la hauteur des nombreuses parts de cerveau disponible d'icelui).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble a une coh&#233;rence qui a de quoi impressionner et faire redouter l'acc&#232;s &#224; l'Elys&#233;e du Rassemblement National. A l'&#233;vidence, il ne s'agira pas d'une alternance (faite pour en &#171; essayer l'exp&#233;rience &#187;) mais d'une rupture compl&#232;te, sociale, politique, historique. Patiemment construite au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, &#224; l'abri des fa&#231;ades de la banalisation, son n&#339;ud gordien est le syst&#232;me de la V&#176; R&#233;publique et son pr&#233;sidentialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien fait pour permettre &#224; cette op&#233;ration de s'&#233;panouir dans le respect des formes institutionnelles, ce syst&#232;me est rest&#233; responsable d'une atrophie d&#233;mocratique majeure. La France d&#233;tient depuis longtemps le record europ&#233;en de l'abstention et de la d&#233;fiance vis-&#224;-vis de ses institutions. On le constate au gr&#233; des enqu&#234;tes men&#233;es annuellement par le Cevipof et OpinionWay, dont l'int&#233;r&#234;t est de permettre une comparaison avec des pays voisins comme l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas. D&#232;s le d&#233;but de ce quinquennat en janvier 2023, l'enqu&#234;te r&#233;v&#233;lait l'augmentation record d'une &#171; d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e envers les institutions qui donne le sentiment d'une soci&#233;t&#233; malade et fractur&#233;e &#187; comme nulle part ailleurs. Celle de f&#233;vrier 2025 fait appara&#238;tre la France comme le pays o&#249; la d&#233;fiance des citoyens pour leurs institutions, atteint des sommets vertigineux, sans commune mesure avec ses voisins (m&#234;me l'Allemagne qui vient de r&#233;former sa Constitution et conna&#238;t pourtant une crise gouvernementale avec une pouss&#233;e de l'extr&#234;me-droite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce climat entretenu de lassitude et de peur que l'extr&#234;me-droite fran&#231;aise s'emploie &#224; fid&#233;liser le vivier de ses &#233;lecteurs de pr&#233;sidentielle en pr&#233;sidentielle. A ce rythme et &#224; celui du changement des g&#233;n&#233;rations, ce vivier se nourrit d'un reclassement massif du vote populaire, au rythme des renoncements de la gauche (en particulier quand elle est au pouvoir). A droite depuis longtemps : ce fut au cours de ces d&#233;cennies, entre 1983 (le &#171; tonnerre de Dreux &#187;) et 2024 (le ralliement de Ciotti), la longue marche d'une assimilation d'&#233;lus professionnels par le FN/RN et de la formation de majorit&#233;s communes (dans les collectivit&#233;s locales, r&#233;gions puis communes surtout).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette assimilation politique a &#233;t&#233; accompagn&#233;e sur la m&#234;me longue dur&#233;e, par celle, id&#233;ologique, de courants de pens&#233;e venus des ann&#233;es Trente et du national-socialisme, dont les id&#233;es et expressions furent profond&#233;ment revues et corrig&#233;es par des cercles influents (travaillant &#224; une &#171; h&#233;g&#233;monie culturelle &#187;) comme ceux du Grece (1969-2013), du Bloc identitaire, de l'Institut Illiade et une n&#233;buleuse d'officines financ&#233;es aujourd'hui au grand jour par quelques milliardaires. On assiste &#224; l'&#233;mergence grand public dans les m&#233;dias Bollor&#233; de cette doxa id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entreprise de reconstruction de cat&#233;gories discr&#233;dit&#233;es par les fascismes, substitue aux &#171; Principes r&#233;publicains &#187; tels que ceux recens&#233;s pr&#233;cautionesement par le Conseil Constitutionnel, la notion tr&#232;s floue de &#171; valeurs r&#233;publicaines &#187; : des modes de vie, des pratiques culturelles dans lesquelles l'identit&#233; nationale, l'immigration, la supr&#233;matie civilisationnelle sont le carburant de l'id&#233;ologie raciste et complotiste du &#171; grand remplacement &#187;. Mais c'est aussi une l&#233;gislation prolif&#233;rante forgeant une doctrine la&#239;que d'exclusion, mordant sur des secteurs d'une gauche dite souverainiste. L'horizon est celui d'une Europe blanche o&#249; les races ne se m&#233;langeraient pas. La V&#176; R&#233;publique a pu devenir ainsi un syst&#232;me compatible avec une domination autoritaire pr&#234;te &#224; la promotion de normes x&#233;nophobes, de politiques d'exclusions et de standards racialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but strat&#233;gique, c'est l'effacement du principe d'&#233;galit&#233; qui, depuis 1789 est la clef de voute de l'&#233;difice des droits civils, sociaux et politiques dont l'extension n'a jamais cess&#233; (sauf durant la parenth&#232;se de Vichy). Voil&#224; la raison de l'admiration de l'extr&#234;me-droite pour le r&#233;gime tel qu'il est auquel il ne faut rien changer, sauf ses institutions de justice. Eric Zemmour approuvant bruyamment le &#171; plan immigration &#187; de Marine Le Pen le 11 septembre 2021 pr&#233;cisait : &#171; on ne pourra l'appliquer que si on se d&#233;barrasse des contraintes juridiques de la Cour Europ&#233;enne des Droits de l'Homme, de la Cour de Justice de l'union Europ&#233;enne et du Conseil Constitutionnel &#187;. Faut-il rappeler que la cr&#233;ation et l'expansion des cours constitutionnelles en Europe apr&#232;s 1945 a tenu &#224; l'exp&#233;rience du nazisme appuy&#233; sur l'importante n&#233;buleuse &#171; v&#246;lkisch &#187; pangermaniste, nationaliste et antis&#233;mite ? La destruction, au nom d'un peuple ethnicis&#233;, des droits et libert&#233;s, comme des institutions parlementaires en fut le r&#233;sultat que l'on sait (revendiqu&#233; ouvertement aujourd'hui par l'AFD en Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme que portent l'extr&#234;me-droite toute enti&#232;re et d&#233;sormais une bonne partie de la droite minist&#233;rielle, culmine donc logiquement dans la d&#233;nonciation du &#171; gouvernement des juges &#187; et pas seulement ceux concern&#233;s en ce moment (les juridictions p&#233;nales qui ont sanctionn&#233; Le Pen, Sarkozy et beaucoup d'autres &#224; gauche comme &#224; droite ). Toute magistrature ind&#233;pendante susceptible de contr&#244;ler le respect de la loi par les d&#233;tenteurs d'un pouvoir quelconque, est vis&#233;e. Et avec elle le respect requis au nom de l'&#233;galit&#233; entre tous les citoyens contre les tendances &#224; l'oligarchisation du syst&#232;me politique, tendance syst&#233;mique dont le RN est parti prenante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; donc au stade de la remise en cause de la pluris&#233;culaire s&#233;paration des pouvoirs o&#249; l'un doit arr&#234;ter l'autre. La charge est dop&#233;e par les pratiques d'un Trump aux Etats-Unis o&#249; l'affrontement avec des magistrats souvent &#233;lus directement par le peuple est encore incertaine mais d&#233;cisive (voir l'&#233;lection ce 1&#176; avril, d'une juge d&#233;mocrate dans le Wiscosin, Etat trumpiste, battant &#224; plate couture le candidat de Musk). Le &#171; je suis Martine &#187; d'Orban, en &#233;cho au soutien spontan&#233;s des Poutine, Bolsonaro, Trump et autres figures des nouveaux totalitarismes, illustre bien la trajectoire dans laquelle s'inscrit l'extr&#234;me-droite fran&#231;aise mais pas qu'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur les institutions et la d&#233;fense de la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous avons donc &#224; combattre, c'est l'usage des institutions que le RN est pr&#234;t &#224; investir pour appliquer sa politique de rupture avec l'Etat de droit et ses principes fondamentaux dont celui d'Egalit&#233;. Il n'y