C6R
Convention pour la 6ème République

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Des Américains pour une 6° République.

10 novembre 2014 | Par Paul Alliès - Mediapart.fr

mardi 11 novembre 2014, par 820. Paul Alliès

Dans une note sur l’état de la France, le "Peterson Institute", importante fondation américaine, estime qu’une réforme du système politique français est tout aussi indispensable que des réformes économiques peuvent être nécessaires. Un regard intéressant sur la spécificité de notre régime "semi-présidentiel" et des propositions qui rejoignent le projet que la C6R défend depuis 12 ans. Bernard Vivien.

Le "Peterson Institute" est une des plus importantes fondations américaines. Elle vient de publier une note sur l’état de la France. D’où il ressort que "si des réformes économiques sont nécessaires en France, une réforme du système politique est également indispensable". Et les propositions ne sont ni plus ni moins qu’un plaidoyer pour une Sixième République.

Le diagnostic est sans appel : politiquement, la France fait exception. Son régime ("semi-présidentiel" dit J. Funk Kirkegaard, l’auteur de la note) est globalement anachronique avec un "président-monarque qui domine toute la politique française avec un pouvoir considérable inconnu ailleurs en Europe". Cette surpuissance bloque le système, bipolarisé artificiellement et empêche une respiration démocratique qui fait le jeu du Front National (lequel ne serait pourtant "rien d’autre qu’un classique parti populiste européen chauvin-assurantiel "). C’est la faible qualité démocratique de la V° République qui lui assurerait de beaux jours.

Les propositions sont très claires, à savoir la suppression pure et simple de trois articles de la Constitution : l’article 8 (le pouvoir de nomination-révocation du Premier ministre par le Président de la République), l’article 12 (le droit de dissolution de l’Assemblée Nationale par le Président), l’article 15 (la qualité de chef des armées du Président). Cette réforme conduirait à un régime primo-ministériel d’essence parlementaire moderne, autrement dit fondé sur une logique majoritaire garantie par le système électoral. C’est le projet défendu avec obstination par la Convention pour la 6° République (C6R) depuis douze ans.

On attend avec beaucoup d’intérêt les réactions des Alain Duhamel et autres Jacques Julliard (sans parler de leurs épigones au Parti Socialiste) qui s’obstinent, depuis des décennies, à ricaner et pérorer sur l’hypothèse même d’une sixième République. Souvent marquées par une assez grande suffisance, leurs chroniques vont-elles faire une place à ce pavé dans leur mare qu’est ce "Why France Needs Political Reform" ?. Il émane d’une des plus prestigieuses fondations américaine. Le "Peterson Institute for international economics", fondé en 1981, est la tête de pont d’un très grand nombre de sociétés privées orientées vers l’analyse de la mondialisation, de la corruption dans les économies de transition, de la politique économique des Etats.

Il ne s’agit donc pas d’une fondation caritative mais d’un puissant "think tank" libéral dans le conseil d’administration duquel siège une pléiade d’ex-gouverneurs de banques centrales ou d’institutions financières internationales, ainsi que d’anciens premiers ministres (aucun français). L’inquiétude que marque ce texte est significatif d’une prise de conscience, ancienne chez les américains s’intéressant à la France : Stanley Hoffmann (qui vient d’être fait Docteur Honoris Causa de l’Université de Montpellier) n’avait-il pas décrit le pays dès 1971 comme "Gulliver empêtré" ? . Que ce soit sur la Révolution française ou le régime de Vichy, l’audace et l’intelligence sont souvent venues de là-bas. Qu’elles s’expriment aujourd’hui sur la crise politique majeure que nous traversons n’est pas un petit évènement.

URL source : http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-allies/101114/des-americains-pour-une-6-republique

Pour une traduction de l’intégralité de la note :ICI
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1 Message

  • Des Américains pour une 6° République. Le 16 novembre 2014 à 20:39 , par yyycare

    Bonjour,

    Je crains un retour a la quatrième république et un possible enlisement du système décisionnel d’autant qu’il n’y a pas d’ allègement du poids des chambres .

    En cette période de mutation c’est risqué .
    Pour moi la limite naturelle du président c’est son encadrement par
    1/ la loi de la république tout simplement avec son représentant légitimé par les urnes : le juge de la république élu comme aux states mais au second degré pour plus de stabilité et de simplicité des campagnes (transparence)
    2/la haute cour (avec deux chambres Strasbourg et Paris )
    3/ Les cours et conseils supérieurs nommés et légitimés par les trois "instances supérieures de la république

    D’ailleurs aux EU le président est élu au second degré et les juges au premier si je ne me trompe ?
    En France ce serait l’inverse :le président serait toujours élu au suffrage direct et le juge de la république au suffrage indirect

    C’est un modèle modernise de la cinquième inspiré des EU

    Enfin il ne faut pas oublier que le système de pouvoir centralisé en France rend absolument nécessaire son efficacité car elle ne peut pas facilement être épauler par les régions

    La France n’est pas un état fédéral et doit trouver sa voie de l’équilibre autrement

    un exemple simple : la peine de mort aux EU reste du ressort des états ......point barre ..... en France c’est 20 ans de débats ..... d’où l’idée d ’encadrer précisément ces actes douloureux par un cadre juridique et constitutionnel

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