a pas donc pas d'institution de la V&#176; R&#233;publique &#224; d&#233;fendre en soi. L'&#233;conomie de ce r&#233;gime est un cancer anti-d&#233;mocratique que l'extr&#234;me-droite aura amen&#233; &#224; son terme.Il faut lui offrir une alternative avec des passerelles concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces institutions sont plus que jamais en cause, notamment son pr&#233;sidentialisme peaufin&#233; par tous les pr&#233;sidents successifs. Des pr&#233;sidents dont l'origine constitutionnelle archa&#239;que est dans la Charte de 1814 (la Restauration) : &#171; la personne du roi est inviolable et sacr&#233;e (...) Au roi seul appartient la puissance ex&#233;cutive &#187;. Lue sous cet angle, la motivation du tribunal correctionnel de Paris pour fonder l'ex&#233;cution provisoire de la peine qu'il a prononc&#233;, est particuli&#232;rement judicieuse et clairvoyante : vu le syst&#232;me de d&#233;fense de M. Le Pen niant l'escroquerie industrielle qu'elle a conduite pendant une d&#233;cennie, il y a bien un risque de r&#233;cidive. Mais aussi de &#171; trouble irr&#233;parable &#224; l'ordre public d&#233;mocratique &#187;. En cas d'&#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, l'ex&#233;cution de la peine deviendrait impossible et porterait impun&#233;ment &#224; la t&#234;te des institutions une personne gravement condamn&#233;e p&#233;nalement. Les juges ont donc pu raisonnablement penser que l'&#233;nergie mise par M. Le Pen &#224; retarder l'instance n'&#233;tait pas d&#233;pourvue de calcul : l'&#233;lection deviendrait pour elle, un bouclier contre le respect de la loi et de sa sanction. D'o&#249; le parfait bien fond&#233; de &#171; l'ex&#233;cution provisoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable haine des juges, de tous les juges qu'exprime depuis ce jugement l'extr&#234;me-droite est organique. M. Le Pen l'avait clairement exprim&#233; lors d'une conf&#233;rence de presse (le 12 avril 2022 &#224; Vernon) consacr&#233;e &#224; &#171; la d&#233;mocratie et l'exercice du pouvoir &#187;. Outre une claire volont&#233; de contr&#244;le des m&#233;dias bafouant les r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires de la libert&#233; de l'information (elle n'eut pas un seul mot pour les libert&#233;s fondamentales, silence dont elle est coutumi&#232;re), elle devait y pr&#233;ciser sa vison d'un contournement des institutions responsables de ces libert&#233;s, le Parlement et les juridictions. Au premier, elle opposait le recours syst&#233;matique au &#171; r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne &#187; (en l'&#233;tat parlementaire) tel qu'il figure depuis la r&#233;vision de 2008 au dernier paragraphe de l'article 11 de la Constitution, &#171; puissant outil de pacification du d&#233;bat politique qui aurait pu &#233;viter le mouvement des gilets jaunes &#187;. Elle pr&#233;cisait qu'elle abaisserait le seuil du nombre de signataires requis &#224; moins de 500.000 &#233;lecteurs (au lieu de 5 millions aujourd'hui). Et elle ajoutait que &#171; la loi sera modifi&#233;e pour rendre possible l'organisation de r&#233;f&#233;rendums d'initiative populaire sur tous les sujets y compris la peine de mort (tout en se disant oppos&#233;e &#224; son r&#233;tablissement) Il n'y a pas de d&#233;bat interdit dans une d&#233;mocratie majeure &#187;. Elle irait donc jusqu'&#224; respecter disait-elle, un vote r&#233;f&#233;rendaire de sortie de l'Union Europ&#233;enne, m&#234;me si elle n'y &#233;tait pas personnellement favorable. Par ce m&#234;me moyen, une loi vot&#233;e par le Parlement pourrait &#234;tre abrog&#233;e et ne pourrait &#234;tre &#224; nouveau propos&#233;e pendant quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien l&#224; une conception du &#171; gouvernement par r&#233;f&#233;rendum &#187; au nom de la souverainet&#233; populaire, augmentant en r&#233;alit&#233; encore un peu plus le p&#233;rim&#232;tre du pouvoir pr&#233;sidentiel, la d&#233;cision ultime du recours au r&#233;f&#233;rendum restant le monopole du chef de l'Etat..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle devait ajouter &#224; cette perspective un codicille bien sp&#233;cifique. Consciente sans doute des conflits &#224; venir avec &#171; L'Autorit&#233; judiciaire &#187; (le titre VIII de cette Constitution qu'elle aime tant), elle annon&#231;ait que le r&#233;f&#233;rendum sur &#171; la priorit&#233; nationale &#187; par lequel elle promettait d'inaugurer son quinquennat, &#171; n'aurait pas besoin de l'aval du Conseil constitutionnel &#187;. Et elle invoquait encore une fois l'article 11 et son premier alinea originel cette fois, disposant que &#171; sur proposition du gouvernement pendant la dur&#233;e des sessions ou sur proposition conjointe des deux assembl&#233;es &#187;, le pr&#233;sident pourrait &#171; soumettre au r&#233;f&#233;rendum &#187; un texte int&#233;ressant trois domaines : &#171; l'organisation des pouvoirs publics &#187;, &#171; la ratification d'un trait&#233; qui aurait des cons&#233;quences sur le fonctionnement des institutions &#187;, &#171; la politique &#233;conomique ou sociale ou environnementale de la nation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;daction de ces textes a toujours &#233;t&#233; sujette &#224; caution, l'interpr&#233;tation s'&#233;tant forg&#233;e au gr&#233; de leur mise en &#339;uvre. Trois cas bien distincts, se pr&#233;sentent donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Le cas de la ratification d'un trait&#233; a vu celle du Trait&#233; de Maastricht en 1992 et le rejet du projet de &#171; Constitution europ&#233;enne &#187; en 2005 par r&#233;f&#233;rendum, sans que cela ne suscite de d&#233;bat sur le bien-fond&#233; de cet usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Le cas de r&#233;formes relatives &#224; la politique &#233;conomique, sociale ou environnementale n'a jamais fait jusqu'ici l'objet d'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum. C'est celui que vise M. Le Pen en imaginant l'adoption de &#171; la priorit&#233; nationale &#187; au suppos&#233; motif que celle-ci entrerait dans le cadre de la &#171; politique sociale &#187; &#233;nonc&#233; par l'article 11. En r&#233;alit&#233; et faute de mise en pratique (la loi sur les retraites du 17 mars 2023 en aurait &#233;t&#233; l'occasion parfaitement conforme au lieu du 49.3), la d&#233;finition des contours de la notion reste incertaine. Ce qui ne l'est pas c'est le champ que lui donne le RN incluant des sujets (la liste n'est pas limitative) de droit de la personne et de la nationalit&#233;, de libert&#233;s publiques, de principes fondamentaux, de la hi&#233;rarchie des normes, des conventions internationales. Sujets qui exc&#232;dent, &#224; la plus simple &#233;vidence le cadre de &#171; la politique sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil constitutionnel serait amen&#233; &#224; donner son avis. Celui-ci est obligatoire selon l'article 61 pour se prononcer sur la conformit&#233; des textes soumis au r&#233;f&#233;rendum de l'article 11, avec la Constitution. Il a rendu une d&#233;cision le 25 juillet 2000, selon laquelle il pourrait mettre son veto &#224; un r&#233;f&#233;rendum si le projet soumis au vote est &#171; susceptible de porter atteinte au fonctionnement normal des pouvoirs publics &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin en vertu de l'article 60 de la Constitution, qui lui donne la mission de &#171; veiller &#224; la r&#233;gularit&#233; des op&#233;rations de r&#233;f&#233;rendum &#187;, il a estim&#233; devoir &#233;tendre &#171; l'efficacit&#233; de son contr&#244;le des op&#233;rations r&#233;f&#233;rendaires (qui pourraient) porter atteinte au fonctionnement normal des pouvoirs publics &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;cision du 24 mars 2005. On notera qu'elle ne concerne que l'organisation du r&#233;f&#233;rendum, mais cela va jusqu'&#224; la fonction de partager avec le gouvernement l'&#233;laboration des textes r&#233;glementaires relatifs &#224; cette organisation, ce qui pourrait le conduire &#224; contr&#244;ler la conformit&#233; &#224; la Constitution des questions pos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant cette &#233;ventualit&#233; ne repose que sur l'habitude prise par le Conseil de donner, dans le plus grand secret, son &#171; avis conforme &#187; au gouvernement (en fait au Pr&#233;sident qui a le monopole de la question). L'audace tr&#232;s discr&#232;te du Conseil en mati&#232;re de d&#233;fense des principes de valeur constitutionnelle, reste donc &#224; ce jour nimb&#233;e de myst&#232;re. Enfin, le principe sacro-saint du fonctionnement au secret (pas m&#234;me de publication des &#171; opinions dissidentes &#187; en son sein) fait que l'argumentaire du Conseil sur le non-respect de la Constitution par les lois r&#233;f&#233;rendaires reste une vaste inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pen s'engouffre dans cette fragilit&#233;. Elle joue sur l'invocation d'une &#171; souverainet&#233; populaire et nationale &#187; (art. 3 de la Constitution) toute enti&#232;re contenue selon elle, dans la proc&#233;dure du r&#233;f&#233;rendum. Gageons qu'elle ne manquera pas d'invoquer la b&#226;tardise de la composition du Conseil dont les trois nominations de ses membres le 25 f&#233;vrier 2022, puis le 21 f&#233;vier 2025 dont celle de son pr&#233;sident (Richard Ferrand ), oblig&#233;s des pr&#233;sidents de la R&#233;publique, du S&#233;nat et de l'Assembl&#233;e nationale, le d&#233;l&#233;gitiment encore un peu plus. L'incompl&#233;tude de cette instance qui l'emp&#234;che d'&#234;tre une authentique Cour supr&#234;me, se r&#233;v&#232;le, en ces circonstances, particuli&#232;rement dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, lors du d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; pour le 2&#176; tour de la pr&#233;sidentielle le 20 avril 2022, M. Le Pen n n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; opposer une version exp&#233;ditive mais bien conforme &#224; la position de l'extr&#234;me-droite sur l'Etat de droit : &#171; Le seul souverain c'est le peuple, ce n'est pas le Conseil Constitutionnel. Comme la Constitution est la loi supr&#234;me du peuple, seul le peuple peut la changer (&#8230;) par un r&#233;f&#233;rendum &#187;. Et d'invoquer alors le pr&#233;c&#233;dent du G&#233;n&#233;ral de Gaulle en 1962 (mais pas celui de 1969 sans doute parce qu'elle ne d&#233;missionnera pas en cas d'&#233;chec a-t-elle averti, &#224; la grande diff&#233;rence du G&#233;n&#233;ral). S'est &#233;tabli ainsi une confusion majeure sur les usages de l'article 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le cas des r&#233;formes portant sur &#171; l'organisation des pouvoirs publics &#187; a donc &#233;t&#233; pr&#233;empt&#233; et d&#233;tourn&#233; par M. Le Pen alors que son projet ne rel&#232;ve en rien de cette cat&#233;gorie. Or celle-ci a toute une histoire qui ne se limite aux dates &#233;voqu&#233;es. L'article 11 a toujours eu de nombreux partisans, parmi lesquels d' &#171; &#233;minents &#187; constitutionnalistes, soucieux de desserrer l'&#233;tau de l'article 89. Celui-ci a donn&#233; un droit de veto au S&#233;nat, ce qu'avait regrett&#233; De Gaulle lui-m&#234;me en des termes d&#233;finitifs en 1988 (Notes et carnets. Plon T.12) : &#171; Le S&#233;nat a un privil&#232;ge exorbitant et imparable, celui de tout bloquer (&#8230;) S'il y a une erreur dans la Constitution de 1958, c'est bien celle-l&#224; : de cr&#233;er un corps contre lequel on ne peut rien alors que l'on peut quelque chose sur tous les autres &#187;. Les innombrables propositions de droite comme de gauche , ainsi que celle des trois &#171; comit&#233;s de r&#233;forme de la Constitution &#187;, visant &#224; r&#233;duire le pr&#233;sidentialisme ou &#224; parlementariser la V&#176; R&#233;publique, se sont pour l'essentiel bris&#233;es sur le mur de l'article 89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudrait-il aujourd'hui le d&#233;fendre ? Des propositions ont &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;es et faites par des associations liant le r&#233;f&#233;rendum de l'art.11 &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et &#224; un processus participatif et interactif pr&#233;cis, ouvert &#224; tous les citoyens. Ce sont les &#171; Trente propositions pour avancer &#187; de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (2014) et le rapport &#171; Osons le big-bang d&#233;mocratique &#187; de la Fondation pour la Nature et l'Homme (2017). Arnaud Montebourg et Nicolas Hulot en firent leur programme. Jean-Luc M&#233;lenchon le faisant inscrire dans la programme de la France Insoumise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe donc bien d'autres voies que l'article 89, d&#233;finissant un processus plus convaincant : celle d'un processus de r&#233;forme constitutionnelle via l'article 11 &#224; l'occasion d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle, pouvant se faire avec des assembl&#233;es citoyennes (les Conventions constitutionnelles pratiqu&#233;es avec succ&#232;s par l'Irlande entre 2011 et 2018.) et pourquoi pas, in fine une Assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment passer par profits et pertes cette histoire ? C'est ce que n'h&#233;site pas &#224; faire un ancien conseiller de Fran&#231;ois Hollande &#224; l'Elys&#233;e, Pierre-Yves Bocquet dans un &#171; Tracts-Gallimard &#187; (N&#176; 64, janvier 2025, 60 p.) titr&#233; : La &#171; r&#233;volution nationale &#187; en 100 jours, et comment l'&#233;viter. Il croit pouvoir offrir une sortie d&#233;finitive de la situation ici d&#233;crite par une astuce qui a l'air de plaire apparemment &#224; bien des journalistes. Convenant qu'il faut modifier la Constitution pour endiguer les man&#339;uvres et le programme de Le Pen, il avance une solution &#171; simple et rapide. Un texte d'une ligne suffit, &#224; ins&#233;rer apr&#232;s le 4&#176; alin&#233;a de l'article 89 de la Constitution et qui dirait : &#171; La Constitution ne peut &#234;tre r&#233;vis&#233;e que selon les proc&#233;dures pr&#233;vues par le pr&#233;sent article &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On croirait entendre Raymond Souplex, alias le commissaire Bourrel au terme d'un &#233;pisode des &#171; Cinq derni&#232;res minutes &#187; de l'ORTF des origines de la V&#176; R&#233;publique.. Outre l'irr&#233;alisme politique de cette proposition dans la p&#233;riode que nous vivons, l'impasse fait sur le Conseil constitutionnel et les pouvoirs exorbitants du pr&#233;sident de la R&#233;publique dans le domaine r&#233;f&#233;rendaire, elle interdirait d&#233;finitivement la moindre possibilit&#233; d'une r&#233;vision d&#233;mocratique de la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est surtout le signe d'une paresse, d'une d&#233;mobilisation , d'un renoncement historique de la gauche toute enti&#232;re, et tout sp&#233;cialement ces derniers mois, pour accompagner le d&#233;sir de changement d&#233;mocratique de toute une population tel qu'exprim&#233; mais rest&#233;s sans suite dans les Cahiers de dol&#233;ances de janvier-mars 2019. . La promotion d'un d&#233;bat public sur les transformations constitutionnelles, ax&#233;es sur la d&#233;pr&#233;sidentialisation, la reconnaissance d'un syst&#232;me primo-minist&#233;riel, la restauration du Parlement, la transformation d'institutions comme le Conseil constitutionnel, est la condition d'un r&#233;armement d&#233;mocratique ouvert &#224; la soci&#233;t&#233;. Le combat contre une extr&#234;me-droite aux portes grandes ouvertes d'un pouvoir format&#233; par le bonapartisme de la V&#176; R&#233;publique, passe donc par la prise en consid&#233;ration d'une critique de ses institutions. Il ne sera jamais trop tard pour le mener.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paul Alli&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
4 avril 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
Blog MEDIAPART&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre R&#233;publique est possible&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#034;Sortir du pr&#233;sidentialisme, c'est possible&#034;, un communiqu&#233; de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique</title>
		<link>https://www.c6r.org/sortir-du-presidentialisme-c-est-possible-un-communique-de-la-convention-pour-la-6o-republique</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis six mois, nous connaissons une crise sociale, politique et institutionnelle qui confirme les diagnoostics que la C6R a r&#233;guli&#232;rement actualis&#233;s. Il est non seulement possible de sortir du pr&#233;sidentialisme, mais c'est indispensable. Ci-apr&#232;s, le communiqu&#233; de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique adopt&#233; par le conseil d'administration le 4 novembre 2024. B.V &lt;br class='autobr' /&gt; Sortir du pr&#233;sidentialisme, c'est possible &lt;br class='autobr' /&gt; L'enlisement des formations politiques dans les d&#233;dales de la V&#176; R&#233;publique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-23-21741.jpg?1765785727' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis six mois, nous connaissons une crise sociale, politique et institutionnelle qui confirme les diagnoostics que la C6R a r&#233;guli&#232;rement actualis&#233;s. Il est non seulement possible de sortir du pr&#233;sidentialisme, mais c'est indispensable. Ci-apr&#232;s, le communiqu&#233; de la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique adopt&#233; par le conseil d'administration le 4 novembre 2024.&lt;br class='autobr' /&gt;
B.V&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir du pr&#233;sidentialisme, c'est possible&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; L'enlisement des formations politiques dans les d&#233;dales de la V&#176; R&#233;publique, semble ne plus connaitre de limites. Nous nous installons donc dans une crise de r&#233;gime dont l'usage pr&#233;sidentialiste des institutions est la premi&#232;re responsable. La Convention pour la 6&#176; R&#233;publique en a toujours actualise son diagnostic au moment de la censure vot&#233;e contre le gouvernement Barnier. La crise dans laquelle est plong&#233;e la France depuis bient&#244;t 6 mois est &#224; la fois politique, sociale et institutionnelle. Elle est due au talent d'un homme, pr&#233;sident de la R&#233;publique pour son bon plaisir, qui n'en finit pas de jouer avec un texte de la Constitution dont il est le maitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;monstration est en train d'en &#234;tre gravement administr&#233;e : inaugur&#233;e par le m&#233;pris du suffrage universel (conduisant au choix tardif d'un Premier ministre dans les rangs de la plus petite formation issue des &#233;lections l&#233;gislatives), elle s'est poursuivie par l'abandon du gouvernement qu'il a pourtant nomm&#233; (cautionnant un compromis avec l'extr&#234;me-droite &#224; l'Assembl&#233;e nationale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va-t-on devoir faire les frais encore deux ans, d'une personnalit&#233; dont la perversion narcissique du pouvoir a ainsi &#233;t&#233; expos&#233;e ? Et ce travers suffit-il &#224; expliquer la crise de r&#233;gime que nous traversons ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ch&#339;ur de constitutionnalistes s'emploie &#224; r&#233;p&#233;ter que la cause en serait l'absence de culture du compromis, mal typiquement fran&#231;ais. Les responsables en seraient donc les responsables politiques, incapables de passer des accords au Parlement (la V&#176; R&#233;publique &#233;tant selon eux &#171; parlementaire &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est toute autre. Ce r&#233;gime est d&#233;fini par sa pratique, laquelle s'est impos&#233;e &#224; la lettre de sa loi fondamentale durant 60 ans. Et cette pratique est exclusivement pr&#233;sidentialiste. La France est le seul pays en Europe (o&#249; 12 pays &#233;lisent pourtant leur Pr&#233;sident au suffrage universel direct) &#224; vivre un syst&#232;me d'irresponsabilit&#233; absolue d'un chef de l'Etat concentrant et centralisant autant de pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sidence toxique est donc d&#233;duite des institutions autant si ce n'est plus que des travers psycho-politiques du Pr&#233;sident. C'est si vrai que son &#233;ventuelle d&#233;mission ne r&#232;glerait en rien l'impuissance du Parlement &#224; former un gouvernement durable. Elle pourrait m&#234;me encourager le dit Pr&#233;sident &#224; jouer de mani&#232;re in&#233;dite sa propre survie, en pensant &#224; une nouvelle candidature. N'aura-t-il jamais &#233;t&#233; aussi heureux et infantile que de jouer dans son bac &#224; sable institutionnel (voir la dissolution) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien de ce syst&#232;me qu'il faut se d&#233;faire. A l'&#233;vidence l'heure n'est pas au grand changement, m&#234;me si la revendication d'une 6&#176; R&#233;publique figure au programme du Nouveau Front Populaire. Elle est d'&#233;vidence r&#233;serv&#233;e &#224; une &#233;vocation pour les jours de f&#234;te. Le silence total de celui-ci durant ces derniers mois sur les questions constitutionnelles, confirme le divorce de la gauche dans son ensemble avec une aspiration pourtant populaire &#224; l'av&#232;nement d'une R&#233;publique d&#233;mocratique. Que ce soit par paresse ou adh&#233;sion &#224; la tradition bonapartiste, vraie culture politique fran&#231;aise. Il existe pourtant des issues, ici et maintenant, &#224; la crise du r&#233;gime pr&#233;sidentialiste dans laquelle nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie existe pour faciliter modestement le passage &#224; un r&#233;gime parlementaire garant de l'Etat de droit menac&#233; par l'extr&#234;me-droite. Il suffirait de supprimer trois articles de la Constitution : l'article 8 (le pr&#233;sident nomme &#8211; et r&#233;voque de fait &#8211; le Premier ministre), l'article 9 (le Pr&#233;sident &#171; pr&#233;side le conseil des ministres &#187;) et l'article 12 (le Pr&#233;sident a l'exclusivit&#233; du droit de dissolution) pour que l'Assembl&#233;e nationale devienne le centre normal d'exercice normal d'un pouvoir &#233;quilibr&#233;. La responsabilit&#233; et les coalitions gouvernementales, assorties d'une &#233;lection &#224; la proportionnelle, deviendraient alors possibles. Le Premier ministre serait choisi et investi par l'Assembl&#233;e nationale. C'est lui qui aurait le droit de dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la possibilit&#233; d'une &#233;volution tranquille vers un r&#233;gime primo-minist&#233;riel . Un tel r&#233;gime b&#233;n&#233;ficierait d'un soutien large dans l'opinion. Il faut donc en faire un sujet de revendication pour que s'en saisisse un nouveau gouvernement. Son droit de proposition d'un r&#233;f&#233;rendum est assur&#233; par l'actuel article 11 de la Constitution. C'est le combat que poursuivra avec obstination la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Conseil d'Administration de la C6R &#8211; Le 4 d&#233;cembre 2024&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour une d&#233;mocratie pleine et enti&#232;re, d&#233;fendons l'Etat de droit !</title>
		<link>https://www.c6r.org/pour-une-democratie-pleine-et-entiere-defendons-l-etat-de-droit</link>
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		<dc:date>2024-10-06T06:47:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ci-dessous le communiqu&#233; de la Ligue des droits de l'Homme du mardi 1er octobre 2024 dont la Convention pour la 6&#176; r&#233;publique (C6R) est signataire. &lt;br class='autobr' /&gt; Communiqu&#233; commun &#224; l'initiative de la LDH &lt;br class='autobr' /&gt; Pour une d&#233;mocratie pleine et enti&#232;re, d&#233;fendons l'Etat de droit ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Dimanche 29 septembre 2024, le ministre de l'Int&#233;rieur, Bruno Retailleau, se disait &#171; habit&#233; par un sentiment de gravit&#233; &#187; lorsqu'il a parl&#233; de sujets relevant de la d&#233;mocratie, de la lutte contre l'arbitraire&#8230; &#224; la fa&#231;on dont le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-22-180f0.jpg?1763119159' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ci-dessous le communiqu&#233; de la Ligue des droits de l'Homme du mardi 1er octobre 2024 dont la Convention pour la 6&#176; r&#233;publique (C6R) est signataire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Communiqu&#233; commun &#224; l'initiative de la LDH&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour une d&#233;mocratie pleine et enti&#232;re, d&#233;fendons l'Etat de droit !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 29 septembre 2024, le ministre de l'Int&#233;rieur, Bruno Retailleau, se disait &#171; habit&#233; par un sentiment de gravit&#233; &#187; lorsqu'il a parl&#233; de sujets relevant de la d&#233;mocratie, de la lutte contre l'arbitraire&#8230; &#224; la fa&#231;on dont le font les r&#233;gimes autoritaires, les d&#233;magogues penchants &#224; l'extr&#234;me droite. Avec une l&#233;g&#232;ret&#233; effrayante, il a affirm&#233; rel&#233;guer l'Etat de droit au nombre des scories encombrantes de la contrainte juridique. Selon lui, &#171; l'Etat de droit n'est pas intangible &#187; mais devrait &#233;voluer en fonction des besoins d&#233;finis par les politiques nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, c'est bien l'inverse qui fonde l'Etat de droit. Pour prot&#233;ger de l'arbitraire du pouvoir du moment, l'Etat de droit, ce sont des r&#232;gles &#224; respecter qui assurent la protection des citoyennes et citoyens comme des institutions. Ces r&#232;gles s'appuient sur des outils juridiques, dont l'ind&#233;pendance des juges, pour que ne s'impose pas la loi du plus fort. Loin de s'opposer au peuple, l'Etat de droit est, au contraire, la garantie de l'&#233;galit&#233; de toutes les citoyennes et tous les citoyens qui le composent et de sa libre expression contre toutes les oppressions, individuelles ou collectives. L'Etat de droit est une condition de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat de droit reprend des &#233;l&#233;ments clefs de la D&#233;claration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 avec, par exemple, le principe de la s&#233;paration des pouvoirs, de la garantie des droits et de l'&#233;galit&#233; de toutes et tous devant la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le propre de l'extr&#234;me droite, et dor&#233;navant de plus en plus des droites extr&#234;mes, de ne pas reconna&#238;tre l'universalit&#233; des droits, de nier l'&#233;galit&#233; en droit de toutes et tous. Pour que certaines et certains ne puissent se revendiquer de droits, ni obtenir leur protection par un juge, il faut &#224; ces courants politiques d&#233;manteler les garanties qu'apporte un Etat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Retailleau refuse l'Etat de droit, qui a en son centre l'&#233;gal traitement de chaque individu, affirmant qu'au-dessus il y aurait &#171; la vox populi &#187; qui imposerait sa loi en toute chose. La d&#233;mocratie n'est pourtant pas la dictature de la majorit&#233;, elle ne saurait &#234;tre une op&#233;ration formelle, sans cadre de valeurs, de principes, se r&#233;duisant &#224; un vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;paration des pouvoirs doit &#234;tre garantie lorsque le Parlement vote la loi. Le Parlement peut d'ailleurs modifier ou abroger un texte d&#233;j&#224; vot&#233;. Il ne peut en revanche remettre en cause les droits et les libert&#233;s inscrites dans les textes &#224; valeur constitutionnelle, qui sont de niveau sup&#233;rieur aux lois ordinaires, comme par exemple la D&#233;claration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 ou le Pr&#233;ambule de la Constitution de 1946 (cit&#233; dans celui de la Constitution de la Ve R&#233;publique) ou dans la Constitution au sens strict, pour prendre un exemple, &#171; la libert&#233; garantie &#224; la femme d'avoir recours &#224; une interruption volontaire de grossesse &#187;.Il ne peut pas non plus d&#233;roger aux conventions ratifi&#233;es par la France (ce qui a n&#233;cessit&#233; un vote du Parlement), comme la Convention europ&#233;enne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libert&#233;s fondamentales, ou la Convention des droits de l'enfant (Cide) ou celle d'Istanbul contre la violence &#224; l'&#233;gard des femmes, etc., qui participent &#224; la garantie des droits sans laquelle il n'y a pas d'espace d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etat de droit et d&#233;mocratie sont intimement li&#233;s. Ils progressent ensemble et r&#233;gressent ensemble&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e de la haine et de l'autoritarisme, et parce que nous sommes attach&#233;s aux principes fondamentaux de la d&#233;mocratie, nous le disons solennellement : nous d&#233;fendrons l'Etat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel &#224; l'initiative de la LDH (Ligue des droits de l'Homme) et sign&#233; par Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT), La Cimade, F&#233;d&#233;ration internationale pour les droits humains (FIDH), F&#233;d&#233;ration syndicale unitaire (FSU), Mouvement contre le racisme et l'amiti&#233; entre les peuples (Mrap), Oxfam France, SOS Racisme, Syndicat de la Magistrature (SM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres signataires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Agir ensemble contre le ch&#244;mage (AC !), Alternatives Europ&#233;ennes (AE), Les Amoureux au ban public, APF France handicap, L'Assembl&#233;e Citoyenne des Originaires de Turquie (L'Acort), Association de D&#233;fense des Droits de l'Homme au Maroc (Asdhom), Association fran&#231;aise des juristes d&#233;mocrates (AFJD), Association France Palestine Solidarit&#233; (AFPS), Association Histoire coloniale et postcoloniale, C&#233;m&#233;a France, Centre Primo Levi, Collectif des associations citoyennes (CAC), Collectif Changer de Cap, Comit&#233; pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'&#233;ducation populaire (Cnajep), Comit&#233; pour le respect des libert&#233;s et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT), Commerce Equitable France (CEF), Conf&#233;d&#233;ration nationale du logement (CNL), Conseil national des associations familiales la&#239;ques (Cnafal), &lt;i&gt;Convention pour la 6&#176; R&#233;publique (C6R&lt;/i&gt;), Coordination antifasciste pour l'affirmation des libert&#233;s academiques et pedagogiques (CAALAP), Coordination fran&#231;aise pour le Lobby Europ&#233;en des Femmes (CLEF), Coordination nationale des comit&#233;s de d&#233;fense des h&#244;pitaux et maternit&#233;s de proximit&#233;, Coordination nationale urgences acc&#232;s aux soins pour tous Marmande, Culture XXI, Europe solidaire sans fronti&#232;res (ESSF), F&#233;d&#233;ration des associations g&#233;n&#233;rales &#233;tudiantes (FAGE), F&#233;d&#233;ration sportive et gymnique du travail (FSGT), F&#233;d&#233;ration des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Fondation Copernic, Fondation Lilian Thuram Education contre le racisme pour l'&#233;galit&#233;, G&#233;n&#233;rations Futures (GF), Generation for Rights Over the World (Grow), Humanity Diaspo (HD), Jesuit Refugee Service France (JRS France), Les Libres Apprentis-Sages de la Vie, Le Lierre, Ligue de l'enseignement, Ligue des femmes iraniennes pour la d&#233;mocratie (LFID), La Maison des Pas Que, Migraction59, Mouvement Citoyen Tous Migrants Brian&#231;on, Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), Mouvement National Le CRI, Mouvement pour l'&#233;conomie solidaire (MES), On est pr&#234;t, Patron.nes Solidaires, Planning familial, POLLINIS, Pour une Ecologie Populaire et sociale 31, R&#233;seau d'Actions contre l'Antis&#233;mitisme et tous les Racismes (RAAR), R&#233;seau &#233;ducation sans fronti&#232;res (RESF), R&#233;seau hospitalit&#233; (Marseille), Secrets Toxiques, Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), Terres d'Argentan Interco, Une Autre Voix Juive (UAVJ), Union &#233;tudiante, Union f&#233;d&#233;rale d'intervention des structures culturelles (UFISC), Union nationale des &#233;tudiants de France (Unef), Utopia 56.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortir de la crise de r&#233;gime, par Paul Alli&#232;s</title>
		<link>https://www.c6r.org/sortir-de-la-crise-de-regime-par-paul-allies</link>
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		<dc:date>2024-09-28T09:10:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul ALLIES, Bernard VIVIEN</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans son dernier billet paru sur son blog &#034;Une autre R&#233;publique est possible&#034;, Paul Alli&#232;s explique pourquoi, en ne prenant pas la mesure de la crise de r&#233;gime ouverte que nous connaissons, et en laissant sans r&#233;ponse &#034;la question d&#233;mocratique b&#233;ante&#034; qui est pos&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233;, le risque est bien de d&#233;sarmer les acteurs du mouvement social qui a largement contribu&#233; au succ&#232;s du Front r&#233;publicain. Bernard Vivien &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortir de la crise de r&#233;gime &lt;br class='autobr' /&gt; Au cours des trois mois &#233;coul&#233;s, un double (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.c6r.org/quelle-vio-republique-et-comment-y-parvenir" rel="directory"&gt;Quelle VI&#176; R&#233;publique et comment y parvenir ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.c6r.org/local/cache-vignettes/L150xH84/picto_c6r_site-21-72d5b.jpg?1763119159' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier billet paru sur son blog &#034;Une autre R&#233;publique est possible&#034;, Paul Alli&#232;s explique pourquoi, en ne prenant pas la mesure de la crise de r&#233;gime ouverte que nous connaissons, et en laissant sans r&#233;ponse &#034;la question d&#233;mocratique b&#233;ante&#034; qui est pos&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233;, le risque est bien de d&#233;sarmer les acteurs du mouvement social qui a largement contribu&#233; au succ&#232;s du Front r&#233;publicain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernard Vivien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir de la crise de r&#233;gime
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au cours des trois mois &#233;coul&#233;s, un double consensus semble s'&#234;tre install&#233; dans le Nouveau Front Populaire : - sur la responsabilit&#233; propre du pr&#233;sident de la R&#233;publique, plus que celle du r&#233;gime en crise
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle comme seule issue possible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce consensus d&#233;sarme le mouvement social qui s'est exprim&#233; dans le &#034;front r&#233;publicain&#034; .&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons les trois sujets qui oeuvrent &#224; ce d&#233;sarmement. Ils d&#233;terminent la poursuite d'une r&#233;sistance au risque d'une catastrophe &#233;vit&#233;e de peu le 7 juillet et toujours l&#224; : l'acc&#232;s au pouvoir de l'Extr&#234;me-droite en France, pour la premi&#232;re fois en France depuis 1940 et par la voie des urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est bien le r&#233;gime de la V&#176; R&#233;publique qui est responsable de la crise.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La personnalit&#233; d'Emmanuel Macron, reli&#233;e &#224; une pratique erratique de ses pouvoirs, s'est impos&#233;e d&#232;s le d&#233;but de cette s&#233;quence. Au point de focaliser les commentaires et d'occulter les questions institutionnelles. Les raisons de sa d&#233;cision de dissoudre l'Assembl&#233;e nationale le 9 juin sont rest&#233;es myst&#233;rieuses. Assez pour nourrir une histoire tr&#232;s personnelle d'une suite d'&#233;v&#232;nements in&#233;dits jusque l&#224; (la prolongation du caract&#232;re d&#233;missionnaire du gouvernement, son implication dans la laborieuse s&#233;lection du Premier ministre intuitu personae, le choix d'un gouvernement de la droite rance avec soutien sans participation de l'extr&#234;me-droite). Tout cela assorti d'images affligeantes durant les Jeux Olympiques (depuis les embrassades des athl&#232;tes jusqu'au sautillement et gestes humiliants lors de la c&#233;r&#233;monie du 14 septembre sur les Champs Elys&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une vieille question, pos&#233;e par les r&#233;flexions de Freud sur l'implication du pr&#233;sident am&#233;ricain T.W. Wilson dans la n&#233;gociation du trait&#233; de Versailles en 1919 et son sabotage &#224; Washington la m&#234;me ann&#233;e : &#171; Les dictateurs sont faciles &#224; d&#233;chiffrer. Les pr&#233;sidents d&#233;mocratiquement &#233;lus, parvenus au pouvoir par leurs promesses et la s&#233;duction du verbe, sont moins pr&#233;dictibles, mais peuvent-&#234;tre tout aussi d&#233;s&#233;quilibr&#233;s et jouer un r&#244;le authentiquement destructeur dans notre histoire. &#187; (1). Ce diagnostic est d'une parfaite actualit&#233; et devrait conduire &#224; des conclusions sur les moyens de contrecarrer cette maladie. En l'occurrence comment un r&#233;gime parlementaire pourrait en limiter les effets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien de cela aux lendemains du r&#233;sultat des l&#233;gislatives le 7 juillet. Un ch&#339;ur d'experts fait de constitutionnalistes et d'historiens, s'est prestement constitu&#233; pour orchestrer une version &#224; deux entr&#233;es : &#171; s'il y a un probl&#232;me d'ingouvernementalit&#233;, c'est la faute de nos responsables politiques &#187; qui n'ont pas la &#034;culture du compromis&#034; ; et c'est impardonnable car &#171; la V&#176; R&#233;publique est avant tout un r&#233;gime parlementaire &#187; qui permettrait &#224; celle-la de s'&#233;panouir. &lt;a href='https://www.c6r.org/crise-de-regime-une-question-de-culture-politique-par-paul-allies' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'analyse ici faite le 24 juillet&lt;/a&gt;, n'a pas vari&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette fiction a, au contraire, prosp&#233;r&#233; dans les sph&#232;res journalistiques et politiques, sans conna&#238;tre de notoires dissidences (2) . La post&#233;rit&#233; rendra sans doute compte d'une incongruit&#233; paradoxale : un chorus du m&#234;me ordre s'&#233;tait form&#233; en ao&#251;t 2014 pour crier &#224; la &#171; crise de r&#233;gime &#187;, alors qu'il ne s'agissait que de la recomposition du gouvernement Valls rendant possible la r&#233;vocation d'Arnaud Montebourg et des ses amis (&lt;a href='https://www.c6r.org/la-gauche-et-la-crise-de-regime' class=&#034;spip_in&#034;&gt;lire ici notre derni&#232;re analyse&lt;/a&gt;). Ce coup-ci la locution m&#234;me de &#171; crise de r&#233;gime &#187; n'aura &#233;t&#233; employ&#233;e qu'avec des pincettes, quand elle l'aura &#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, nous assistons au triomphe de la Constitution pr&#233;sidentialiste install&#233;e d&#232;s 1959 par De Gaulle lui-m&#234;me et th&#233;oris&#233;e par lui lors d'une conf&#233;rence de presse le 31 janvier1964 dans ces termes rest&#233;s c&#233;l&#232;bres : &#171; Une Constitution, &#231;a me parait &#234;tre un esprit, puis les institutions et puis encore une pratique (...) C'est vrai que l'autorit&#233; indivisible de l'Etat est d&#233;l&#233;gu&#233;e toute enti&#232;re au pr&#233;sident par le peuple qui l'a &#233;lu, et il n'y en a aucune autre, ni minist&#233;rielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire qui ne puisse &#234;tre conf&#233;r&#233;e et maintenue que par lui &#187;. Cette proclamation a fix&#233; la ligne de ce qu'on a pu appeler la 2&#176; Constitution de la V&#176; R&#233;publique, celle impos&#233;e par la pratique de tous les pr&#233;sidents successifs sans exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les cohabitations sont all&#233;es &#224; l'encontre de cette &#233;difiante version. Mais elles n'ont totalis&#233; que 6 ans et 5 mois sur un total de 66 ans de l'histoire de ce r&#233;gime. Lequel est donc parfaitement bonapartiste, ce qui constitue sa vraie culture politique, &#224; l'oppos&#233; de la tradition parlementaire s&#233;culaire des r&#233;publiques ant&#233;rieures, laboratoires de bien des compromis pour le meilleur et le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne sommes pas en situation de cohabitation. Le gouvernement Barnier est un gouvernement de coalition des droites o&#249; 7 membres du gouvernement Attal ont &#233;t&#233; reconduits ; soit, avec les nouveaux, la moiti&#233; du total minist&#233;riel qui proc&#232;de des formations soutenant encore Emmanuel Macron ; le reste vient de la droite la plus minoritaire et la moins Front r&#233;publicain, du scrutin du 7 juillet. Le soutien sans participation de l'extr&#234;me-droite parach&#232;ve cette coalition massivement rejet&#233;e dans les &#233;lections l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dissolution de l'Assembl&#233;e nationale dans 9 mois aura toutes les chances d'&#234;tre l'occasion d'une nouvelle progression du Rassemblement National, au risque de la conqu&#234;te d'une majorit&#233; de si&#232;ges vu le maintien du scrutin majoritaire. L'adoption d'un mode de scrutin proportionnel est devenu improbable vu l'hostilit&#233; tendancielle du gouvernement Barnier. La solution de la crise ne viendra donc pas du parlement. Or le Nouveau Front Populaire (NFP) agit comme si c'&#233;tait possible d&#232;s lors qu'il serait autoris&#233; &#224; former le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est bien le NFP qui a laiss&#233; croire qu'il pouvait exercer le pouvoir tel qu'il es&lt;/strong&gt;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Sans qu'il soit besoin d'entrer dans le d&#233;tail de sa d&#233;marche, la pratique du NFP concernant les institutions reste passablement d&#233;ficiente. Elle s'est montr&#233;e incapable de capitaliser la dynamique sociale qu'avait r&#233;v&#233;l&#233;e le succ&#232;s du Front r&#233;publicain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.- &lt;i&gt;Une gauche parlementaire d&#233;ficiente&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettre qu'il s'agissait bien d'une crise de r&#233;gime aurait d&#251; conduire la gauche &#224; proposer des r&#233;ponses concr&#232;tes &#224; la question d&#233;mocratique b&#233;ante. C'est-&#224;-dire susceptibles d'&#234;tre reprises par le mouvement social pour prolonger le 7 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or elle a d'abord ratifi&#233; dans son ensemble le fait qu'elle avait bien l'intention de gouverner et que son candidat &#233;tait &#171; le programme (du NFP), rien que le programme mais tout le programme &#187;. &lt;i&gt;Ce faisant elle faisait comme si les votes du 2&#176; tour des l&#233;gislatives &#233;taient des soutiens &#224; ce programme, alors que ces votes avaient voulu &#233;viter le pire. Ceci permettait d'oublier une des le&#231;ons des scrutins depuis celui des europ&#233;enne au moins : la gauche partisane dans son ensemble reste structurellement minoritaire (autour de 30% de l'&#233;lectorat et d&#233;sormais derri&#232;re le Rassemblement National)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite elle s'est prise au jeu d'une d&#233;signation &#224; huis clos et durant quinze jours, de Lucie Castet comme candidate &#224; la fonction de Premi&#232;re ministre. Jusqu'&#224; laisser Emmanuel Macron proc&#233;der &#224; un vulgaire entretien d'embauche. Il inaugurait ainsi un long parcours confirmant que le cadre constitutionnel n'&#233;tait pas celui d'une cohabitation. Or la gauche a b&#226;ti sa protestation sur l'hypoth&#232;se inverse, effa&#231;ant la disparition, depuis les l&#233;gislative de 2020, du principe majoritaire de l'horizon de la V&#176; R&#233;publique. Un principe essentiel &#224; son bon fonctionnement, y compris pour les cohabitations. L'exigence d'une instauration de la proportionnelle a &#233;t&#233; totalement pass&#233;e sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le repli sur des batailles propres &#224; l'enceinte parlementaire (depuis la conqu&#234;te des postes de bureaux et pr&#233;sidence de commissions, jusqu'&#224; la mise en oeuvre des tactiques de vote cas par cas, sur l'abrogation de la loi sur les retraites et autres). Le tout a provisoirement culmin&#233; sur la proposition de destitution du Pr&#233;sident de la r&#233;publique, proc&#233;dure vaine et inad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce parcours s'est fait dans un silence assourdissant sur la responsabilit&#233; propre des institutions de la V&#176; R&#233;publique dans cette violation cumul&#233;e des r&#232;gles d'une banale d&#233;mocratie parlementaire. Or il s'agissait au moins de donner envie aux &#233;lecteurs du 7 juillet de continuer leur combat ce qui suppose un objectif clair et largement compr&#233;hensible. Et aux autres, de les rassurer et tranquilliser sur l'efficience de la gauche dans la recherche de solutions, y compris &#224; partir du droit constitutionnel existant. De la mise sur pied d'un contre-gouvernement ouvert &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, jusqu'&#224; la proposition d'un r&#233;f&#233;rendum selon l'article 11, la panoplie des propositions &#233;tait vaste. Elle a &#233;t&#233; totalement n&#233;glig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- Une gauche sociale laiss&#233;e sans perspective&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par &#171; gauche sociale &#187; ou &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, entendons ces bataillons de syndicats, d'associations, d'ONG, d'universit&#233;s, de professionnels du droit qui ont occup&#233; la rue, leurs lieux de travail et les estrades entre les deux tours des l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle r&#233;v&#233;lait des ressources civiques insoup&#231;onn&#233;es, masqu&#233;es par les d&#233;crochages partisans et le mythe de la droitisation de la soci&#233;t&#233; (3)]. Elle rappelait l'existence d'une soci&#233;t&#233; mobilis&#233;e et mobilisable que les progr&#232;s &#233;lectoraux de l'extr&#234;me-droite et la nationalisation des champs m&#233;diatiques et politiques avaient fait oublier. Contre cette &#171; droitisation par le haut &#187;, existe donc bel et bien une alternative de citoyens caract&#233;ris&#233;s par leur m&#233;moire politique (des &#233;lections et des pratiques gouvernementales), leur renouvellement g&#233;n&#233;rationnel, leur niveau de dipl&#244;me massivement &#233;tendu et &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit l&#224; d'une &#171; citoyennet&#233; distante &#187; (4) se forgeant une opinion de mani&#232;re autonome, tant vis-&#224;-vis des m&#233;dias que des partis, Tr&#232;s au clair et critiques sur l'offre politique, son vote n'est pas lin&#233;aire, constant ou stable. En t&#233;moigne les progr&#232;s constants d'une abstention chronique, forme expressive d'une d&#233;fiance latente contre le syst&#232;me politique tel qu'il est, partis de gauche inclus. La t&#226;che de ces derniers devrait &#234;tre de se poser comme instrument du changement de ce syst&#232;me afin de favoriser l'av&#232;nement d'institutions d&#233;mocratiques. Faute de quoi, il est probable que la mobilisation des &#233;lecteurs dans le Front r&#233;publicain ne se renouvelle pas &#224; la prochaine occasion. Au lieu de tenir compte de cette sociologie, le NFP se focalise sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de la pire des mani&#232;res, en abandonnant en rase campagne la gauche sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien l'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui paralyse la mouvement d&#233;mocratique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le leadership ne se d&#233;cr&#232;te pas mais il s'affiche sinon s'use. De M&#233;lenchon &#224; Ruffin et Glucksmann, le balcon des candidats virtuels se r&#233;clamant de la gauche, est d&#233;j&#224; bien encombr&#233;. On l'a dit, les strat&#233;gies mises en oeuvre par le NFP durant les trois derniers mois, se sont enlis&#233;es dans la fiction du parlementarisme de la V&#176; R&#233;publique. Par aveuglement peut-&#234;tre sur la nature du r&#233;gime. Mais aussi &#224; cause de bien des calculs sous-tendus par la perspective d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit suite &#224; la faillite du gouvernement Barnier ou suite &#224; un nouvel &#233;chec &#233;lectoral apr&#232;s une dissolution, une d&#233;mission d'Emmanuel Macron n'est pas &#224; exclure d&#232;s 2025 (avec son possible cort&#232;ge d'entourloupes auquel il nous a habitu&#233;). Sinon &#224; l'&#233;ch&#233;ance normale de 2027, 35 petits mois nous s&#233;parent de la &#034;m&#232;re des batailles&#034;. Car c'est bien ainsi que ce scrutin se pr&#233;sente dans toute la &#034;classe politique&#034;, y compris &#224; gauche. Pourtant la d&#233;nonciation de ses m&#233;faits appartient &#224; l'histoire la plus ancienne (1848) de la gauche d&#233;mocratique r&#233;publicaine. Apr&#232;s 1962 (l'instauration de l'&#233;lection du pr&#233;sident au suffrage universel direct), deux voies se sont pr&#233;sent&#233;es &#224; ceux (tel Mend&#232;s-France) qui persistaient &#224; ne pas l'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re consistait &#224; r&#233;clamer sa suppression pure et simple (ou sa d&#233;valuation pars divers biais : la possibilit&#233; de plusieurs candidats au 2&#176; tour, un calendrier donnant la primeur &#224; l'&#233;lection de l'Assembl&#233; nationale). Mais cette id&#233;e, surtout apr&#232;s 1981, apparut comme impraticable. Tout se passait comme s'il devenait alors impossible de remettre en cause cette &#233;lection populaire sans faire reculer la d&#233;mocratie dans la V&#176; R&#233;publique. Les deux &#233;lections et mandats de Macron comme la s&#233;quence que nous vivons, ont affaibli cette croyance. La dangerosit&#233; de la proc&#233;dure s'affiche d&#233;sormais grandeur r&#233;elle.En t&#233;moigne un nombre grandissant de constitutionnalistes qui se d&#233;clarent favorables &#224; cette remise en cause. La gauche partisane pourrait donc reprendre ce flambeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me voie s'est ouverte au d&#233;but des ann&#233;es 2000, initi&#233;e par Arnaud Montebourg, alors d&#233;put&#233;, et la Convention pour la 6&#176; R&#233;publique, cr&#233;e &#224; cet effet, Elle partait du constat que 13 autres Etat-membres (aujourd'hui) de l'Union Europ&#233;enne, utilisaient eux aussi le m&#234;me mode de scrutin pour &#233;lire leur pr&#233;sident, sans pour autant que celui-ci concentre, une fois &#233;lu, autant d'irresponsabilt&#233; et de pouvoirs qu'en France. Il &#233;tait donc possible de garder le suffrage universel direct tel que pr&#233;vu &#224; l'article 7 de la Constitution &#224; condition que cela conduise &#224; une r&#233;vision de celle-ci pour instaurer un syst&#232;me primo-minist&#233;riel. Cela supposait qu'un ou une candidate fasse campagne sur ce projet. IL recevait ainsi un mandat constituant qu'il mettait &#224; profit, d&#232;s son &#233;lection pour r&#233;former ou cr&#233;er une R&#233;publique moderne, donc d&#233;mocratique. Les ressources de l'interactivit&#233;, des conventions citoyennes, des r&#233;f&#233;rendums ont &#233;t&#233; imagin&#233;es par plusieurs Think tanks ou experts, pour rendre effective et plus populaire encore ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre possible et attractif cette d&#233;marche, fut invent&#233;e en 2009 la proc&#233;dure des primaires ouvertes, appliqu&#233;e par le Parti socialiste (Martine Aubry &#233;tant Premi&#232;re secr&#233;taire) pour les pr&#233;sidentielles de 2012. Appuy&#233;e sur les exp&#233;riences dans d'autres pays europ&#233;ens et aux Etats-Unis, elle fut consid&#233;r&#233;e comme un r&#233;el progr&#232;s dans la mobilisation de citoyens apartidaires. Mais elle ne parvint pas au but recherch&#233; et le mandat de Fran&#231;ois Hollande fut un enterrement de premi&#232;re classe de cette tentative de democratisation. Elle demeure n&#233;anmoins une exp&#233;rience qui pourrait servir de recours contre la division mortif&#232;re des candidats d'ores et d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233;s. Certains ont exprim&#233; leur d&#233;fiance, tel Jean-Luc M&#233;lenchon d&#233;clarant d&#232;s le 12 janvier 2023 : &#034;en 2027, les circonstances vont permettre de d&#233;signer quelqu'un&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quel que soit l'un ou l'autre de ces chemins, il est essentiel que la d&#233;mocratisation du syst&#232;me politique, sa parlementarisation effective, devienne un objectif public et commun &#224; l'ensemble de la gauche. En d&#233;battre d'ores et d&#233;j&#224;, serait un moyen de gagner l'attention de la citoyennet&#233; civile, capital pr&#233;cieux dans la lutte contre l'extr&#234;me-droite. Mis &#224; profit pour sortir de la crise de ce r&#233;gime, ce serait un atout de premier ordre dans sa transformation d&#233;mocratique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Patrick Weil. Le pr&#233;sident est-il devenu fou ?Le diplomate, le psychanalyste et le chef de l'Etat. Grasset. 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Le Monde du 14 septembre 2024 publie deux pleines pages sous le titre : &#171; Coalitions politiques, un blocage fran&#231;ais &#187;, sollicitant le contre-exemple de &#171; nos voisins europ&#233;ens &#187; sans &#233;voquer la nature parlementaire de leurs syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3)] Vincent Tiberj. La droitisation de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Mythe et r&#233;alit&#233;s. 2024, PUF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4)Vincent Tiberj, Les Citoyens qui viennent. Comment le renouvellement g&#233;n&#233;rationnel transforme la politique en France. 2017, PUF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Alli&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
27 septembre 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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